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Un bâtiment désuet force un CHSLD à évacuer ses résidents

Le reportage de Davide Gentile

La région de Lanaudière affiche un taux particulièrement élevé de Centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) qui sont considérés comme vétustes. C'est notamment le cas du CHSLD Sainte-Élisabeth, où le système de gicleurs inadéquat force l'évacuation de la majeure partie du centre.

Un texte de Davide Gentile

Devant le CHSLD plus que centenaire, une citerne d'eau format géant assure l'alimentation des gicleurs en cas d'incendie. « On ne voulait pas revivre la situation qu'on a vécue à L'Isle-Verte, il y a plusieurs années », a indiqué le maire de Sainte-Élisabeth, Louis Bérard.

Des tests effectués au début de l'été dernier ont révélé que le système d'aqueduc de la municipalité n'était pas assez puissant pour garantir le fonctionnement des gicleurs sur les quatre étages du centre en cas d'incendie.

Un camion semi-remorque est stationné devant un immeuble. Sur le camion, on peut lire : « service d'urgence, aqueduc mobile, L'eau-Thentique ».Une citerne d'eau doit assurer l'alimentation des gicleurs en cas d'incendie au CHSLD Sainte-Élisabeth. Photo : Radio-Canada / Davide Gentile

« On s'est assuré d'avoir une autonomie pendant une heure pour faire fonctionner les gicleurs de la bâtisse en cas d'incendie », a expliqué Éric Salois, directeur du programme de soutien et d'autonomie des personnes âgées au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Lanaudière.

« Les pompiers nous disent que c'est sécuritaire », a pour sa part affirmé le maire.

Un bâtiment patrimonial non conforme

Longtemps géré par une communauté religieuse, le bâtiment patrimonial qui surplombe le village a hébergé des générations de citoyens de Sainte-Élisabeth, une petite municipalité d'environ 1500 habitants située près de Joliette. Mais aujourd'hui, la vétusté du réseau d'aqueduc municipal s'ajoute à celle du bâtiment lui-même pour forcer les autorités à en condamner la majeure partie.

Le dernier résident a quitté le CHSLD jeudi, a indiqué M. Salois. C'est la dernière étape du processus mené par le CISSS de Lanaudière pour vider trois des quatre étages depuis le début de 2017. « On a un bâtiment désuet qui nécessite des travaux majeurs au niveau de la sécurité incendie », a-t-il ajouté.

Ces travaux sont exigés depuis 2017 par le Service de sécurité incendie de la MRC D'Autray à la suite d’inspections.

Radio-Canada a obtenu certains des avis de non-conformité donnés par les pompiers depuis 2017. « Le local des ordures n'est pas giclé », peut-on lire dans un des avis. On souligne plus loin qu'« une barrière a été installée dans l'escalier d'issue, ce qui n'est pas conforme ».

Un autre avis de non-conformité du Service de sécurité incendie de la MRC a aussi été délivré à la fin de 2017. On y souligne des problèmes quant aux séparations coupe-feu où on avait déjà noté des brèches. « Veuillez réparer ces ouvertures afin d'assurer la résistance au feu requise et assurer leur intégrité en cas d'incendie », notent les inspecteurs.

Perte de places

Conformer le bâtiment aux normes de sécurité exigerait un investissement de plus de 2 millions de dollars, un montant trop élevé au moment où l'on prépare la construction d'un autre CHSLD à Sainte-Élisabeth. Seul le rez-de-chaussée garde donc la fonction de CHSLD en attendant un nouvel édifice.

Cette solution préserve la sécurité des occupants en cas d'incendie. « Dans la perspective d'un sinistre, c'est plus facile d'évacuer les gens », a précisé Éric Salois du CISSS. Une opinion partagée par le maire Louis Bérard. « Si jamais il arrive quelque chose, on est en mesure de sauver tous nos gens à l'intérieur de ça. »

Les résidents des étages fermés auraient tous été relogés dans des établissements de leur choix dans la région. « Les gens sont allés dans des milieux où ils voulaient déjà aller », a affirmé M. Salois. Certains se retrouvent cependant dans des résidences privées.

La fermeture de trois étages du CHSLD Sainte-Élisabeth se solde par une perte sèche de places. « On se prive quand même de 24 places en CHSLD dans la région », a reconnu M. Salois.

L'établissement aurait cependant obtenu le feu vert de Québec pour la construction d'un tout nouveau CHSLD. « On a 10,6 millions [de dollars] confirmés du ministère », a-t-il ajouté, précisant que le nouveau bâtiment serait construit à Sainte-Élisabeth. Le terrain sera fourni par la municipalité.

Un « défi » de vétusté dans Lanaudière

Le CHSLD Sainte-Élisabeth n'est pas un cas unique dans Lanaudière. Le CHSLD Saint-Eusèbe à Joliette, par exemple, doit aussi améliorer son système de gicleurs. « Saint-Eusèbe est partiellement giclé. On a des travaux à réaliser pour finaliser le giclage de ce bâtiment-là », a indiqué Éric Salois.

Ce CHSLD n'est pas doté de gicleurs sur chaque étage, mais on précise que la structure du bâtiment est différente de celui de Sainte-Élisabeth. « Il y a des travaux d'envergure prévus pour rénover entièrement le CHSLD », a affirmé M. Salois.

« Nous avons reçu l'autorisation de travaux de rénovation de l'ordre de 26 millions pour ce centre d'hébergement. Nous avons fait un second regard et nous évaluons la possibilité que ce soit une nouvelle construction », a précisé une porte-parole du CISSS de Lanaudière.

Seule la Gaspésie possède une plus forte de proportion de CHSLD qui sont classés comme étant en mauvais ou en très mauvais état par Québec.

Dans Lanaudière, c'est près de la moitié des bâtiments des CHSLD qui tombent dans une des deux catégories. « C'est clair qu'il y a un défi dans Lanaudière », a admis Éric Salois.

En comparaison, la région de la Capitale-Nationale n’affiche que 8 % des bâtiments de CHSLD en mauvais ou très mauvais état.

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