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« Le consensus, il n'y a rien de pire que ça » – Maxime Bernier

Le reportage de Philippe-Vincent Foisy
Radio-Canada

Maxime Bernier a terminé jeudi soir la première partie d'une tournée pancanadienne avec un rassemblement dans la région de Québec. Une tournée pour faire connaître sa nouvelle formation politique, le Parti populaire du Canada (PPC), et pour s'enraciner un peu partout au pays à près de 11 mois de la prochaine élection.

Un texte de Philippe-Vincent Foisy, correspondant parlementaire à Ottawa et animateur du balado Mêlée politique

Le député de la circonscription fédérale de Beauce pense qu’il est l’homme politique « le plus heureux au Canada ».

L’ancien ministre des Affaires étrangères multiplie les discours, les entrevues et les rencontres. Il dirige son parti et défend sa plateforme, qu’il a écrite avec quelques proches.

Maxime Bernier se compare même à Emmanuel Macron, qui est devenu président de la France un peu plus d’un an après avoir quitté le Parti socialiste.

« Tout peut arriver », dit-il dans son discours prononcé devant environ 300 personnes à Québec, en les rassurant qu’il n’est pas du tout « socialiste ».

Tournée des radios

À Québec, Maxime Bernier a commencé sa journée avec une série d’entrevues dans les stations de radio.

Il est reçu amicalement par l’animateur de l’émission du matin à Radio X, qui prend même un égoportrait avec l’élu de Beauce. Durant l’entrevue, M. Bernier passe à l’attaque et accuse Andrew Scheer d’être opportuniste, sans conviction et d’avoir besoin de faire des sondages pour savoir ce qu’il pense.

Au micro de l'animateur de l’émission matinale d'ICI PREMIÈRE, Claude Bernatchez, il cible plutôt Justin Trudeau, l’accusant d’être « hypocrite » avec ses politiques environnementales.

Il admet toutefois qu’il ne compte « rien » faire en matière environnementale.

Maxime Bernier s’est aussi rendu au micro de Nathalie Normandeau et d’Éric Duhaime au cours de la journée, afin de bien faire connaître ses idées et son parti, encore loin dans les sondages.

« On est à 1 % ou 4 % selon les sondages, peu importe, soutient M. Bernier. Le défi qu’on a, c'est que le nom de Maxime Bernier est connu. Le nom du parti, lui, ne l’est pas. Il faut donc s’assurer que la notoriété de Maxime Bernier se répercute sur le parti. »

L’avenir est devant nous autres, on ne peut pas être plus bas que ça!

Maxime Bernier, chef du Parti populaire du Canada
Des gens assis dans une salle écoutent un discours de Maxime Bernier.Environ 300 personnes ont participé au rassemblement partisan du Parti populaire du Canada, à Québec, le 6 décembre 2018. Photo : Radio-Canada / Philippe-Vincent Foisy

Rassemblement à Québec

Une curieuse qui n’a pas voulu s’identifier s’est d’ailleurs rendue au rassemblement qu’il tenait jeudi à Québec après l’avoir entendu à la radio.

Environ 300 personnes se sont entassées dans une salle de conférence d’un hôtel de Québec : des curieux, des membres de la première heure et des conservateurs qui ont changé d’allégeance. Plusieurs personnes sont debout.

Mario Miskovic s’est rendu au rassemblement « surtout pour le changement » que Maxime Bernier incarne.

« Je suis surtout intéressé par ses promesses de baisser les impôts », affirme ce Croate qui vit à Québec.

De son côté, Jacques Gagné parle d’un « nouveau réveil politique ». Son espoir est encore de battre Justin Trudeau à la prochaine élection, mais il ne croit pas que le chef conservateur Andrew Scheer y arrivera.

« J’avais la peur de la division au début, mais maintenant je pense qu’il va changer la donne et on a le temps », explique-t-il.

L’immigration est un des thèmes qui est presque sur toutes les lèvres lors des rassemblements. Plusieurs participants soutiennent la promesse de Maxime Bernier de réduire les seuils d’immigration à 250 000 par année.

Ils sont nombreux, et pas seulement au rassemblement de Québec, à s’opposer à la signature par le Canada du Pacte mondial pour les migrations.

« Il se tient debout face à l’ONU », expliquait Georges Massad qui arborait fièrement sa casquette noire Make America Great Again, il y a quelques jours lors d'un rassemblement à Gatineau.

« Il faut préserver les valeurs de la civilisation occidentale », disait Duetim Akhidime, un résident permanent canadien d’origine nigériane, dans un rassemblement à Winnipeg.

« Il faut être plus agressif par rapport à la défense de nos valeurs », avançait Jared Van Beveren, 34 ans, à Winnipeg.

Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, porte un micro-cravate et accorde une entrevue.Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier Photo : Radio-Canada / Virginie Gagnon-Leduc

Un parti à bâtir

Au total, Maxime Bernier se vante d’avoir recruté plus de 33 000 membres en sept semaines. Le PPC compte aussi près de 300 associations de circonscription sur 338 au pays. C’est la première étape avant de trouver des candidats.

C’est une étape cruciale pour nous d’avoir des candidats dans tous les comtés. C’est crucial d’avoir des députés partout au pays pour pouvoir participer au débat des chefs. C’est important de participer au débat pour avoir cette visibilité.

Maxime Bernier

Le chef reconnaît qu’un autre de ses défis sera de s’assurer que son parti ne soit pas représenté par des candidats « indésirables ».

Dans les prochaines semaines, son parti analysera le représentant de chaque association afin de vérifier leurs antécédents ou leur passé numérique.

« Nos associations sont temporaires et ne sont pas approuvées par le parti ni Élection Canada, affirme-t-il. On va dépenser beaucoup d’argent pour faire ces recherches-là. »

Où trace-t-il sa limite? « Les propos racistes, répond-il. On a le risque d’attirer ces gens-là, parce qu’on est le seul parti à prôner un seuil d’immigration plus bas. »

D’importants défis

Maxime Bernier assure qu’il présentera des candidats dans les prochaines élections partielles qui devraient être déclenchées au début de l’année prochaine dans Outremont, York-Simcoe et Burnaby-Sud.

Selon l’analyste en sondage à CBC, Éric Grenier, ces trois élections donneront une bonne idée de ce que le PPC peut accomplir.

« Ce ne sont pas des comtés très bons pour Maxime Bernier, mais il y en a un au Québec, un en Ontario et un en Colombie-Britannique, explique M. Grenier. On va avoir une indication de ses appuis au pays. »

Parce que Maxime Bernier n’a pas besoin de beaucoup de votes pour faire mal aux conservateurs d’Andrew Scheer, quelques points de pourcentage dans une circonscription serrée suffiront.

Thierry Giasson, professeur de sciences politiques à l'Université Laval, croit lui aussi que l’impact réel de son parti sera « probablement d’empêcher les conservateurs de former le prochain gouvernement ».

M. Giasson juge que, pour l’instant, « les conditions ne sont pas toutes réunies » pour que le PPC fasse des gains majeurs.

Une victoire éclatante serait que Maxime Bernier gagne chez lui [dans Beauce] et peut-être deux autres circonscriptions.

Thierry Giasson, professeur en sciences politiques de l'Université Laval

Maxime Bernier prévoit être à Ottawa quelques jours par semaine au cours des prochains mois et poursuivre sa tournée dans le reste du pays.

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