•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Pénurie de main-d'oeuvre : des foyers de soins forment leurs propres préposés

Des personnes âgées se déplacent en fauteuil roulant dans un foyer de soin du Nouveau-Brunswick.

Plus de 200 postes de soignants sont vacants au sein des foyers membres de l'Association des foyers de soins du N.-B.

Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

Radio-Canada

Il manque 225 infirmières, infirmières auxiliaires et préposées dans les foyers de soins du Nouveau-Brunswick. La pénurie de personnel soignant force des foyers à développer des stratégies de recrutement qu'ils qualifient de « non conventionnelles ».

Un texte de Wildinette Paul

Les établissements de santé s’arrachent les infirmières et les préposées, reconnait le président-directeur général du Réseau de vie confort, Ronald Leblanc. C’est devenu une denrée rare. Les collèges n’en produisent pas assez.

Les Villas du Repos et Providence, qu'il gère, à Moncton et Shediac respectivement, fonctionnent avec un déficit de cinquante soignants. Le manque de préposées est le plus criant.

Il y a trop de gens qui cherchent ce type de personnes. Alors on a décidé de créer notre propre cours.

Ronald Leblanc, président-directeur général du Réseau de vie confort

Le Réseau de vie confort offre un cours de préposé de six semaines. Dès le premier jour de formation, un salaire est versé aux étudiants.

On se dit qu’il y a des gens [...] qui ne vont pas au collège parce qu’ils sont monoparentales. C’est difficile pour eux de laisser la maison sans revenu, explique Ronald Leblanc.

Ronald LeBlanc, président-directeur général du Réseau de vie confort.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ronald LeBlanc, président-directeur général de Villa Providence.

Photo : Radio-Canada

En échange, l’étudiant s’engage à travailler pour le Réseau pendant une période minimale d’un an après sa formation. Je dois dire que cette initiative nous a permis d’attirer plus de personnes et d’ouvrir des lits, souligne M. Leblanc.

Le Réseau a formé 35 personnes jusqu’à présent grâce à sa stratégie.

Moi je regarde cela comme un investissement. C’est là qu’on est rendu, affirme Ronald Leblanc. Ma business c’est de donner des soins à des personnes et pour ce faire, j’ai besoin de ressources.

La douzième année de scolarité n'est plus obligatoire

Pour faciliter le recrutement, le Réseau de vie confort n’exige plus le diplôme d'études secondaires.  Quand tu as épuisé toutes tes options et que tu n’as toujours pas toutes les ressources, tu te dis : “ Okay, est-ce qu’il y en a qui n’ont pas une douzième année, mais qui pourraient remplir les critères pour suivre notre cours?”.

Il faut trouver des moyens hors de l’ordinaire pour attirer des gens. On s’ajuste à la réalité!

Ronald Leblanc, président-directeur général du Réseau de vie confort

Une pénurie dans tout le N.-B.

Parmi les établissements membres de l’Association des foyers de soins du Nouveau-Brunswick, une cinquantaine de postes d’infirmières sont vacants. Il manque aussi 70 infirmières auxiliaires et 103 préposées.

Le besoin est partout dans la province, indique Justin Wies, directeur adjoint de l’Association des Foyers de soins. Il y a dix ans de cela, il y avait des problèmes. Mais là c’est beaucoup plus grave!

Les silhouettes de deux personnes âgées qui marchent dans un salonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Il y a eu 42 cas de mauvais traitements de résidents des foyers de soins de longue durée en Nouvelle-Écosse en 2017, selon le ministère de la Santé et du Mieux-être.

Photo : Getty Images / Carsten Koall

La pression est de plus en plus grande sur les foyers. On travaille toujours à court d’employés. Surtout la fin de semaine. On est toujours en dessous de trois à quatre positions non comblées sur nos horaires , mentionne Ronald Leblanc.

C’est lourd pour les employés, ajoute-t-il. Ils sont fatigués. C’est dur pour eux, les résidents et les familles aussi. 

Une pénurie qui va durer

Qu’on soit au maximum de notre capacité, je doute que ça arrive demain, constate Ronald Leblanc.

Quatorze lits à la Villa du Repos, à Moncton, demeurent fermés en raison d’un manque de personnel.

Je suis déçu. Mais mieux vaut tard que jamais. Bâtir des bâtisses et ouvrir des lits c’est une chose, mais quand tu n’as pas de ressources pour offrir des soins c’en est une autre.

Le Réseau vie confort recrute également à l’international. Au cours des deux dernières années 35 infirmières, infirmières auxiliaires et préposées sont venues d’Haïti, d’Afrique du Sud et de la France, entre autres.

On ne peut plus regarder le recrutement comme on le faisait cinq ans passés, même deux ans passés. Il faut être innovateur, conclut Ronald LeBlanc.

Nouveau-Brunswick

Société