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Flambée du prix du pétrole à la suite de la décision de l'OPEP de réduire la production

Des puits de pétrole.
La réduction correspond à un peu plus de 1 % de la production mondiale. Photo: Getty Images / DAVID JONES
Agence France-Presse

Les cours du pétrole ont terminé en nette hausse vendredi alors que les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et leurs alliés sont parvenus à se mettre d'accord pour baisser leur production commune et tenter ainsi de redresser les prix de l'or noir.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en février a pris 1,61 $, ou 2,68 %, pour clôturer à 61,67 $. Le WTI américain pour livraison en janvier s'est apprécié pour sa part de 1,12 $ ou 2,18 % pour finir à 52,61 $.

Les prix de l'or noir ont gagné jusqu'à 6 % pour le Brent et 5 % pour le WTI quand sont apparues les premières informations confirmant que les représentants de l'OPEP et de leurs partenaires, menés par la Russie, avaient fini par trouver un compromis.

Selon les termes de l'accord, les 25 pays réunis à Vienne, qui représentent la moitié de la production mondiale, ont décidé d'abaisser leur production totale de 1,2 million de barils par jour dans l'espoir de redresser les cours, au terme de pourparlers marathons scrutés par le président américain Donald Trump.

Cet objectif sera réparti à hauteur de 800 000 barils quotidiens pour les 14 pays de l'OPEP et de 400 000 pour ses dix partenaires, dont la Russie, a précisé l'organisation lors d'une conférence de presse qui s'est tenue à son siège de Vienne, en Autriche.

La réduction, correspondant à un peu plus de 1 % de la production mondiale, est destinée à enrayer la chute des cours, qui ont dévissé de 30 % en deux mois dans un contexte de surproduction chronique.

Cette évolution des prix satisfait les utilisateurs de carburant et le président Donald Trump, attaché à ménager les consommateurs américains, mais pas les producteurs eux-mêmes, très dépendants des revenus pétroliers.

L'accord conclu vendredi « devrait aider le marché à atteindre un équilibre plus tôt », a salué le ministre russe de l'Énergie, Alexandre Novak, dont le pays est le deuxième producteur mondial, reconnaissant que les discussions avaient été « complexes ».

Deux jours de discussions ardues

Il aura fallu deux jours aux différents poids lourds pour accorder leurs violons au sein de cette alliance nouée en 2016 entre l'OPEP et 10 autres producteurs, dont la Russie, qui est de loin le plus important.

Une première journée de réunions, jeudi, s'était terminée sans annonce, laissant craindre un échec des discussions.

Les pourparlers butaient sur la répartition des quotas de baisse, les producteurs ayant tous des raisons, plus ou moins officielles, d'attendre des efforts de leurs partenaires.

La Russie estimait qu'il lui était « beaucoup plus difficile » de réduire son offre en plein hiver, compte tenu des besoins du pays à cette période.

L'Arabie saoudite, troisième producteur mondial, doit pour sa part faire face à la pression américaine, à un moment où le royaume est affaibli par les répercussions diplomatiques de l'affaire Khashoggi.

Alors que le président américain Donald Trump avait exigé mercredi de l'OPEP, qui pompe le tiers du brut mondial, qu'elle maintienne sa production à un niveau élevé, le ministre saoudien de l'Énergie, Khaled Al-Faleh, a répondu que Washington « n'[était] pas en position » de lui dicter sa conduite.

L'Iran exempté de toute baisse

Tenant d'une ligne dure, et rival géopolitique du royaume, l'Iran demandait à être exempté de toute baisse pour épargner son secteur pétrolier déjà touché par les sanctions des États-Unis. Téhéran a annoncé vendredi avoir obtenu satisfaction.

Les prix du Brent, qui étaient passés sous les 60 $ US alors que les tensions entre la Russie, l'Arabie saoudite et l'Iran paraissaient inextricables vendredi matin, avaient bondi de plus de 3 $ US quand de premières informations avaient fait état, dans l'après-midi, d'un accord du groupe de producteurs.

La baisse de production de 1,2 million de barils par jour (mbj) pourrait toutefois « ne pas être suffisante pour éliminer la surabondance de pétrole sur le marché », a estimé auprès de l'AFP Stephen Brennock, analyste chez PVM.

Une réduction de 1,5 mbj était nécessaire pour éviter une surproduction au premier semestre 2019. En conséquence, les prix devraient plutôt rester orientés à la baisse dans les mois à venir malgré la réaction spasmodique d'aujourd'hui [sur le marché].

Stephen Brennock, analyste chez PVM

En juin, les producteurs avaient assoupli leur discipline, avec pour objectif de permettre à la Russie et à l'Arabie saoudite d'extraire davantage pour compenser les pertes prévues de barils iraniens, en raison du rétablissement des sanctions américaines liées au dossier nucléaire.

Mais les exemptions temporaires accordées au dernier moment par les États-Unis à huit pays importateurs, à des niveaux plus élevés que ne l'attendait le marché, ont contribué au plongeon des prix de ces deux derniers mois, effaçant les gains engrangés depuis le début de 2017.

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