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La compréhension de la propagation du cancer se précise

Une représentation artistique d'une zone du cerveau
Les cellules cancéreuses posséderaient « un langage » propre à l'intérieur du cerveau. Photo: iStock
Radio-Canada

Un certain gène, qui déclenche le développement du cancer, fait en sorte que les cellules cancéreuses communiquent entre elles dans une « langue différente », a établi une équipe de scientifiques de l'Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR‑CUSM).

Le gène en question est l’EGFRvIII. Il est présent chez les personnes atteintes d’un glioblastome, cette forme très agressive de cancer du cerveau qui se propage rapidement et qui est difficile à traiter.

Le saviez-vous?

  • Le glioblastome, aussi appelé glioblastome multiforme (GBM), peut se manifester à tout âge, mais atteint principalement les adultes entre 45 et 70 ans;
  • Il est l’une des formes de cancer affichant le taux de survie le plus faible;
  • Au Canada, chaque année, près de 1000 personnes reçoivent un diagnostic de glioblastome chaque année;
  • Seulement quelque 4 % de ces patients vont survivre pendant cinq ans ou plus à cette maladie; on ignore encore les causes exactes du glioblastome.

Le Pr Janusz Rak et son équipe explorent depuis 20 ans la façon dont les gènes oncogènes (qui causent le cancer), comme le gène EGFRvIII, modifient le contenu des messages que s’échangent les cellules.

Le Pr Rak a reçu le prix de la Découverte de l'année du magazine Québec Science, en 2008, pour ses travaux.

Les cellules cancéreuses nous attaquent en « bande », toutefois, pour travailler efficacement ensemble, elles doivent communiquer les unes avec les autres.

Janusz Rak

Pour y arriver, ces cellules doivent entre autres communiquer par l’intermédiaire de cellules minuscules dont la structure ressemble à des bulles (les vésicules extracellulaires [VE] ou exosomes).

Ces VE sont gorgées de protéines qui agissent comme des messages transportés entre les cellules.

Janusz Rak

« Les protéines présentes dans les VE peuvent modifier le comportement des cellules; par exemple, elles peuvent faire en sorte que des cellules envahissent des tissus ou forment des métastases », explique le Pr Rak.

Comme les VE envoient ces protéines entre les cellules, certaines cellules interprètent cela comme un signal pour devenir agressives; c'est un aspect important de ce qu'est le cancer.

Janusz Rak

Un gène au travail central

« Ce qui est étonnant, c'est qu’un seul gène responsable du cancer, le gène EGFRvII, peut transformer des centaines de protéines présentes dans les VE, modifiant ainsi complètement les messages que les cellules se transmettent les unes aux autres », ajoute le Pr Rak.

Cette percée s’avère très prometteuse pour les oncologues qui cherchent des moyens de freiner la propagation du cancer ou de diagnostiquer cette maladie à un stade plus précoce, en empêchant les VE de transmettre des messages entre les cellules cancéreuses.

Nos travaux suggèrent également que différents [gènes] oncogènes peuvent agir différemment sur la communication intercellulaire ainsi que sur le type et sur le contenu des VE que les cellules cancéreuses émettent ou reçoivent.

Dongsic Choi, auteur principal de l’étude

« Nous devons comprendre le fonctionnement de ces oncogènes afin de mettre au point de nouveaux traitements », explique Dongsic Choi.

Les VE, dont la présence peut être détectée dans des échantillons de sang, sont déjà utilisées pour diagnostiquer des cancers. Les protéines associées aux VE, découvertes par l’équipe du professeur Rak, pourraient à l’avenir être utilisées dans la mise au point de tests et de traitements personnalisés destinés aux patients ayant un glioblastome.

Le détail de ces travaux est publié dans le journal Molecular & Cellular Proteomics (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Médecine

Science