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La « résistance » franco-ontarienne risque-t-elle de s’essouffler?

Dessin montrant des poings levés en avant du drapeau franco-ontarien.
Cette illustration a été créée par Marc Keelan-Bishop pour la campagne de la « résistance » parrainée par l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario. Photo: marckeelanbishop.com
Radio-Canada

La mobilisation citoyenne contre les compressions du gouvernement progressiste-conservateur dans les services en français a pris une grande ampleur depuis le 15 novembre. Mais l'adoption du projet de loi 57 ainsi que l'imminence du temps des Fêtes risquent-elles d'atténuer la force du mouvement de la « résistance »?

Un texte de Bienvenu Senga

Le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), qui parraine le mouvement, Carol Jolin, admet que ça va être un défi de maintenir l’esprit de mobilisation pendant le temps des Fêtes.

Mais l’organisme est loin de baisser les bras. Il continue de tenir des rencontres avec les organisations des milieux communautaire et institutionnel de partout en province.

Il y a plusieurs idées qui nous viennent de nos organisations. Il y a des choses qu’on va mettre en branle régulièrement pour rappeler aux gens qu’on est encore bien présents et qu’il faut continuer de se battre pour ces dossiers-là [l’indépendance du Commissariat aux services en français et le financement de l’Université de l’Ontario français].

Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario
Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin. Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin Photo : La Presse canadienne / Fred Chartrand

L’AFO a encouragé les citoyens la semaine dernière à manifester leur mécontentement auprès de leurs députés respectifs. Le temps des Fêtes serait d’ailleurs idéal, selon Carol Jolin, d’autant plus que les élus ne seront de retour à Queen’s Park qu’en février.

Les gens sont dans leurs bureaux de circonscription, donc il y a possibilité de les rencontrer à des évènements et de les sensibiliser, affirme-t-il.

Un recours judiciaire en préparation?

L’AFO avait choisi de prioriser la voie politique pour tenter de dissuader le gouvernement d’aller de l’avant avec les compressions. Des juristes explorent également la possibilité d’un recours aux tribunaux, mais aucun échéancier n’a encore été établi à ce sujet.

On est en train de bien analyser ce qu’il y a dans la loi et, ensuite, on va évaluer les recours qu’on a par rapport aux droits linguistiques et suivre les conseils de nos avocats, indique Carol Jolin.

Le texte adopté jeudi officialise le transfert en mai 2019 du poste de commissaire aux services en français au Bureau de l’ombudsman, mais ne fait aucune mention de l’Université de l’Ontario français.

Les regroupements étudiants

Le Regroupement étudiant franco-ontarien (REFO) estime qu’employé à bon escient, le temps des Fêtes est le temps parfait pour accroître l’étendue de la mobilisation.

Les gens vont être dans leurs familles un peu partout en Ontario et au Canada. C’est le temps de parler de ce qui se passe ici en Ontario et de sensibiliser.

Marie-Pierre Héroux, coprésidente du Regroupement étudiant franco-ontarien

La coprésidente du REFO Marie-Pierre Héroux reconnaît que les étudiants n’ont pas vraiment leur tête dans ce mouvement-là pendant la période d’examens, mais l’organisme compte entretenir des communications fréquentes avec les étudiants pour les garder au courant des avancées de la mobilisation.

Lydia Philippe devant un micro dans un studio de Radio-Canada.La présidente de la FESFO, Lydia Philippe Photo : Radio-Canada / Dereck Doherty

Même son de cloche de la part de Lydia Philippe, présidente de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO).

Dans des temps comme ceux-ci, c’est très important qu’on reste alerte et à l’écoute de ce qui se passe. Ça touche l’avenir de plusieurs et surtout de la jeunesse, déclare-t-elle.

Sur le terrain

Plus de 500 personnes de Timmins, dans le Nord-Est de l’Ontario, se sont jointes le 1er décembre à des milliers d’autres de partout en province pour dénoncer les compressions du gouvernement Ford dans les services en français.

L’Alliance de la francophonie de Timmins, qui a coordonné la manifestation locale, ne croit pas que la mobilisation des francophones sera plus difficile après le temps des Fêtes. La population francophone de Timmins revendique elle-même depuis plusieurs années la création d’un centre de santé communautaire de langue française.

[Les compressions ont] été un électrochoc. On travaille déjà sur beaucoup de dossiers qui touchent la francophonie, dont celui du centre de santé. La réaction a été unanime au pays et ça a été la même chose dans notre coin de pays.

Pierre Bélanger, président de l’Alliance de la francophonie de Timmins

L’organisme dit rester en contact avec ses principaux partenaires, dont l’AFO, et communiquera la marche à suivre aux citoyens.

C’est vrai que le temps des Fêtes va être une pause, mais ça va nous donner le temps de réfléchir à la suite des choses. On veut utiliser les médias aussi pour faire le point et expliquer aussi à nos amis anglophones de quoi il s’agit, conclut Pierre Bélanger.

Nord de l'Ontario

Francophonie