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La Maison-Blanche tente de se distancier de l'arrestation d'une dirigeante de Huawei

Devant les drapeaux chinois et américain tendus en fond de scène, gros plan de la main du président chinois et de celle du président américain, à quelques centimètres l’une de l’autre.
Des conseillers de Donald Trump affirment que l'arrestation de Meng Wanzhou ne risque pas de compromettre la conclusion d'une éventuelle entente commerciale avec la Chine. Photo: Reuters / Damir Sagolj
Radio-Canada

« Les pourparlers avec la Chine se déroulent très bien », a déclaré vendredi sur Twitter le président Donald Trump. Un optimisme que ne partagent pas certains analystes qui voient, dans l'arrestation de la directrice financière de Huawei, un obstacle potentiel aux négociations commerciales sino-américaines.

Deux des plus importants conseillers du président Trump affirment que l'arrestation de Meng Wanzhou ne risque pas de compromettre la conclusion d'une éventuelle entente commerciale avec la Chine.

En provenance de Hong Kong, Mme Meng s'en allait au Mexique lorsqu'elle a été arrêtée pendant une escale à Vancouver, le 1er décembre dernier. Âgée de 46 ans, la directrice de Huawei fait l’objet d’une demande d’extradition de la part des États-Unis, qui l'accusent d'avoir conspiré pour duper de nombreuses institutions internationales. Elle a comparu vendredi à Vancouver pour une audience de libération sous caution.

Entrevue avec José Fernandez, professeur agrégé à Polytechnique Montréal.

Le directeur du Conseil économique national de la Maison-Blanche, Larry Kudlow, a déclaré qu'à son avis, l'arrestation de Mme Meng n'aura pas d'incidence sur les négociations commerciales qui visent à accroître les achats, par Pékin, de produits agricoles et énergétiques américains, à abaisser les droits tarifaires imposés par la Chine et à changer en profondeur les politiques chinoises en matière de propriété intellectuelle et de transferts technologiques.

De son côté, le conseiller financier de la Maison-Blanche, Peter Navarro, soutient que l'arrestation de Mme Meng et les pourparlers commerciaux sont « deux événements distincts ». C'est que la nouvelle de l'interpellation de la patronne chinoise est tombée le jour où Donald Trump et Xi Jinping partageaient un repas, en Argentine, tout juste avant d'annoncer une trêve des hostilités commerciales. « C'est une coïncidence », a déclaré Peter Navarro.

Appréhensions et critiques

Mais en raison de cette arrestation, des entreprises de renom qui font des affaires en sol chinois craignent d'être la cible de représailles. Sur les marchés boursiers, on craint une reprise des hostilités commerciales entre Pékin et Washington.

Par ailleurs, la Russie s'est montrée critique de l'arrestation de Meng Wanzhou.

Pour le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, les États-Unis montrent ainsi de quelle manière ils tentent de faire la loi hors de leurs frontières, une attitude « arrogante », selon lui.

Une entreprise profitable... soupçonnée d'espionnage

Huawei, une entreprise privée, est la société de technologie la plus prestigieuse de Chine. Son fondateur est nul autre que le père de Meng Wanzhou, Ren Zhengfei. La société a déclaré qu'elle n'était au courant d'aucun acte répréhensible de la part de Mme Meng.

Dotée de 180 000 employés, la société a enregistré des revenus dépassant les 90 milliards de dollars américains et des profits nets de 7 milliards, selon son rapport annuel de 2017.

Des soupçons pèsent sur ce géant chinois de la technologie. « On ne sait pas jusqu'à quel point ils [les dirigeants d'Huawei] peuvent être considérés comme l'un des bras du gouvernement chinois », a expliqué David Skillicorn, qui enseigne l'informatique à l'Université Queen's, en Ontario.

Huawei nie les allégations voulant qu'elle se soit livrée à de l'espionnage pour le compte de la Chine. L'entreprise affirme n'avoir d'autre but que celui d'être compétitive sur la scène internationale.

Le Canada et Huawei

Au Canada, le premier ministre Justin Trudeau a reconnu avoir été prévenu, quelques jours à l'avance, que Mme Meng serait arrêtée en territoire canadien.

Jusqu'ici, Ottawa n'a pas imité des pays comme la Nouvelle-Zélande et l'Australie, qui ont empêché Huawei d'élaborer un réseau informatique ou d'approvisionner en matériel des fournisseurs locaux, et ce, pour des raisons de sécurité.

Le Canada a aussi fait la sourde oreille aux mises en garde formulées par deux sénateurs américains, respectivement républicain et démocrate, pour qui le fait de négocier avec Huawei exposerait le Canada à d'importants risques pour sa sécurité. Une mise en garde formulée également par certains experts en sécurité du Canada.

Aux États-Unis, la commission du renseignement de la Chambre des représentants recommande sans ambages aux entreprises américaines d'éviter deux équipementiers chinois de télécommunications : Huawei et ZTE.

Avec les informations de CBC, Reuters, et Associated Press

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