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Jeux de la Francophonie : Brian Gallant se récuse parce qu'il a des « proches » dans le comité

Brian Gallant en entrevue avec des journalistes.

Brian Gallant, ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Radio-Canada

« Certaines personnes impliquées dans l'organisation des Jeux de la Francophonie étant des proches de Monsieur Gallant, celui-ci s'est récusé des décisions prises en cabinet concernant les Jeux, alors qu'il était premier ministre », a écrit l'opposition officielle par courriel à Radio-Canada. « Dès lors il ne commentera pas le dossier. »

Radio-Canada rapportait jeudi que le coût de la tenue des Jeux à Moncton et Dieppe a explosé. Les coûts initiaux étaient de 15 à 19 millions de dollars, mais ils ont été révisés à 130 millions.

Kris Austin a réagi vendredi après-midi, par voie de communiqué. Selon lui, le Nouveau-Brunswick ne peut simplement pas se le permettre.

Le Nouveau-Brunswick ne peut pas se permettre de dépenser des dizaines de millions de dollars pour un événement sportif et culturel alors qu'il a du mal à trouver les ressources pour des domaines tels que la santé, l'éducation et les infrastructures, a déclaré le chef de l'Alliance des gens, Kris Austin, dans un communiqué.

Blaine Higgs n'assumera pas plus de 10 millions de dollars de la facture

Selon des documents obtenus par Radio-Canada de sources proches des Jeux de la Francophonie 2020-2021, le premier ministre du Nouveau-Brunswick Blaine Higgs a déjà indiqué à Ottawa qu'il n'assumera pas plus de 10 millions de dollars de la facture finale des Jeux.

Blaine Higgs le 8 novembre 2018.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs.

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Le nouveau premier ministre [Blaine Higgs] du Nouveau-Brunswick a récemment confirmé que le gouvernement du Nouveau-Brunswick a l’intention d’honorer la soumission de 7 à 10 millions de dollars faite par le précédent gouvernement, mais n’a pas l’intention d’accorder un financement supérieur, peut-on lire dans le document que Radio-Canada a pu consulter.

Cette précision est survenue après l’assermentation du premier ministre Blaine Higgs et de son Cabinet, le 9 novembre dernier.

Dans le document, on indique qu’en raison de l'ampleur des Jeux de la Francophonie, il est presque impossible pour des provinces et des communautés ayant des ressources limitées de les tenir en respectant la Politique fédérale concernant l'accueil de manifestations sportives internationales, qui limite à 50 % la contribution du fédéral pour de tels événements.

On affirme aussi que la réputation du Canada sera entachée si les Jeux de la Francophonie n’ont pas lieu à Moncton-Dieppe, comme prévu.

Le gouvernement tient à la tenue de l'événement

Le vice-premier ministre du Nouveau-Brunswick, Robert Gauvin, affirme de son côté que son gouvernement « va tout faire » pour que les Jeux de la Francophonie aient lieu.

Robert Gauvin lors d'une mêlée de presse.

«Nous, dans notre région, on n'en veut pas», lance Robert Gauvin à propos du gaz de schiste.

Photo : Radio-Canada

Le vice-premier ministre a déclaré vendredi matin que son gouvernement tient à la tenue de l’événement. Il affirme que des rencontres sont prévues très bientôt avec les différents partenaires gouvernementaux. Le bureau du premier ministre croit qu’il faut revoir le projet et que les partenaires financiers doivent inévitablement y contribuer davantage.

On est en négociations, donc je ne vais pas m’avancer sur [le financement]. On va parler des chiffres quand ce sera le temps avec les autres partenaires.

Robert Gauvin, vice-premier ministre du Nouveau-Brunswick et ministre responsable de la Francophonie

Il a d’ailleurs tenu à préciser que les progressistes-conservateurs ont hérité de ce dossier qui était sur le bureau de l’ancien premier ministre depuis le mois de mars.

Pourquoi huit fois plus cher?

Le comité organisateur affirme que le plan présenté par la province lorsqu’elle a soumis sa candidature n’était pas complet, notamment parce qu’il ne comportait pas de plan d’affaires détaillé.

Pour poser sa candidature à l’Organisation internationale de la Francophonie en vue d'obtenir les Jeux, les candidats doivent prouver qu’ils sont en mesure de recueillir 10 millions d’euros (environ 15 millions de dollars canadiens).

Cependant, il revient à chaque comité organisateur de présenter un plan d’affaires détaillé afin de définir le coût total. C’est en faisant le plan financier que le comité organisateur de Moncton-Dieppe s'est rendu compte que le tout coûterait huit fois plus cher. Le comité refuse cependant de dévoiler la ventilation du budget.

Dieppe et Moncton n'entendent pas payer plus pour le moment

Les bailleurs de fonds pour ce projet sont les villes hôtesses, la communauté francophone, le provincial et le fédéral. Moncton et Dieppe s'étaient engagées à payer 750 000 $. La communauté francophone de la province avait promis de verser environ 3 millions de dollars, le reste étant partagé également entre les gouvernements provincial et fédéral.

La Ville de Dieppe est-elle disposée à se charger d’une plus grande part des coûts? Absolument pas, affirme le maire Lapierre.

Il faudra une sérieuse discussion sur le financement de ce projet.

Yvon Lapierre, maire de Dieppe

La Ville de Moncton signale aussi que sa contribution financière demeure pour le moment à 750 000 $. Le conseil municipal n’a pas encore discuté de la nouvelle estimation des coûts, mais il serait difficile pour Moncton d’augmenter sa part de financement, selon Paulette Thériault, conseillère municipale.

Mon instinct me dit que ça va être difficile de trouver, parce que les fonds sont déjà engagés. Comme toutes les villes, on a beaucoup de défis nous aussi au niveau de nos infrastructures et de tout. Mais je ne peux pas vous dire ce que va être la décision finale [du conseil municipal], explique Paulette Thériault.

Les municipalités ajoutent qu’en plus de leurs 750 000 $ respectifs, leur contribution à l’organisation des Jeux comprend l’utilisation d’installations et d’autres services. Le maire Lapierre précise que Dieppe est aussi responsable du tiers du financement de tout projet de legs s'il y a lieu, par exemple la construction de terrains sportifs.

La délégation de la Saskatchewan se rassemble avec les autres délégations pour un spectacle aux Jeux de la franchophonie canadienne à Moncton-Dieppe.

La délégation de la Saskatchewan se rassemble avec les autres délégations pour un spectacle aux Jeux de la franchophonie canadienne à Moncton-Dieppe.

Photo : AJF/Benoît Goubot

Les Jeux pourraient-ils être annulés? Yvon Lapierre ne croit pas que ce sera le cas. Les gouvernements du Nouveau-Brunswick et du Canada veulent sans doute éviter un tel embarras, dit-il.

Le gouvernement fédéral explique pour sa part qu’une loi l’empêche de payer plus que 50 % des coûts d’un tel projet.

Une vitrine internationale pour le Nouveau-Brunswick

Les Jeux de la Francophonie rassemblent 3000 athlètes et artistes des quatre coins du monde. C’est un événement d’importance pour la province, estime Marc Lalonde, président d’Athlétisme Nouveau-Brunswick.

Il faut dire que les Jeux de la Francophonie, de plus en plus, peuvent prendre plus d’ampleur. On voit que le monde de la Francophonie est en croissance grandement à cause de l’Afrique. C’est une composante très importante à l’échelle mondiale. Donc, l’occasion se présente ici au Nouveau-Brunswick de pouvoir sortir notre épingle du jeu, explique Marc Lalonde.

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