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Presto est une « débâcle » selon un syndicat de la CTT

Photo d'une femme aux cheveux noirs, portant un t-shirt brun, qui tient une carte verte dans la main devant une borne du métro.
Une usagère du métro à Toronto utilise la carte électronique Presto. Photo: Radio-Canada / Michel Bolduc
Radio-Canada

Un syndicat qui représente des travailleurs de la Commission des transports de Toronto (CTT) a envoyé une lettre au premier ministre Doug Ford lui demandant d'intervenir dans la transition forcée des méthodes de paiement dans les transports du Grand Toronto.

Le mois de décembre marque le dernier mois où les cartes mensuelles à bande magnétique sont disponibles pour les utilisateurs qui achètent des abonnements mensuels. La nouvelle carte à puce, nommée Presto, doit éventuellement remplacer tous les modes de paiement sans exception.

Or, le système de paiement Presto est une « débâcle » totale selon le syndicat.

Appelé à réagir, le maire de Toronto, John Tory, a ajouté sa voix à celle du syndicat : il demande lui aussi que le gouvernement provincial s'en mêle. « Mettez de l'ordre dans ce programme et assurez-vous qu'il fournisse le service fiable que les usagers du transport en commun méritent », a déclaré le porte-parole du maire, Don Peat, dimanche.

Selon le syndicat Amalgamated Transit Union Local 113, le gouvernement provincial doit prendre des « actions immédiates et urgentes ». « Nous demandons au gouvernement d'agir, parce que le système Presto est un échec », selon le porte-parole du syndicat, Kevin Morton.

Le syndicat estime que la CTT ne sera pas en mesure de gérer une plus grande quantité de clients utilisant une carte Presto car les lecteurs de cartes sont régulièrement en panne et les équipes en charge de les remettre en état de marche sont très lentes à agir. Ceci se traduia inévitablement, selon le syndicat, en perte de revenus.

Le bureau du maire de la ville se dit lui aussi insatisfait par le service Presto : « Le maire Tory soutient pleinement la modernisation de notre réseau de transport en commun, mais il est également frustré par le processus de mise en œuvre de Presto jusqu'à présent. Bien que de légères améliorations aient été constatées, le service que nous recevons est encore loin d'être satisfaisant », a déclaré M. Peat.

Metrolinx se dit « très confiante »

Cependant, l'agence de transport en charge de cette transition, Metrolinx, affirme que les lecteurs sont « à 98 ou 99 % fonctionnels ». Dans un courriel envoyé à La Presse canadienne, Anne Marie Aikins, porte-parole de l'agence, a déclaré que la confiance dans le système Presto était très grande.

« Nous sommes très confiants que Presto est prête pour la transition », a écrit Mme Aikins dans le courriel.

Photo d'une femme qui passe dans une porte Presto ouverte.Une usagère franchit une porte Presto ouverte à la station St Andrew, sans avoir à montrer de titre de transport. Photo : Radio-Canada / Michel Bolduc

Plus de 78 millions des laissez-passer mensuels à bande magnétique ont été vendus depuis leur introduction en 1980. Les premières passes étaient vendues au coût de 26 $. Aujourd'hui, elles coûtent près de 150 $.

En 2017, la TTC comptait environ 1,7 million de clients chaque jour de semaine, selon le site Web de l'agence de transport en commun. Mme Aikins ajoute qu'environ 1,3 million de détenteurs de cartes Presto utilisent la TTC et environ 800 000 activations Presto sont enregistrées chaque jour.

Malgré la confiance de Mme Aikins, M. Morton affirme que la CTT va « perdre des millions » dans la transition.

Dans la lettre du syndicat - qui représente environ 11 000 employés de la CTT - à M. Ford, un certain nombre de travailleurs anonymes ont déclaré que les lecteurs tombent en panne quotidiennement et les équipes de soutien technique prennent parfois plusieurs jours à les réactiver.

M. Morton prédit que la CTT va perdre « une fortune en revenus » car les voyageurs peuvent simplement éviter de payer en montant à l'arrière d'un bus ou d'un tramway. Dans la lettre envoyée au premier ministre, le syndicat explique qu'un voyageur qui ne valide pas son titre de transport peut se voir imposer une amende par un contrôleur, mais que les voyageurs pris en flagrant délit pourraient facilement contester leur contravention en cour en faisant valoir que le lecteur Presto était défectueux puisque c'est régulièrement le cas.

M. Morton ajoute qu'une perte de revenus peut facilement être confondue avec une perte d'achalandage. « Le nombre de passagers n’est pas en baisse - le nombre de passagers qui paient leur passage est en baisse », selon lui.

Avec les informations de La Presse canadienne

Toronto

Transport en commun