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Services en français : moins de postes, mais plus de bilingues

Affiche annonçant des services bilingues.
Le Manitoba a supprimé plusieurs postes désignés bilingues durant l'année 2017-2018. Photo: Radio-Canada / François Pierre Dufault
Radio-Canada

Le gouvernement du Manitoba a publié jeudi son rapport annuel sur les services en français. La province dit vouloir améliorer son offre malgré des compressions dans les postes désignés bilingues.

Un texte de Julien Sahuquillo et Pierre Verrière

Le rapport 2017-2018 couvre une année complète après l'entrée en vigueur de la Loi sur l’appui à l’épanouissement de la francophonie manitobaine. Cette loi adoptée en juin 2016 visait à dynamiser la francophonie manitobaine.

Selon un porte-parole du gouvernement manitobain, ce rapport sur les services en français a pour objectif de mesurer la vitalité de la francophonie manitobaine.

Ainsi, le cadre légal instauré en 2016 a amené la mise en place de plans stratégiques pluriannuels sur l’offre de services en français pour les ministères gouvernementaux et les autres entités publiques.

Daniel Boucher, directeur général de la Société de la francophonie manitobaine (SFM), y voit une bonne avancée, à certaines conditions.

« C’est important que la communauté voie ces plans et soit en mesure de les commenter et de faire des suggestions », souligne-t-il.

Pour autant, dans les faits, il y a eu peu de changements.

Une capacité bilingue remise en cause

Selon le rapport, la province a amélioré sa capacité bilingue avec l’ajout de 6,4 postes occupés par des titulaires bilingues.

Cette hausse n’est pas suffisante pour Daniel Boucher. « Ce n’est jamais suffisant. Je pense que les services en français doivent continuer d’augmenter et de s’améliorer », affirme-t-il.

L’augmentation est dans les faits surtout due à une hausse de 20 postes où le bilinguisme n'est pas requis, mais qui sont occupés par des employés bilingues.

« Il y a quelqu’un qui travaille dans un bureau, ici, à la législature, mais qui ne livre pas de services en français à la communauté franco-manitobaine », mentionne Wab Kinew, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), en critiquant la façon dont le gouvernement présente les chiffres.

Selon le rapport, la province compte 1232 fonctionnaires bilingues, que ce soit dans des postes nécessitant cette compétence ou non.

« L’objectif, c’est de s’assurer que les gens qui peuvent assurer des services en français sont dans les bons postes. Ce n’est pas toujours évident, on le reconnaît. Il y a notamment des questions de choix de carrière, de syndicats », explique Daniel Boucher.

Moins de postes désignés

Par ailleurs, le nombre de postes désignés bilingues a diminué par rapport à 2016-2017.

Ainsi 30,6 postes ont été supprimés. Le taux d’occupation des postes désignés bilingues par des titulaires bilingues restent quant à lui globalement le même.

Les ministères qui profitent du plus grand nombre de titulaires bilingues dans des postes désignés bilingues sont ceux de l’Éducation, de la Justice ainsi que le Secrétariat aux affaires francophones et le ministère des Familles.

Le ministère de la Santé, un secteur où les services en français sont régulièrement réclamés, n’a que huit postes désignés bilingues. Ces derniers ne sont d’ailleurs pas pourvus en totalité. Cinq titulaires bilingues sont en poste. Les trois autres sont anglophones.

On note d’ailleurs une baisse de nombres de postes bilingues dans ce ministère depuis l’année 2016-2017. Le ministère du Sport, de la Culture et du Patrimoine perd également un grand nombre de postes.

Tableau des varaitions dans les postes désignés bilingues.En 2017-2018, le personnel bilingue a surtout augmenté pour les ministères de l'Éducation et au Secrétariat aux affaires francophones. Photo : Radio-Canada

Certains ministères bénéficient en revanche d'un véritable coup d'accélérateur dans leur nombre de postes de fonctionnaires désignés bilingues. C’est le cas pour l’Éducation et le Secrétariat aux affaires francophones qui réussissent à globalement remplir les sièges nouvellement créés.

Moins de plaintes

Le rapport note une baisse dans le nombre de plaintes adressées au Secrétariat aux affaires francophones.

Avec 23 plaintes, l’année 2017-2018 enregistre une baisse de huit plaintes par rapport à l’année précédente. C’est la première baisse depuis trois ans.

Ces plaintes concernent l’absence d’offre active en personne et au téléphone, l’indisponibilité du personnel bilingue pour aider les particuliers, des erreurs dans les écriteaux et le manque de documents en français sous forme imprimée ou électronique.

Travailler en partenariat avec la communauté

Pour Daniel Boucher, la politique sur l’offre de services en français n’est pas parfaite, mais va tout de même dans la bonne voie.

« Je tente d’être le moins découragé possible. S’il y a une bonne volonté de la part du gouvernement, nous sommes optimistes », affirme-t-il.

Pour lui, seuls des échanges avec le Conseil consultatif sur les services en français permettront d’avancer.

« C’est le rôle du Conseil consultatif de voir le progrès des plans d’action de chaque ministère et des sociétés de la Couronne qui sont appelés à offrir des services en français. C’est l’outil ultime qu’on a pour le faire », soutient-il.

Un besoin de nouveaux francophones

Afin d’attirer de nouveaux francophones, la province s’est lancée dans une redéfinition même des termes dans sa nouvelle politique sur les services en français de mai 2017.

Le terme « francophone » désigne maintenant « toute personne de langue maternelle française ou toute personne qui possède une affinité spéciale avec le français et s’en sert couramment dans la vie quotidienne même s’il ne s’agit pas de sa langue maternelle ».

La notion de « francophonie manitobaine » est ajustée pour répondre à la population manitobaine dont la langue maternelle est le français ou qui utilise cette langue couramment dans vie quotidienne.

Ces dispositions se veulent plus inclusives et vont de pair avec de nouveaux accords migratoires.

En mars dernier, le Plan d’action fédéral-provincial-territorial annoncé lors du Forum sur l’immigration francophone a publié de nouveaux objectifs pour encourager et promouvoir l’immigration francophone hors Québec.

Des accords à l’intérieur du pays ont également été mis en place avec l’Accord de coopération et d’échanges entre le Manitoba et le Québec et le Protocole d’Entente Manitoba/Nouveau-Brunswick.

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