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Huawei : les conséquences potentielles pour le Canada

Le reportage de Maxime Bertrand
Agence France-Presse

L'arrestation au Canada d'une dirigeante du géant chinois des télécoms Huawei place Ottawa dans la ligne de mire de la Chine, qui menace le pays de « graves conséquences » possibles, sans préciser lesquelles.

Dans le passé, Pékin a eu recours à des mesures de rétorsion économiques envers d'autres capitales. Voici quelques exemples, et ce à quoi le Canada pourrait être devoir faire face.

Selon des experts cités par le journal chinois Global Times, proche du pouvoir, les représailles pourraient notamment inclure des « sanctions commerciales », une dégradation des relations bilatérales et une diminution du nombre de visites au Canada de touristes et d'hommes d'affaires chinois.

Une femme asiatique portant un vêtement bleuLa directrice financière de Huawei, Wanzhou Meng Photo : La Presse canadienne / Courtoisie Huawei

Le Canada exporte vers la Chine pour 24,3 milliards de dollars en marchandises chaque année. Or, il serait « très facile » pour la Chine de se passer de produits énergétiques et agricoles, par une interdiction ou un boycottage, selon Shaun Rein, fondateur du China Market Research Group, établi à Shanghai.

L'affaire pourrait aussi fragiliser des discussions sur un accord de libre-échange entre Pékin et Ottawa en cours depuis deux ans. « Je pense que l'accord est vraiment dans une situation précaire, parce que le Canada en a plus besoin que la Chine », souligne M. Rein.

Des précédents

L'année dernière, Séoul ayant accepté de déployer un bouclier antimissile américain considéré par Pékin comme une menace pour ses propres capacités militaires, la Chine avait interdit les voyages touristiques en Corée du Sud.

Le géant sud-coréen de la vente au détail, Lotte Group, qui a fourni des terrains pour le système THAAD, est devenu une cible. Acheteurs en ligne et trolls avaient lancé sur Internet un mouvement de boycottage et des manifestants s'étaient rassemblés devant les magasins, ce qui a coûté des centaines de millions de dollars à Lotte.

Plusieurs entreprises chinoises s'étaient jointes au boycottage et les autorités chinoises ont fermé plus d'une vingtaine de magasins dans le pays, invoquant des règles de sécurité.

Une photographie de Liu Xiaobo lors d'une exposition à Oslo en 2010.Le dissident chinois Liu Xiaobo Photo : Getty Images / Odd Andersen

En 2010, la Chine a gelé ses liens avec la Norvège et suspendu les négociations sur un accord bilatéral de libre-échange après que le Comité Nobel norvégien eut attribué le prix Nobel de la paix au dissident chinois emprisonné Liu Xiaobo.

Le différend a durement touché les producteurs de saumon norvégiens, dont les exportations vers la Chine ont chuté les années suivantes.

Les relations sont revenues à la normale six ans plus tard, après que le gouvernement norvégien eut déclaré qu'il respectait pleinement la voie de développement et le système social chinois, s'engageant ainsi à ne pas soutenir d'actions susceptibles de miner les intérêts fondamentaux de Pékin.

Plus récemment, Taïwan a connu une forte baisse du nombre de touristes de la République populaire de Chine, après une dégradation des relations entre les deux rives sous la présidence de Mme Tsai Ing-wen, dont le parti prône traditionnellement l'indépendance envers la Chine.

Après l'essor du nombre de touristes du continent lorsque son prédécesseur, Ma Ying-jeou, était au pouvoir, l'île a subi une chute de 42 % de ces visiteurs une fois Tsai en fonction, en 2016.

Les organisateurs de voyages ont attribué cette baisse à une image plus négative de Taïwan dans les médias chinois et à une moindre promotion des circuits par les principales agences de voyages chinoises.

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