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Des Français de l’Abitibi-Témiscamingue interpellés par ce qui se passe dans leur pays

A protester wearing a yellow vest holds a French flag as he walks among tear gas on the Champs-Elysees Avenue near the Arc de Triomphe during a national day of protest by the "yellow vests" movement in Paris, France, December 8, 2018.  REUTERS/Christian Hartmann - RC17656D3B00
Les « gilets jaunes », un mouvement protéiforme, portent plusieurs revendications qui vont du retour de l'Impôt de solidarité sur la fortune à la baisse des taxes, en passant par la démission d'Emmanuel Macron. Photo: Reuters / Christian Hartmann
Radio-Canada

Alors que Paris et de nombreuses autres villes de France sont de nouveau le théâtre de manifestations samedi, des Français établis en Abitibi-Témiscamingue suivent, avec des sentiments partagés, ce qui se passe dans leur lointaine patrie.

Un texte de Lise Millette

Le fondateur de la page Communauté française en Abitibi-Témiscamingue, Benjamin Buffet, est arrivé samedi à Paris pour les vacances des Fêtes. Peu après l’atterrissage, il a été à même de constater de lui-même l'état de son pays d'origine.

À l’aéroport de Paris, c’était relativement calme, mais au fil des heures, on voit qu’il y a de plus en plus de gens dans les rues, à Paris, mais on constate aussi des dégradations, commence Benjamin Buffet, qui habite au Québec depuis juin 2016 avec sa conjointe, originaire de Rouyn-Noranda.

En parcourant les rues, Benjamin Buffet dit avoir aperçu plusieurs personnes avec des gilets jaunes sur leur tableau de bord.

Le climat social est très tendu, les gens sont en colère, revendiquent pas mal de choses au niveau social.

Benjamin Buffet, fondateur de la Communauté française en Abitibi-Témiscamingue
Des manifestants marchent sur les Champs-Élysées en battant le tambour.Beaucoup de manifestants ont voulu montrer que leur démarche était pacifique. Photo : Getty Images / Jeff J Mitchell

Cela dit, avec un pied-à-terre au Québec et un court séjour en France, sa vision du conflit est maintenant extérieure, précise-t-il.

En tant qu'expatriés, c'est sûr que ça ne donne pas une bonne image. Le tourisme joue un rôle important en France, c'est l'une des premières économies du pays. On a pu voir une baisse des réservations dans les hôtels, les gens ont peur et se questionnent. De voir la plus belle avenue du monde, les Champs-Élysées, sous ce mouvement-là peut faire peur, admet-il.

Des violences qui marquent

Pour Guillaume Gonzalez, établi au Témiscamingue et au Québec depuis 10 ans, les débordements observés lors des manifestations sont la résultante d’un malaise de longue date.

Portrait de Guillaume Gonzalez souriant.Guillaume Gonzalez Photo : Guillaume Gonzalez

Pour être tout à fait honnête, ce qui se passe aujourd’hui, je le disais il y a 10 ans. Quand je suis parti de France, c’était une des raisons, je suis aussi parti pour aller voir ailleurs voir de nouvelles choses, mais cette morosité, ce climat social qui était pourri, au sens où ça n’allait pas bien, c’était déjà perceptible. On dirait que je savais déjà que ce climat s’envenimerait, affirme Guillaume Gonzalez, qui travaille au Carrefour Jeunesse-Emploi du Témiscamingue.

Si Guillaume Gonzalez soutient avoir pressenti une forme de crise sociale, il voit difficilement quelle en sera la sortie.

À la base, le mouvement des jeunes ne prône pas la violence, mais il y a des débordements. Je ne sais pas comment ils vont sortir de cette crise. Difficile aussi de percevoir quelles vont être les réactions du gouvernement. On sent que l’issue n’est pas encore là. C’est sûr qu’il va y avoir une grosse fracture sociale à l’issue de ce conflit, indique-t-il.

Arrivée dans la région il y a quatre ans et demi, Pauline Henry estime pour sa part que ces débordements sont liés à une volonté, pour bien des citoyens aux revenus modestes, d’être enfin entendus.

La société française est rendue à un point où elle désire se faire entendre et elle ne va pas hésiter à utiliser des moyens qu’il y a quelques années, on n’osait pas utiliser, avance-t-elle.

Un incendie a été allumé à proximité d'un arbre, dans une rue parisienne.Les manifestants ont allumé plusieurs foyers d'incendie à Paris. Photo : Radio-Canada / Jean-François Bélanger

Elle s’étonne néanmoins de l’ampleur des émeutes.

J’ai comme l’impression de ne pas reconnaître la France que moi, j’ai connue et où j’ai vécu.

Pauline Henry, résidente de Rouyn-Noranda

De son côté, Benjamin Buffet explique qu'il lui est difficile de prendre une position claire.

La violence est dénoncée par la majorité, mais comme expatriés, c'est un peu difficile de se mettre quelque part par rapport à ce mouvement parce qu'on n'habite plus en France. Par conséquent, est-ce que ça a du sens de supporter ce mouvement ou pas, on peut se poser la question, mais la cause est légitime, en tout cas.

Abitibi–Témiscamingue

Politique internationale