•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

29 ans après Polytechnique, des femmes lancent un appel à l’action à Ottawa

Des gens au milieu d'un rassemblement. Ils tiennent des chandelle et des fleurs.
Plus d'une centaine de personnes étaient réunies au parc Minto, à Ottawa, pour commémorer la tuerie survenue en 1989 à l'École polytechnique de Montréal. Photo: Radio-Canada / Dereck Doherty
Radio-Canada

« Il faut que ça change ». Voilà le message que les quelque 125 personnes réunies au parc Minto, à Ottawa, ont voulu transmettre, tant aux décideurs qu'à toute la population, face à la violence faite aux femmes.

Un texte de Dereck Doherty

Ce qui se voulait être une commémoration du 29e anniversaire du massacre de l’École polytechnique de Montréal est devenu un rassemblement où des gens de tous âges et de toutes origines ont manifesté leur désir que toutes les couches de la société passent à l’action pour prévenir toute forme de violence envers les femmes.

Parmi les orateurs, Holly Campbell, du regroupement Because Wilno, qui commémore la tragédie survenue dans cette communauté ontarienne en 2015, a établi un plan d’action en trois points : selon elle, seuls la compassion, la solidarité et le leadership permettront d’endiguer le phénomène.

Après des décennies de travail et de militantisme acharnés, nous devons poser des gestes concrets et faire preuve de solidarité, a-t-elle fait valoir, ajoutant que la violence faite aux femmes n’est qu’un symptôme d’autres problèmes, comme l’accès au logement abordable qui est problématique à Ottawa, selon elle.

Du progrès attendu

Ally Crockford, une organisatrice de l’événement, était ravie de voir l'engouement des gens pour la cause. Dans le contexte des dernières années, les gens qui militent pour la cause depuis des décennies se lèvent pour dire ''nous avons besoin de votre aide, ce n’est pas un mouvement solitaire'', a-t-elle dit.

Elle s’attend à ce que la population, mais aussi la classe politique d’Ottawa, sorte en force l’an prochain pour souligner les 30 ans de la tragédie. Elle espère que du progrès sera fait d’ici là pour améliorer le sort des femmes en situation de vulnérabilité.

Une femme lit un texte devant un micro.Une succession de bénévoles ont nommé, les unes après les autres, des femmes qui sont mortes des suites d'actes de violence. Photo : Radio-Canada / Dereck Doherty

« Nous sommes tous visés »

En fin de cérémonie, une partie des gens assemblés sont allés déposer des fleurs sur le monument commémorant les femmes qui ont subi de la violence aux mains des hommes.

L’une d’entre elles, Kristine Castanos, a soutenu être choquée qu’après près de trente ans, la situation ait peu évolué pour les femmes. Ça doit cesser maintenant, a-t-elle dit, ajoutant que toutes les femmes qu’elle connaît ont été, de près ou de loin, victimes de violence.

Kristine Castanos pose pour la caméra.Kristine Castanos a soutenu être choquée du fait qu’après près de trente ans, la situation ait peu évolué. Photo : Radio-Canada / Dereck Doherty

On doit travailler ensemble et consacrer des ressources pour que la violence envers les femmes cesse. On doit contacter nos députés et les autres décideurs, on doit leur dire qu’il faut apporter des changements, a lancé Mme Castanos.

Jeff Brohman, lui aussi présent pour la commémoration, a souhaité pour sa part profiter de son statut privilégié d’homme blanc pour conscientiser ses pairs afin qu’ils n’adoptent plus ce genre de comportement inacceptable.

M. Brohman a confié avoir été à de nombreuses reprises témoin d’actes violents dont les femmes étaient la cible. C’est dégoûtant, ça doit arrêter maintenant, a-t-il conclu.

Ottawa-Gatineau

Société