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Des compressions à la Mike Harris nécessaires pour sortir l'Ontario du rouge

Photo d'un homme portant des lunettes devant des microphones

Le directeur de la responsabilité financière de l'Ontario, Peter Weltman

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Radio-Canada

Le gouvernement de Doug Ford devra réduire les dépenses de programmes de 8 %, du jamais vu depuis les années 1990 de Mike Harris, pour équilibrer le budget ontarien d'ici quatre ans sans hausser les impôts, selon le Bureau du directeur de la responsabilité financière (BRF).

Dans un rapport publié lundi, le directeur de la responsabilité financière, Peter Weltman, hausse de 11,8 à 12,3 milliards de dollars son estimation du déficit pour 2018-2019.

Selon le chien de garde provincial en matière de finances, si les conservateurs ne font rien pour redresser la barre, le déficit annuel devrait dépasser 16 milliards d'ici 2022-2023.

Or, Doug Ford a promis en campagne électorale et après son élection de sortir la province du rouge sans hausser les impôts.

Si le gouvernement souhaite atteindre l'équilibre budgétaire en quatre ans, sans augmenter les impôts, il doit limiter la croissance des dépenses de programmes à 1,2 % par année. Ce serait là le plus faible taux de croissance sur quatre ans depuis le milieu des années 1990.

Bureau de la responsabilité financière de l'Ontario

En d'autres mots, le gouvernement devrait réduire les dépenses de programmes de 850 $ par Ontarien d'ici 2022 pour éliminer le déficit sans hausse d'impôt, prévoit le rapport.

Ces prévisions pourraient s'assombrir davantage, selon le BRF, si M. Ford va de l'avant avec ses promesses électorales de réduire l'impôt de la classe moyenne, en plus d'amputer la taxe sur l'essence, qui réduira encore plus les revenus du gouvernement.


L'écart entre le déficit de l'Ontario estimé par la vérificatrice générale et par le directeur de la responsabilité financière n'est que de 5,1 %. Celui annoncé par le gouvernement Ford représente 124 % de plus que l'estimation des libéraux lors du dépôt du budget au printemps 2018.

De gauche à droite : Kathleen Wynne (première ministre de l'Ontario de 2013 à 2018), Bonnie Lysyk (vérificatrice générale de l'Ontario), Peter Weltman (directeur de la responsabilité financière) et Doug Ford (premier ministre de l'Ontario).


Doug Ford a empiré la situation

M. Ford a accusé les libéraux de lui avoir laissé un déficit de 15 milliards et des finances publiques sens dessus dessous.

Toutefois, selon le BRF, le gouvernement conservateur a appauvri davantage les coffres de l'État en réduisant les revenus depuis qu'il a pris le pouvoir l'été dernier :

  • Retrait de l'Ontario du marché du carbone avec le Québec (-1,7 milliard/an)
  • Annulation de la surtaxe pour les mieux nantis prévue dans le dernier budget libéral (-0,5 milliard/an)
  • Création d'un crédit d'impôt pour les moins nantis (-0,5 milliard/an)
  • Alignement sur les modifications du fédéral du taux d'imposition des sociétés pour contrecarrer les mesures de Donald Trump (-0,8 milliard/an)

À ces décisions politiques s'ajoutent des craintes au sujet des perspectives de croissance économique de la province, que ce soit à cause des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine ou la hausse des taux d'intérêt.

Nous ne voyons pas de croissance importante, nous voyons une croissance modérée, explique M. Weltman.

Il ajoute ceci : Les Ontariens gagneraient à entendre un débat éclairé sur les objectifs budgétaires de la province et les compromis nécessaires pour les atteindre.

Dans son énoncé économique du 15 novembre, le gouvernement Ford a affirmé qu'il avait réduit le déficit à 14,5 milliards, mais sans présenter de prévisions économiques pluriannuelles ni de plan pour sortir la province du rouge.

Où est le plan des conservateurs?

L'opposition néo-démocrate à Queen's Park se sert des chiffres du BRF pour accuser les conservateurs de surestimer l'ampleur du déficit d'au moins 2,2 milliards.

Doug Ford tente de créer une crise pour justifier des coupes très, très profondes dans les choses dont on a besoin et qu'on mérite, comme la santé, la rénovation des écoles et des services sociaux.

Sandy Shaw, porte-parole du NPD en matière de finances

La députée libérale Mitzie Hunter affirme elle aussi que le gouvernement gonfle le déficit pour procéder à des coupes majeures. Elle souligne que Doug Ford n'a toujours pas présenté de plan pour sortir l'Ontario du rouge.

Le chef du Parti vert, Mike Schreiner, affirme qu'il faut trouver des économies budgétaires, mais aussi hausser les revenus pour éliminer le déficit. Pour lui, les conservateurs ont agi de façon irresponsable en sortant du marché du carbone, sans avoir un plan de rechange.

Le ministre des Finances, Vic Fedeli, répète qu'il rétablira l'équilibre budgétaire de façon responsable et pragmatique, mais sans dire comment ni donner d'échéancier.

Comme nous l’avons toujours affirmé, et comme l’a confirmé le directeur de la responsabilité financière, nous avons hérité d’un déficit structurel du gouvernement précédent. En fait, chaque jour, les libéraux dépensaient 40 millions de dollars de plus que l’argent qu’ils percevaient. Nous avons déjà pris des mesures pour économiser plus de 3,2 milliards de dollars, mais il nous reste beaucoup à faire, affirme le ministre.

Toronto

Politique provinciale