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Un employé de Delastek pénalisé en raison de son implication syndicale

Bâtisse extérieure dans la neige
L'entreprise Delastek est située à Shawinigan. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le Tribunal administratif du travail (TAT) donne raison à un employé de Delastek à Shawinigan. Le machiniste s'est plaint d'avoir été rétrogradé à un poste inférieur en raison de ses activités syndicales quelques semaines après son retour dans l'usine à la suite d'un conflit de travail qui a duré trois ans.

En mars 2018, Éric Lajeunesse réintègre l’unique poste de machiniste syndiqué de Delastek, une entreprise de conception et de fabrication de pièces destinées à l’industrie aéronautique.

Quelques semaines plus tard, il est rétrogradé au poste de lamineur et il voit son salaire diminuer de 4 $ l’heure.

Delastek parle d’un bris de confiance envers l’employé à la suite du non-respect d’une directive pour justifier cette décision.

Comment expliquer que le lien de confiance est rompu alors que le demandeur occupe un poste de machiniste depuis 2007 et qu’il était désigné par l’employeur comme formateur et chef d’équipe avant la grève?

extrait du jugement
PancartesPancartes des employés en grève de l'enteprise Delastek, à Shawinigan, le 20 juin 2017 Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Il s’agit là de l’une des nombreuses questions qui demeurent sans réponse à la lumière des explications de l’employeur, selon la juge administrative Nancy St-Laurent.

Elle qualifie les explications de l’employeur de douteuses. Ces explications la laissent perplexe et elle conclut que la rétrogradation du demandeur constitue une riposte à ses activités syndicales, peut-on lire dans le jugement.

Le Tribunal administratif du travail a donc ordonné à Delastek de réintégrer Éric Lajeunesse dans son emploi de machiniste avec tous ses droits et privilèges dans les huit jours suivant la présente décision.

L’entreprise doit aussi verser à l’employé, à titre d’indemnité, l’équivalent du salaire et des autres avantages dont il a été privé lors de la rétrogradation.

Retour au travail difficile

En mars 2018, après trois ans de grève, le retour au travail est difficile pour Éric Lajeunesse qui croit que des mesures de représailles et sanctions disciplinaires lui sont imposées en raison de ses activités syndicales, lit-on dans le jugement rendu le 22 novembre.

Il dépose alors trois plaintes pour contester différentes mesures : évaluations quotidiennes, propos inappropriés de cadres, avis disciplinaire, suspension d’une journée et rétrogradation.

Une seule des trois plaintes a été rejetée parce que l’employeur n’a pas été en mesure de justifier sa décision.

Le syndicat prend acte du jugement, selon le porte-parole, Luc Deschênes, qui n’a pas souhaité commenter davantage.

Joint au téléphone, le président de Delastek, Claude Lessard, affirme qu’il n’a pas l’intention d’en appeler du jugement.

Sa priorité est d’avoir un bon climat de travail à l’intérieur de l’usine, mentionne-t-il.

Mauricie et Centre du Québec

Relations de travail