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Les circonstances de la mort de Brydon Whitstone demeurent inconnues, selon le jury

Brydon Bryce Whitstone.
Le jury est incapable de déterminer les circonstances de la mort de Brydon Whitstone. Photo: Albert Whitstone
Radio-Canada

Le jury conclut que Brydon Whitstone est mort dans des circonstances indéterminées après cinq jours d'enquête publique sur la mort de l'Autochtone de 22 ans abattu par un policier en octobre 2017.

Dans une décision qualifiée d’unanime par l’une d’entre eux, les jurés recommandent à la police de privilégier l’utilisation de pistolets électriques pour immobiliser une personne lors de leurs interventions.

La mère de Brydon Whitstone, Dorothy Laboucane, est sous le choc. Selon elle, justice n’est pas rendue à son fils.
Les avocats de la famille de Brydon Whitstone demandent une enquête externe. De son côté, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) n’a pas émis de commentaires.

De nombreux témoignages

Près d'une vingtaine de témoins ont raconté, cette semaine, leur version des évènements qui ont conduit à la mort de l'homme de la Première Nation d'Onion Lake, en Saskatchewan.

Le 21 octobre 2017, GRC a reçu un appel concernant un coup de feu qui aurait été tiré depuis une voiture blanche ressemblant à celle que conduisait Brydon Whitstone.

Une brève poursuite a eu lieu, avant que le véhicule de M. Whitstone ne percute deux véhicules de police. Les policiers ont affirmé avoir encerclé le véhicule, armes au poing, et auraient demandé au jeune homme de sortir de la voiture, les mains en l’air.

Deux véhicules accidentés. Le véhicule de Brydon Whitstone a terminé sa course après avoir percuté deux véhicules de police. Photo : Radio-Canada

Les agents ont dit que Brydon Whitstone n’avait pas coopéré et qu'il avait la main dans son pantalon. Croyant que le jeune homme allait se saisir d’une arme, le policier Jerry Abbott a tiré sur lui.

Lors de son témoignage, le policier a dit qu'il avait visé la poitrine et tiré à deux reprises, dans le but de neutraliser une menace.

Les policiers ont ensuite extirpé le jeune homme du véhicule et l’ont menotté. Comme il ne réagissait pas, ils ont tenté de le réanimer avec un massage cardiaque, sans succès.

Des pensées suicidaires?

Le témoignage d'Amanda Wahobin concorde avec celui des policiers pour ce qui est du refus de coopérer de son petit ami. Elle a déclaré qu'après une première blessure par balle, Brydon Whitstone aurait tenté de faire marche arrière avant d'être atteint une seconde fois. Il aurait alors cessé de bouger.

Amanda Wahobin aurait aussi déclaré aux policiers que le jeune homme était suicidaire. Un mois et demi avant les évènements, Brydon Whitstone avait eu un fils qui était mort peu après sa naissance. Il aurait alors dit à Amanda Wahobin qu’il voulait mourir, lui aussi.

Des munitions ont été retrouvées dans les vêtements du jeune homme. Une balle inutilisée a également été retrouvée dans son estomac, comme s'il l'avait avalée. Aucune arme n'a toutefois été trouvée dans le véhicule.

Une toxicologue a déclaré que l'examen du corps du jeune homme avait révélé un taux élevé de méthamphétamines.

Des questions ont été soulevées au sujet des caméras des véhicules de police. Six véhicules de la GRC se sont trouvés sur les lieux de l'incident ce soir-là, et bien que trois d'entre eux aient été équipés de caméras, un seul a capté des images.

Les policiers critiqués

Les parents de Brydon Whitstone, qui ont assisté à l'enquête publique, ont confié qu'il était douloureux d'entendre les témoignages.

La mère de Brydon Whitstone, Dorothy Laboucane, croit que le policier n’aurait pas dû tirer sur M. Whitstone et qu’il y avait d’autres options envisageables pour l’arrêter. Elle croit que son fils a probablement tenté de fuir parce qu’il était assujetti à des conditions de probation.

Elle a critiqué le manque de coordination des équipes policières qui ont poursuivi son fils. Il s'est avéré que Brydon Whitstone n'était pas le suspect recherché.

La Couronne a déjà établi que les gestes du policier ne donneraient pas lieu à des accusations pénales.

Saskatchewan

Justice et faits divers