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Une famille d'origine haïtienne espère éviter l'expulsion

Endy Labaty cuisine, pendant que sa femme Andie regarde dehors en tenant leur fillette dans ses bras.
L’ordre d’expulsion d’Endy Labaty, de sa femme Andie et de leur fillette de deux ans et demi a été fixé à mercredi. Photo: Radio-Canada

Après avoir vu son expulsion reportée le mois dernier en raison des violences en Haïti, une famille résidant à Montréal-Nord fait de nouveau face au renvoi du pays. L'expulsion d'Endy Labaty, de sa femme Landie et de leur fillette de deux ans et demi est prévue pour mercredi.

Le dossier de la famille a été confié à une nouvelle avocate, qui réclame un nouveau sursis afin que ses clients restent pour des raisons humanitaires.

Leurs demandes du statut de réfugiés avaient été rejetées en janvier 2018.

« On se demande ce qu’on va faire non seulement de ce qu’on a, de notre vie. On va laisser la vie qu’on a ici pour aller recommencer. On va retourner en Haïti dans quelle situation? Ça ne va pas, là-bas », déplore le père de famille.

On va devoir emmener notre fille avec nous là-bas dans l’insécurité. C’est sûr qu’on pense à nous, mais on pense beaucoup plus au futur de notre fille. Comment on va faire? C’est tout un choc pour nous.

Endy Labaty

Contrairement à la vague d’Haïtiens arrivés des États-Unis après que le président américain, Donald Trump, eut menacé d'expulser plus de 50 000 Haïtiens, ils ont fui Port-au-Prince en 2016 avec l’intention de venir au Canada pour rejoindre des membres de leur famille.

Le couple et sa fillette ont ensuite franchi légalement la frontière canadienne par autobus, passant de Buffalo à Fort Érié, en Ontario, où ils ont présenté leur demande d’asile.

Ils disent avoir été victimes de nombreux braquages et la mère soutient avoir été victime d’un enlèvement en échange d’une demande de rançon. Les parents ont fui leur pays après la naissance de leur fille.

« Haïti est moins sécuritaire maintenant que lorsqu'ils sont partis », plaide Frantz André, du Comité d'action des personnes sans statut.

Risques sécuritaires

Après les avoir brièvement suspendues en raison de la récente flambée de violence dans ce pays, l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a repris les expulsions d'Haïtiens vers leur pays d'origine à la fin du mois dernier.

Le gouvernement canadien reconnaît pourtant les risques sécuritaires.

Sur son site web, le ministère des Affaires étrangères du Canada conseille à ses ressortissants d’éviter tout voyage non essentiel « en raison des troubles civils qui sévissent à travers le pays ».

« De violentes manifestations se produisent à Port-au-Prince et dans d’autres villes à travers le pays depuis le 17 novembre 2018. Les violences ont fait des morts et des blessés et des coups de feu sporadiques ont été entendus. Bien que les tensions sociales semblent s’être quelque peu résorbées, la situation demeure volatile et imprévisible », peut-on y lire.

Fin novembre, le Bloc québécois a demandé au gouvernement libéral de s’engager à suspendre les renvois vers Haïti tant que la situation n’y sera pas sécuritaire, une suggestion que le gouvernement n’a pas entérinée.

Une suspension durable nécessiterait l’intervention du ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, de qui relève l'ASFC, ou encore du ministre de l’Immigration, Ahmed Hussen, qui pourrait déclarer Haïti sous moratoire, reconnaissant ainsi l'impossibilité d’y renvoyer qui que ce soit en raison de l’insécurité qui y prévaut.

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