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Theresa May reporte le vote sur le Brexit

Le président du Conseil européen Donald Tusk avait prévenu qu'il demanderait à Theresa May des propositions «concrètes» et «créatives» pour pouvoir avancer.

Photo : Reuters / Toby Melville

Agence France-Presse
Mis à jour le 

La première ministre du Royaume-Uni, Theresa May, a annoncé le report à une date indéterminée du vote sur l'accord de sortie de l'Union européenne (UE), prévu mardi, en raison des profondes divisions entre les parlementaires britanniques qui menaçaient d'entraîner son rejet.

« Nous allons reporter le vote prévu demain », a déclaré Mme May, soulignant que les députés britanniques demeuraient particulièrement opposés à la solution trouvée pour éviter le retour d'une frontière physique entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande, dite solution du backstop.

Mme May a indiqué qu'elle allait « discuter » avec ses homologues de l'UE à Bruxelles des « préoccupations » du parlement britannique sur l'accord de Brexit. « J'irai voir mes homologues des autres pays membres » de l'Union européenne pour « discuter avec eux des préoccupations exprimées par cette assemblée », a-t-elle déclaré devant le Parlement.

La première ministre britannique joue son avenir au 10 Downing Street avec ce vote historique, maintenant reporté, sur le traité de retrait de l'UE, fruit de 17 mois d'âpres négociations avec Bruxelles, mais qui suscite la virulente opposition des députés de tous bords.

Dans la matinée, Mme May a informé ses principaux ministres par téléphone du contenu de ses échanges avec divers dirigeants européens au cours de la fin de semaine, dont le président du Conseil européen, Donald Tusk, celui de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et la chancelière allemande, Angela Merkel. « Bien sûr, ils ont discuté du Brexit », a souligné la porte-parole.

Un divorce houleux

Peu auparavant, venant encore compliquer la donne, la Cour de justice de l'UE (CJUE) – saisie par des élus écossais – a tranché que le Royaume-Uni pouvait décider de renoncer à quitter le bloc européen sans demander l'avis des autres pays de l'UE.

« Nous ne voulons pas rester dans l'UE », a immédiatement réagi Michael Gove, influent ministre pro-Brexit de l'Environnement, sur la BBC Radio 4. « Cela ne change rien au résultat du référendum [de juin 2016 en faveur du Brexit] ni à l'intention clairement affichée par ce gouvernement de partir. »

L'accord de divorce déçoit tant les europhiles espérant encore pouvoir faire marche arrière que les plus ardents « Brexiters », qui redoutent une forme d'amarrage permanent à l'UE, en raison de l'alignement sur les règles européennes qui serait mis en place en Irlande du Nord si Bruxelles et Londres ne parvenaient pas à s'entendre sur leur future relation.

Un rejet du texte pourrait exposer Theresa May à son renversement et, in fine, à de nouvelles élections législatives.

Relancer les négociations

Dimanche encore, des responsables de tous bords ont appelé l'exécutif à revoir sa copie et à relancer les négociations avec Bruxelles, où se rendra la dirigeante britannique en fin de semaine pour un sommet européen.

Mais, pour la Commission européenne, il n'en est pas question. L'accord conclu à la fin de novembre est « le meilleur qui soit et le seul possible », a insisté lundi la porte-parole adjointe de l'institution, Mina Andreeva.

Le président du conseil européen, Donald Tusk, a pour sa part annoncé lundi la convocation d'un sommet consacré au Brexit jeudi à Bruxelles, au premier jour du sommet européen pour répondre aux préoccupations des Britanniques sur l'accord de divorce.

« J'ai décidé de convoquer un sommet sur le Brexit jeudi. Nous ne renégocierons pas l'accord, y compris le filet de sécurité, mais nous sommes prêts à discuter de la manière de faciliter la ratification britannique », a annoncé M. Tusk dans un message sur Twitter après l'annonce du report du vote au parlement britannique.

« Nous discuterons également de notre état de préparation en cas d'un scénario de non-accord » sur la sortie du Royaume-Uni, a-t-il ajouté.

L'Irlande ferme aussi la porte

À son arrivée à une réunion à Bruxelles, le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, a également prévenu que l'accord « ne va pas changer ».

Une réouverture des négociations ne serait pas non plus sans risque pour Londres et pourrait raviver les revendications d'autres pays européens, a prévenu de son côté Michael Gove.

Pour Constantine Fraser, expert en politique européenne chez TS Lombard, « la principale raison [de retarder le vote], ce serait pour faire une dernière tentative de retourner à Bruxelles et d'essayer d'obtenir d'autres concessions, mêmes symboliques, pour donner à ses députés qui hésitent encore une excuse pour voter cet accord ».

Mme May a multiplié les mises en garde contre les conséquences que pourrait avoir un rejet du traité. « Cela signifierait », a-t-elle déclaré dans le Mail on Sunday, « une grave incertitude pour le pays, avec un risque très réel de ne pas avoir de Brexit, ou de quitter l'Union européenne sans accord ».

Ce maintien dans le club européen pourrait découler d'un nouveau référendum sur l'UE, une hypothèse exclue à ce stade par le gouvernement, mais qui gagne du terrain parmi les Britanniques.

L'incertitude entourant le Brexit nuit déjà à l'économie du pays, dont la croissance est restée morose en octobre (+0,1 % sur un mois).

S'adressant plus particulièrement aux parlementaires conservateurs prêts à enterrer le traité, la première ministre a également agité la menace de nouvelles législatives, et d'une éventuelle victoire de Jeremy Corbyn, le chef du Labour, principal parti d'opposition.

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