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Le Parlement britannique votera mardi sur l'accord de Brexit conclu avec l'UE

Le reportage de notre envoyée spéciale Azeb Wolde-Giorghis
Reuters

À 48 heures d'une étape cruciale pour la suite du Brexit, le gouvernement britannique a dû de nouveau s'employer dimanche à écarter les rumeurs d'un report du calendrier.

Dans son édition du jour, citant des ministres et des conseillers, le Sunday Times écrit que Theresa May s'apprêterait à repousser le vote fixé mardi à la Chambre des communes sur l'accord négocié avec les Européens.

La première ministre britannique, poursuit le journal, pourrait retourner dans la semaine à Bruxelles pour demander à l'Union européenne de meilleures conditions de retrait.

Ce n'est pas la première fois que le calendrier parlementaire fixé pour l'adoption de l'accord de retrait négocié par Londres et Bruxelles, et validé le 25 novembre dernier par les dirigeants des Vingt-Sept, est mis en doute.

Vu le rapport des forces à Westminster, il semble en effet improbable qu'une majorité d'élus s'y rallie, et des ministres redoutent que l'ampleur de la défaite soit telle qu'elle provoque la chute du gouvernement.

Pour autant, le ministre du Brexit, Stephen Barclay, a été clair : « Le vote est pour mardi », a-t-il dit en fin de matinée sur la BBC. « La première ministre se bat pour nous et restera en poste », a-t-il ajouté.

Si elle tentait de rouvrir les négociations, les partenaires européens du Royaume-Uni chercheraient à obtenir plus de concessions, a-t-il par ailleurs prévenu.

La pression monte

Interrogé plus tôt dans la matinée sur Sky News, Kwasi Kwarteng, secrétaire d'État britannique chargé de la sortie de l'Union européenne, avait indiqué lui aussi que le vote aurait bien lieu mardi.

À ce que j'ai compris, nous aurons un vote mardi et nous espérons remporter ce vote. Nous avons une bonne chance de gagner.

Kwasi Kwarteng, secrétaire d'État britannique chargé du Brexit

Depuis la signature de l'accord négocié avec Bruxelles, Mme May souligne que ce texte est le meilleur possible et que s'il est rejeté par les députés de Westminster, le seul choix qui restera sera soit un Brexit sans accord, soit le maintien dans l'Union.

Mais la pression ne cesse de monter depuis le début lundi dernier du débat au Parlement où Mme May est confrontée à la fois à l'opposition des partisans du Brexit et de ceux du maintien du Royaume-Uni au sein de l'UE.

Retourner à Bruxelles

Les élus nord-irlandais du Parti unioniste démocrate (DUP), dont le soutien est indispensable à la majorité parlementaire de Mme May, l'ont exhorté à retourner à Bruxelles pour tenter de renégocier un accord acceptable.

« La marche à suivre, pour la première ministre, c'est de retourner à Bruxelles », a déclaré dimanche sur Sky News Nigel Dodds, le chef du groupe parlementaire DUP à la Chambre des communes. À défaut, a-t-il prévenu, « ce à quoi nous sommes par-dessus tout déterminés, ce sera de mettre en échec le ‘’vote significatif’’ du gouvernement sur cet accord ».

Boris Johnson, ex-ministre des Affaires étrangères du gouvernement May et figure de proue du camp des « Brexiters » les plus ardents, a estimé que si Theresa May est mise en minorité mardi, elle pourra rester en poste, mais devra retourner à Bruxelles et renégocier les termes du divorce.

Dans son rapport publié dimanche, la commission parlementaire chargée du Brexit juge à l'unanimité de ses membres, appartenant à différentes formations politiques, que l'accord négocié avec Bruxelles constitue « un pas immense dans l'inconnu ».

« Il ne fournit pas au peuple britannique ou à nos entreprises la clarté et la certitude dont ils ont besoin sur notre future relation commerciale avec l'UE dans un délai de 5 à 10 ans », a souligné le président de la commission, Hilary Benn.

Le rapport évoque notamment la question récurrente du backstop, ce mécanisme de sauvegarde censé éviter le rétablissement d'une frontière physique à travers l'île d'Irlande entre la république d'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord.

Les députés reprochent aussi à l'accord et à la déclaration politique qui l'accompagne de ne pas trancher la question des relations futures avec l'UE, ce qui signifie à leurs yeux que de nouvelles négociations sont encore à attendre, peut-être des années durant.

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