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Commission Viens : le SPVM soutient qu’il n’y a pas de « réponse simple » à la surjudiciarisation des Autochtones

Une femme témoigne lors d'une commission d'enquête.
Caroline Cournoyer, inspectrice de la Section prévention et sécurité urbaine du SPVM, a témoigné à la Commission Viens. Photo: Radio-Canada / Capture d'écran
Radio-Canada

L'inspectrice de la Section prévention et sécurité urbaine du SPVM, Caroline Cournoyer, a témoigné pendant plusieurs heures jeudi à la Commission sur les relations entre les autochtones et certains services publics. Il a notamment été question de surjudiciarisation, de la formation aux réalités autochtones et du lien de confiance brisé entre les policiers et les Premières Nations.

Un texte de Thomas Deshaies

Le procureur de la commission d’enquête, Paul Crépeau, a cherché à savoir s’il y avait une réelle volonté du SPVM à éviter la surjudiciarisaiton des itinérants à Montréal, dont une forte proportion est issue des premiers peuples.

Il a exposé un cas où une personne en situation d’itinérance a cumulé plus de 20 000 $ d’amendes en lien avec des infractions aux règlements municipaux, notamment concernant l’occupation des lieux publics.

Lorsqu’on devient policier, on ne rêve pas de donner des constats à une personne vulnérable, a répondu l’inspectrice Caroline Cournoyer.

Par contre, le policier a le devoir d’appliquer les règlements municipaux, les lois. Et à Montréal, c’est notamment d’utiliser le mobilier urbain.

Caroline Cournoyer

Elle a toutefois expliqué qu’il y avait actuellement des réflexions sur le sujet à la Ville de Montréal et que certains postes de quartier tenteraient d’ajuster leur approche.

Une formation sur les réalités autochtones écartée

Mme Cournoyer a aussi dû s’expliquer sur sa décision de rejeter une formation, d’une durée de 7 heures et 30 minutes, sur les réalités autochtones et qui avait été préparée par un collectif composé d’organismes œuvrant auprès des communautés autochtones. Une formation qui avait pourtant été commandée par le SPVM.

Ce rejet et l’imposition d’une autre formation avaient fait réagir les organismes. Il faut que les policiers soient sur la route, [cette exigence] vient du ministère de la Sécurité publique, a-t-elle expliqué, tout en précisant que l’ensemble des formations de perfectionnement devaient pouvoir cadrer sur une période de 8 heures et 30 minutes.

Des explications ont aussi été demandées sur les stratégies de recrutement des policiers autochtones. Il y en aurait 26 à Montréal, soit 0,6 % des effectifs totaux. Me Crépeau a insisté sur l’importance pour les services publics de se questionner sur ses relations avec les premiers peuples à Montréal, puisqu’il s’agit du plus grand village autochtone du Québec, avec environ 35 000 citoyens autochtones.

L’inspectrice renvoie la balle aux organismes autochtones

Invitée à formuler des recommandations à la commission d’enquête, Caroline Cournoyer a souligné que les organismes autochtones devraient aussi faire leur part quant à l’amélioration du « lien de confiance ».

Quelles sont les actions faites notamment par les organismes autochtones pour raviver le lien de confiance des citoyens par rapport à leur perception des policiers?

Caroline Cournoyer, inspectrice au SPVM

Est-ce qu’il y a des actions qui sont faites dans les communautés pour dire que les policiers font aussi un bon travail? Ça va peut-être les porter à appliquer, a-t-elle souligné.

Elle a aussi lancé un appel à la prudence concernant la justice alternative, afin que les policiers puissent toujours « avoir accès à des outils » pour intervenir.

Un appel à la sortie de l’extractivisme

Des personnes reconnues pour leur implication dans les milieux autochtones ont été invitées à exposer leurs réflexions sur le thème de la réconciliation.

Le cinéaste abitibien Serge Bordeleau a notamment critiqué le sensationnalisme parfois présent dans les médias, ce qui l’a amené à vouloir montrer les Autochtones sous un autre jour. J’ai décidé de montrer des aspects positifs parce qu’ils n’avaient pas besoin de plus de presse négative, puis les gens qui vivent de leur culture, même si ce n’est pas parfait, ils ont toujours bien le mérite de vivre leur culture, a-t-il affirmé.

Je ne crois pas que la réconciliation peut venir des structures coloniales qui sont à l’origine de cette violence.

Gabriel Luneau

Le militant Gabriel Luneau en est quant à lui allé d’une critique bien sentie du capitalisme. Je crois que si on remet notre mode de vie en question, le capitalisme extractivisme, ça reste très superficiel de parler de réconciliation quand le mode de vie qu’on a actuellement repose sur le fait même de tasser les peuples qui se servent du territoire et vivent dessus, s’est-il exclamé.

Abitibi–Témiscamingue

Autochtones