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La famille de Brydon Whitstone envisage de poursuivre Jerry Abbott

Brydon Bryce Whitstone.
Brydon Bryce Whitstone est mort à l'âge de 22 ans. Photo: Albert Whitstone
Radio-Canada

Les parents de Brydon Whitstone envisagent d'intenter une action en justice contre l'agent de la Gendarmerie royale du Canada en Saskatchewan qui a abattu leur fils en octobre 2017.

La mère du jeune de 22 ans, Dorothy Laboucane, et son père Albert Whitstone ont soulevé cette option mardi lors d’un entretien avec CBC. Leur avocate, Stephanie Lavallee, n’a pas souhaité faire de commentaires sur un potentiel litige civil.

Brydon Whitstone a été tué par le policier Jerry Abbott à la suite d’une course-poursuite qui a mal fini à North Battleford.

La semaine dernière, une enquête publique du coroner a essayé de répondre aux questions concernant les circonstances de la mort du jeune autochtone.

La famille de Brydon Whitstone estime que cette enquête n'était pas indépendante, car elle a été menée par un autre corps policier de la Saskatchewan, la police de Regina.

Le jury réuni à la Cour du Banc de la Reine de North Battleford la semaine dernière n’a pas pris position sur la mort du jeune homme, renvoyant dos à dos la thèse de l’homicide et celle du suicide par police interposée. Toutefois, les membres du jury ont recommandé que la police utilise un pistolet Taser au lieu d’une arme à feu pour éviter ce genre de dérapage.

Jerry Abbott, le policier incriminé, a déclaré lors de l'enquête publique qu’il croyait que Brydon Whitstone était armé après l’avoir vu porter ses mains vers sa ceinture à la fin de la course-poursuite.

À la suite de cette annonce, la GRC, qui a annulé sa conférence de presse de vendredi, a présenté ses condoléances à la famille de Brydon Whitstone dans un communiqué. Elle rappelle qu’elle donnera une réponse à la recommandation au bureau du coroner en chef.

Nouvelle enquête indépendante

Stephanie Lavallee, l’avocate de la famille, déplore que la GRC ne se soit pas retirée de l’enquête de la police de Regina. Elle estime que comme un témoin du service de police fédérale était présent pendant certaines étapes de l'enquête, il faut lancer une enquête encore plus indépendante.

Stephanie Lavallée et Dorothy LaboucaneL'avocate de la famille de Brydon Whitstone demande une nouvelle enquête sur les agissements de la police le soir de la mort de Whitstone. Photo : CBC

La Coalition contre le racisme de la Saskatchewan (SCAR) et la Fédération de nations autochtones souveraines (FSIN) soutiennent la position de la famille de Brydon Whitstone à propos de la tenue d’une enquête indépendante. Le vice-chef Edward Lerat a cité L'Équipe d'intervention de l'Alberta en cas d'incidents graves (ASIRT) ou l'Unité des enquêtes spéciales de l’Ontario comme possible agence indépendante.

Ces organismes suggèrent que les conditions de l’enquête actuelle ne permettent pas d’obtenir des réponses franches sur les circonstances entourant la mort de Brydon Whitstone. Certaines questions de sa famille n’auraient pas été abordées, selon le groupe, qui estime que la commission d'enquête ne sert en réalité qu'à aider la police à se dédouaner de ses responsabilités.

Dans son communiqué, la GRC soutient que la présence d’un jury dans cette enquête publique octroie de la « transparence » et assure « l'obligation de rendre des comptes par rapport à des événements durant lesquels une personne a perdu la vie ».

Le Service de police de Regina, quant à lui, espère que la famille de Brydon Whitstone trouvera un moyen d'avancer.

Les vidéos en question

Le fonctionnement des caméras de la GRC lors de la poursuite policière et de ce qui s’en est suivi est un des principaux éléments remis en question dans cette affaire. Deux véhicules de la GRC présents ce soir-là étaient équipés de caméras, mais une seule était fonctionnelle.

Cette caméra a enregistré une partie de l'altercation, mais à distance. Elle semble montrer une personne se tenant de chaque côté de la voiture de la victime.

L'autre caméra ne fonctionnait pas. L’agent de ce véhicule ne connaissait pas la procédure pour vider la mémoire de son appareil. La GRC a procédé depuis à des formations pour que ce genre de problème n’arrive plus.

À l'heure actuelle, seules les voitures de la GRC en Saskatchewan sont équipées de ces caméras.

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