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Avortement : Ottawa recule dans le dossier d'Emplois d'été Canada

Patty Hajdu, ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et du Travail.
Patty Hajdu, ministre de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre et du Travail Photo: La Presse canadienne / Adrian Wyld
Radio-Canada

Le libellé controversé du programme Emplois d'été Canada, qui exigeait que les organisations bénéficiaires se déclarent en faveur du droit à l'avortement afin d'obtenir des subventions, a été modifié pour apaiser la colère à la fois des groupes confessionnels et des militants pro-choix, qui avaient dénoncé la formulation adoptée par Ottawa l'an dernier.

Les libéraux ont réécrit le texte du programme pour 2019, exigeant maintenant que les employeurs s'engagent à ne pas enfreindre les droits des Canadiens. Le programme offre des subventions pour les salaires liés aux emplois d'été afin d'encourager les petites entreprises et les organismes à but non lucratif à embaucher des jeunes en quête d'une première expérience de travail.

Le libellé de la précédente mouture du programme demandait aux employeurs de promettre que ni le mandat de leur organisation ni les emplois subventionnés ne constituaient une menace pour les droits constitutionnels, de la personne et reproductifs. Avec l'ajout de ce libellé, le nombre de refus a été 12 fois plus important : un seul des 63 groupes considérés comme problématiques par les organismes pro-choix a reçu une subvention.

Plusieurs organisations confessionnelles n'ont pas voulu signer la déclaration ou ont proposé une autre formulation, parce qu'elles avaient l'impression que d'affirmer qu'elles soutenaient les droits reproductifs tels qu'ils sont présentement définis par le droit canadien allait à l'encontre de leurs croyances.

La ministre du Travail, Patty Hajdu, affirme que le changement apporté à la suite de consultations informelles au cours des derniers mois devrait dissiper les inquiétudes des groupes confessionnels qui ont exprimé leur indignation face aux exigences de l'année dernière.

« Ils estimaient qu'il s'agissait de leurs valeurs et de leurs croyances, et non des emplois et des performances des élèves dans des rôles particuliers, et nous avons pris cela à cœur », a déclaré Mme Hajdu.

Nous avons travaillé pour nous assurer de faire ce que nous avions l'intention de faire, c'est-à-dire défendre les droits des Canadiens, mais aussi travailler en étroite collaboration avec les groupes confessionnels et d'autres groupes afin qu'ils puissent voir comment ils pourraient eux-mêmes s'intégrer à ce programme.

La ministre du Travail, Patty Hajdu

Selon Joyce Arthur, directrice générale de la Coalition pour le droit à l'avortement au Canada, la plus récente version du programme réussit à atteindre le même objectif : assurer que les organisations qui sont contre les droits de la personne, comme les groupes antiavortement, ne seront pas admissibles aux subventions, tout en apaisant les inquiétudes des groupes religieux et des églises.

« Il s'agit d'un programme sur les emplois de qualité pour les adolescents, alors nous ne devrions en aucun cas leur demander de faire un travail qui les mettrait dans une situation où ils seraient en mesure de saper ou de restreindre les droits des autres », a dit Mme Hajdu.

Élargissement du programme

Ce changement est l'une des nombreuses modifications apportées à ce populaire programme qui devait être présenté jeudi aux députés. Les employeurs peuvent commencer à présenter leur demande plus tard ce mois-ci.

Le programme sera désormais ouvert à tous les jeunes de 15 à 30 ans, qu'ils soient étudiants ou non.

« C'est un excellent programme d'emploi pour les jeunes. Ils gagnent de l'argent, ils acquièrent cette expérience, mais nous voulons nous assurer qu'il en résulte une expérience de qualité », a dit la ministre.

Avec les informations de La Presse canadienne

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