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Calgary, le berceau des illustrateurs de BD canadiens

Une étagère avec des bandes dessinées, dont Saga au premier plan.
La Calgarienne Fiona Staples est l'illustratrice de la bande dessinée américaine à succès « Saga ». Photo: Radio-Canada / Nelly Albérola
Radio-Canada

La bande dessinée franco-belge, le comic strip américain et le manga japonais sont les trois grands mouvements qui dominent le monde du 9e art. Dans l'ombre de ces géants de l'industrie de la bulle, le Canada essaie toujours de se faire un nom, mais les artistes albertains, notamment les Calgariens, sont déjà parmi les plus populaires du monde.

Un texte de Nelly Albérola

Sans être amateur de bandes dessinées, tout le monde a déjà entendu parler des superhéros. Mais saviez-vous que derrière le masque du dernier Amazing Spider-Man ne se cachait pas Peter Parker, mais un Calgarien du nom de Todd McFarlane? Le même génie de la bulle qui a cocréé Spawn, un antihéros populaire bientôt de retour au grand écran.

Les lecteurs de Saga, l’une des bandes dessinées américaines au premier rang des ventes, seront peut-être surpris d’apprendre que la dessinatrice Fiona Staples est également de Calgary.

La liste d’illustrations connues réalisées par des Calgariens est encore bien longue, ce qui intrigue Bart Beaty, l’un des spécialistes de la bande dessinée nord-américaine. « Je regarde attentivement la nouvelle génération pour essayer de débusquer la prochaine superstar », dit-il.

Un homme, assis devant une bibliothèque, à côté duquel une citation dans une bulle se lit: « Il y a quelque chose à Calgary qui attire le talent de génération en génération ».Bart Beaty, professeur spécialiste de la bande dessinée à l'Université de Calgary Photo : Radio-Canada / Nelly Albérola

Une relève assurée

Micaela Dawn est peut-être la pépite tant recherchée par le professeur. Artiste aux multiples talents, elle a participé pour la première fois, cet été, au Comic Con de San Diego, l’un des rendez-vous de la bande dessinée les plus réputés d’Amérique du Nord.

« C’était incroyable, se souvient-elle. J’ai eu la chance d’être parrainée par une fondation qui sélectionne un artiste par an pour assister à l’événement. »

Pendant quatre jours, la jeune femme a présenté son travail et réalisé que beaucoup de bédéphiles reconnaissaient ses oeuvres sans savoir qui elle était. « Un nom ne signifie pas grand-chose dans l’esprit des gens », admet-elle.

Une femme dans un bureau ouvert  avec des poissons sur le mur du fond, à côté de laquelle une citation dans une bulle se lit: « C'est agréable de devenir enfin réelle aux yeux des gens ».Micaela Dawn, artiste calgarienne Photo : Radio-Canada / Nelly Albérola

Comme de nombreux artistes calgariens de renom, Micaela a suivi ses études de dessin à l’ACAD, le collège albertain des Arts et du Design.

Pour Bart Beaty, l’école est l'une des raisons de la forte émergence de bédéistes en Alberta. « L’ACAD accueille beaucoup plus largement la bande dessinée dans ses programmes que beaucoup d’écoles d’art du pays », explique-t-il. Pendant longtemps, la BD a été très stigmatisée.

La BD n’est pas de l’art sérieux, répétaient de nombreux professeurs.

Bart Beaty, professeur spécialiste de la bande dessinée à l'Université de Calgary.

« L’école albertaine ne ferme pas la porte à cette technique et laisse ses élèves la travailler s’ils le souhaitent », souligne l’universitaire. « Aujourd’hui, même les universités de la province sont ouvertes à l’idée d’enseigner la BD comme [une] matière. »

Style canadien

Les bédéistes albertains sont désormais connus du grand public, mais qu’en est-il de la bande dessinée canadienne en tant que telle?

La bédé québécoise est, certes, de plus en plus vendue à l’étranger, mais pas au point de créer une « identité-BD canadienne, un style propre reconnaissable en dehors du pays », rappelle le professeur Christian Reyns-Chikuma, de l’Université de l’Alberta. « Ce manque de visibilité culturelle ne concerne pas que la bédé canadienne. »

Un homme devant des étagères pleines de livres, à côté duquel une citation dans une bulle se lit: « La BD canadienne, comme la littérature canadienne, est peu reconnue à l'extérieur ».Christian Reyns-Chikuma, professeur spécialiste de la bande dessinée à l'Université de l'Alberta Photo : Radio-Canada / Nelly Albérola

M. Reyns-Chikuma a eu l’occasion de parler de ces thèmes, cette fin de semaine, à Paris, au SoBD, un festival de la bande dessinée qui a mis le Canada à l’honneur cette année.

Selon lui, l’expression même de « bande dessinée » regroupe des genres illustrés très variés qui dépassent les styles presque clichés qu’on lui attribue encore. « Ce serait le reconnaître trop vite que de cantonner le manga japonais, par exemple, à un style particulier », dit-il.

Cette diversité accentue encore un peu plus la difficulté d’identification d’un style canadien ou, peut-être, est-elle justement ce qui le définit.

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