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Quand les élèves travaillent trop... à l'extérieur de l'école

Une travailleuse à une caisse enregistre les achats de consommateurs.
La conciliation travail-études n'est pas toujours facile pour les jeunes. Photo: Radio-Canada / Benjamin Aubé

Pour contrer la pénurie de main-d'œuvre, les employeurs misent de plus en plus sur les jeunes travailleurs. Toutefois, concilier études et travail représente un gros défi pour les jeunes. Cette situation inquiète les commissions scolaires alors que certains élèves sont tentés de décrocher.

La fatigue liée au travail est de plus en plus présente dans les écoles secondaires, constate le directeur de l'École polyvalente Jonquière. Mario Bernier voit de nombreux jeunes arriver à l'école fatigués, en raison de l'emploi qu'ils occupent.

D'abord, c'est un travail, de venir à l'école. Il n'est pas rémunéré, mais ça prend beaucoup d'énergie. Si cette énergie, il la perd la fin de semaine en travaillant, c'est sûr qu'ils sont moins disponibles pour apprendre, précise Mario Bernier.

Cette situation touche de plus en plus de jeunes qui intègrent le marché du travail. En raison de la pénurie de main-d'œuvre, certains vont travailler jusqu'à 30 heures par semaine.

Le jeune Brandon Lebrun raconte que certains de ses amis travaillent beaucoup. Il remarque même que leur patron leur demande de travailler plus qu'ils ne le souhaiteraient.

Je les vois le matin, ils sont fatigués et ça paraît qu'ils travaillent trop, c'est quand même triste.

Brandon Lebrun, élève et employé de Subway

De son côté, il affirme bien gérer son horaire en travaillant au Subway.

Quant à Megan Girard, qui travaille une vingtaine d'heures par semaine dans une boutique de vêtements, elle précise qu'il y a beaucoup de stress relié à la conciliation études-travail.

Je vais à l'école le matin à 8 h mais je reviens à 11 h le soir.

Megan Girard, élève et vendeuse à la boutique Le Garage

L'élève de cinquième secondaire a décidé de s'offrir une petite pause durant la période des Fêtes pour mieux se concentrer sur ses examens.

Il faut vraiment que tu gères le stress parce que sinon ça ne va pas bien aller. Au début, j'avais de la misère avec ça et c'est sûr que j'ai des bouts où j'ai encore de la misère, mais je me dis qu'à la fin, j'ai de l'argent et que ça vaut la peine, ajoute-t-elle.

Le Conseil régional de prévention de l'abandon scolaire (CRÉPAS) a reçu plusieurs appels d'écoles qui se disent préoccupées.

Depuis quelques semaines, Pascal Lévesque, professionnel en intervention au CRÉPAS, remarque que des écoles appellent pour demander ce qu'elles peuvent faire auprès des jeunes pour les conscientiser à l'importance de la conciliation études-travail.

C'est la première fois en 15 ans que je vois des jeunes qui arrivent dans les bureaux et qui sont en détresse et déjà en fatigue extrême par rapport au début de l'année scolaire.

Pascal Lévesque, professionnel en intervention au CRÉPAS

Alors que certaines entreprises ont décidé de ne plus exiger le diplôme d'études secondaires, des jeunes se disent tentés d'abandonner leurs études.

J'ai des amis que c'est sûr que ça passe par leur tête des fois. L'école, parfois, ça nous rajoute un poids, raconte Mégan Girard.

Le CRÉPAS invite les parents à parler de la conciliation études-travail avec leurs jeunes.

L'organisme estime qu'un élève à temps plein ne devrait pas travailler plus de 15 heures par semaine.

D'après le reportage de Jessica Blackburn

Saguenay–Lac-St-Jean

Emploi