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  • La saga de l’hôpital Montfort et le cri du cœur des Franco-Ontariens

    Téléjournal, 26 février 1997
    Radio-Canada

    Un long combat commence en 1997 pour la sauvegarde de l'hôpital Montfort à Ottawa. La seule institution hospitalière francophone de la province est menacée de fermeture par le gouvernement conservateur de Mike Harris. S'ensuit une mobilisation populaire et juridique sans précédent de la part de la population franco-ontarienne. Retour en archives sur cette saga de cinq ans pour protéger ce service francophone.

    Le reportage du journaliste Guy Gendron au Téléjournal du 26 février 1997 recueille les réactions de choc et de colère des Franco-Ontariens deux jours après l’annonce du gouvernement de Mike Harris.

    Le 24 février 1997, la Commission de restructuration des soins de santé de l'Ontario (CRSS) annonce la fermeture de la seule institution universitaire de langue française de la province.

    La décision du gouvernement, prise pour des raisons budgétaires, provoque un tollé. Une association de contestation, S.O.S. Montfort, est mise sur pied dès le lendemain. Gisèle Lalonde, l’ancienne mairesse de Vanier, mène le combat.

    Cette fermeture, elle ne se concrétisera jamais. S’il faut sortir nos épingles à chapeau, nous le ferons.

    Gisèle Lalonde, présidente de S.O.S. Montfort

    Cet établissement historique voit le jour en 1953 à l’initiative d’une communauté religieuse. Celle-ci désire fournir des services de soins en français aux francophones de l’Ontario.

    En 1994, l’hôpital devient le premier centre universitaire d'enseignement clinique de médecine familiale de la province à proposer une formation postdoctorale complètement en français.

    L’annonce a donc l’effet d’une bombe non seulement pour les Franco-Ontariens, mais également pour toutes les minorités francophones du pays.

    La grogne est d’autant plus virulente du fait que l’hôpital Montfort avait été désigné, deux semaines auparavant, le plus efficace des 240 hôpitaux de l’Ontario.

    Le cri du cœur des Franco-Ontariens

    La mobilisation de la communauté franco-ontarienne est immédiate et massive. Un mois après l’annonce de la fermeture, un rassemblement de proportions inégalées est organisé par S.O.S. Montfort.

    Ce sont plus de 10 000 personnes qui répondent à l’appel le 22 mars 1997.

    C’est un élément de fierté de voir tous les Franco-Ontariens se tenir debout comme ça et tenir tête au gouvernement.

    Patient de l’hôpital Montfort

    Dans un véritable cri du cœur, ils dénoncent à l’unisson la décision dans ce qui semble alors être le plus grand rassemblement de l’histoire franco-ontarienne.

    La journaliste Maryse Gagnon est parmi eux pour rapporter les grands moments de l’événement au Téléjournal du 22 mars 1997.

    Téléjournal, 22 mars 1997

    Le gouvernement Harris entend les contestations, mais à demi-mesure. Une proposition est faite de maintenir l’hôpital ouvert, mais de changer sa vocation. Cela implique de réduire les effectifs et de l’annexer à l’Hôpital Général d’Ottawa.

    Mécontents de la proposition, S.O.S. Montfort décide de porter le combat devant les tribunaux.

    Une première victoire

    S.O.S. Montfort remporte une première victoire devant la Cour divisionnaire de l’Ontario.

    Le 29 novembre 1999, l’instance juridique insiste sur le fait que les directives de la CRSS portent atteinte aux droits constitutionnels des Franco-Ontariens.

    Le jugement soutient que l’hôpital Montfort est un établissement qui « lutte contre l’assimilation et qui donc protège une minorité fragile qui a des droits constitutionnels ».

    La population franco-ontarienne pousse un soupir de soulagement.

    C’est l’histoire qui vient tout à fait d’être créée.

    Gilles Morin, ex-député libéral d’Ottawa-Gloucester

    La journaliste Sara Champagne recueille les réactions d’exaltations à l’émission L’accent francophone du 4 décembre 1999.

    L’accent francophone, 4 décembre 1999

    Mais la joie ne s’avère que de courte durée. Le jour même, le gouvernement de Mike Harris annonce sa volonté de contester le jugement.

    La bataille juridique continue donc de battre son plein, cette fois-ci devant la Cour d’appel.

    La Cour d’appel ontarienne tranche

    La décision tombe finalement le 7 octobre 2001. La Cour d'appel de l’Ontario confirme la première décision de la Cour divisionnaire en faveur du maintien de l'hôpital Montfort.

    La Cour confirme que l'hôpital Montfort jouit d'une protection constitutionnelle et ne peut être démembré sans menacer la survie des francophones de la province.

    C’est une victoire totale pour les Franco-Ontariens après plus de cinq ans de bataille contre le gouvernement conservateur.

    C’est toutefois le 1er février 2002 que la saga se termine réellement. Ce jour-là, Mike Harris annonce qu'il ne portera pas la décision devant la Cour suprême.

    L’hôpital jouit dès lors d’une protection sans équivoque de la Constitution.

    Dans ce reportage de la journaliste Geneviève Asselin à l’émission Le Point du 1er février 2002, Gisèle Lalonde et l’avocat de S.O.S. Montfort, Ronald Caza, expriment leur soulagement.

    Le Point, 1er février 2002

    Le combat de l’hôpital Montfort se termine avec une victoire politique et juridique sans précédent pour la communauté franco-ontarienne. Elle a également une résonnance non négligeable pour toutes les minorités francophones du pays.

    Pour les défenseurs des services en français dans la province, David vient de vaincre Goliath.

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