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Une exposition sur Anne Frank marquante pour les jeunes d'aujourd'hui

Des panneaux de l'exposition. À lLavant-plan, le panneau montre le visage d'Anne Frank.
Quelque 550 personnes ont pu visiter l'exposition itinérante Anne Frank, une histoire d'aujourd'hui, alors qu'elle était présentée au collège Louis-Riel à Winnipeg. Photo: Radio-Canada / Martine Bordeleau
Radio-Canada

Pendant trois semaines, des élèves du collège Louis-Riel (CLR), à Saint-Boniface au Manitoba, ont été les guides de l'exposition itinérante Anne Frank, une histoire approfondie qu'ils ont fait visiter aux jeunes de leur école. Une initiative qui les a marqués et convaincus de l'importance des droits de la personne.

Un texte de Sylviane Lanthier

Clèche Kokolo et Gabrielle Simard sont deux élèves de 12e année au collège Louis-Riel. Entre le 12 novembre et le 7 décembre, elles ont fait visiter l’exposition aux 600 élèves de leur école, en compagnie d’une vingtaine de leurs camarades. Elles racontent leur expérience au micro de Martine Bordeleau, dans le cadre de l’émission L’Actuel.

L’engagement des jeunes qui animent cette exposition est un des secrets de sa réussite. Anne Frank, une histoire approfondie a en effet parcouru plus de 60 pays et été vue par quelque 10 millions de visiteurs depuis ses débuts. L’exposition quitte maintenant le collège Louis-Riel pour se diriger vers l’Alberta, où d’autres jeunes pourront être sensibilisés au destin tragique de cette adolescente juive allemande morte dans un camp de la mort en 1945.

Cette sensibilisation est essentielle aux yeux de la guide Gabrielle Simard. « C’est une merveilleuse opportunité pour apprendre et recevoir plus d’informations sur la Deuxième Guerre mondiale et l’histoire d’Anne Frank », dit-elle. Elle constate qu’on voit encore de nos jours « des situations de violence », et qu’il demeure important de présenter l’histoire d’une façon que « les jeunes peuvent comprendre et apprécier », notamment en faisant des liens avec les situations plus actuelles.

Les jeunes d’aujourd’hui sont tous nés bien après la Deuxième Guerre mondiale, constate Clèche Kokolo. « Donc les gens ne savent pas », observe-t-elle.

Le CLR a obtenu cette exposition après avoir été en contact avec une responsable de la tournée qui cherchait à Winnipeg une école française disposée à l’accueillir. L’enseignante au programme de baccalauréat international, Rosanne Laurencelles, a saisi l’occasion, sachant que ses élèves s’y intéresseraient et qu’elle aurait l’appui de ses collègues. Une vingtaine d’élèves se sont portés volontaires pour agir comme guides et ils ont reçu une formation de deux jours.

Ça a changé la façon de voir les droits de la personne chez les jeunes.

Rosanne Laurencelles, enseignante

Pour Clèche Kokolo, ce fut une « expérience fantastique ». En tournée, dit-elle, les réactions de chaque groupe ont été différentes. « Des gens pleurent mais ils apprennent et comprennent pourquoi c’est important de défendre les droits de la personne et s’assurer que ça ne se reproduise pas. Il y a un parallèle entre l’histoire d’Anne Frank et aujourd’hui. »

Gabrielle Simard ajoute : « Il y a une place dans l’exposition où on parle des lois anti-juives, ce sont de vraies lois, ça les choque beaucoup de voir qu’un gouvernement peut [mettre en place] des lois comme ça contre une religion. Ou quand on parle des races dites inférieures, les handicapés, les noirs, tout ce qui n’était pas blanc : ça affecte les gens parce qu’il y a beaucoup de diversité dans l’école, alors ça les touche. »

Les tournées se terminent par des tables rondes, expliquent les deux guides. Les élèves sont alors rassemblés pour discuter de ce qu’ils ont vu et des liens avec les droits de la personne à l’époque contemporaine.

Martine Bordeleau est assise à un table dans la bibliothèque de l'école et parle avec les deux étudiantes, Elle a un micro en main.Clèche Kokolo et Gabrielle Simard racontent leur expérience à l'animatrice Martine Bordeleau. Photo : Radio-Canada / Colombe Fortin

Quand ils voient « où la société s’en va », les élèves « ressentent de la peur », remarque Clèche Kokolo. Beaucoup ne connaissaient pas l’Holocauste ou n’avaient pas entendu parler d’Anne Frank. lls en savent peu sur les guerres et les questions liées aux droits de la personne. Pour elle, l’éducation reste très importante. « Il ne faut pas se contenter » de ce qu’on pense savoir, croit-elle.

« Il faut faire des recherches, affirme Clèche Kokolo. Dans la société, aujourd’hui, des groupes sont discriminés à cause de la religion et c’est comme ça que ça a commencé pour les Juifs pendant la Deuxième Guerre mondiale. » Éduquez-vous, lance-t-elle à ses collègues, vous avez une voix.

Trouver la force de parler : vous avez une voix, vous avez une force, étendez la paix.

Clèche Kokolo, lève du collège Louis-Riel

Manitoba

Histoire