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Orphelinats noirs en Nouvelle-Écosse : un système mal conçu, dans un contexte de racisme

Tony Smith et la juge Pamela Williams en conférence de presse à Halifax le 7 décembre 2018.
Tony Smith et la juge en chef Pamela Williams coprésident l'enquête. Photo: La Presse canadienne / Andrew Vaughan
Radio-Canada

Un nouveau rapport issu d'une enquête publique en cours sur des décennies de mauvais traitements dans un orphelinat de la région d'Halifax indique que le système de soins de santé est trop fragmenté pour répondre aux besoins des enfants vulnérables.

Pamela Williams, la coprésidente de la commission d'enquête, a dit que cette idée avait constamment émergé au fil des travaux menés au cours des trois dernières années.

Mme Williams, qui est la juge en chef des tribunaux provinciaux, dont ceux liés à la famille, a déclaré que le mode de fonctionnement des agences devait être fondamentalement revu pour créer des relations de confiance plus étroites avec l'ensemble de la communauté.

L'orphelinat, qui portait le nom de Nova Scotia Home for Colored Children, a existé de 1921 à 1989 à Dartmouth, dans la région d'Halifax. D'anciens résidents disent y avoir été victimes d'agressions sexuelles, physiques et psychologiques. L’enquête lancée en octobre 2015 a pour mandat d’examiner l’expérience des anciens pensionnaires, ainsi que la discrimination et le racisme systémique à travers la province.

Le coprésident Tony Smith, un ancien résident du Home for Colored Children de la Nouvelle-Écosse, a déclaré que les silos devaient être éliminés d'un système de soins qui n'est pas conçu pour répondre aux besoins particuliers de la communauté afro-néo-écossaise.

Ancien édifice de l'orphelinat Nova Scotia Home for Colored Children.L'édifice, photographié en 2013, qui abritait l'orphelinat à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse. Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Des personnes ont exprimé leur scepticisme envers le rôle du racisme dans l'administration de l'orphelinat, puisque la majorité des employés y étaient Noirs, mentionnent les auteurs du rapport. Ils soulignent que l'administration de l'établissement était en grande majorité composée de Blancs, et qu'aucun Noir n'a obtenu la présidence de l'orphelinat avant 1974.

Par ailleurs, les employés noirs de l'orphelinat provenaient souvent de milieux pauvres et évoluaient dans une société offrant très peu de possibilités d'emploi aux Afro-Néo-Écossais. Ces employés risquaient donc leur propre sécurité s'ils dénonçaient des problèmes à l'orphelinat. Cette vulnérabilité était plus grande encore chez les membres du personnel qui travaillaient en échange de l'hébergement de leur enfant.

Un rapport publié par l'enquête en janvier avait également mis en évidence une culture du silence et de honte qui a contribué aux abus à l'orphelinat.

Le rapport intermédiaire de vendredi précède le rapport final qui devrait être publié au printemps.

L'objectif de la commission d'enquête n'est pas d'attribuer le blâme pour les mauvais traitements infligés aux enfants, mais de comprendre les circonstances et les structures qui ont mené à cette situation, a indiqué la juge Pamela Williams.

L'enquête réparatrice est composée d'anciens résidents de l'établissement, de membres de la communauté et de fonctionnaires provinciaux. Lancée à la fin de 2015, elle a pour mandat d'examiner les expériences d'anciens résidents, la discrimination systémique et le racisme dans toute la province. Son mandat se termine en mars 2019.

Avec les informations de La Presse canadienne

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