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Un policier accusé d’avoir tabassé un itinérant subit son procès

Photo de Patrice Simard avec un oeil au beurre noire.
Une photo de Patrice Simard présentée au procès du policier Gary Basso. Photo: Radio-Canada / Elizabeth Chiu
Radio-Canada

À Halifax, le policier Gary Basso, accusé de voies de fait sur Patrice Simard, subit son procès.

L'agent Basso est membre de la Police régionale d’Halifax, en Nouvelle-Écosse. Il est aussi accusé d’avoir falsifié des rapports de police.

La présumée victime, Patrice Simard, n’a pu retenir ses larmes mercredi lorsqu’il a dû visionner en Cour provinciale une vidéo où on le voit être frappé au visage à l’extérieur d’un refuge pour sans-abris d’Halifax.

L’agression se serait produite le 25 février 2018, près du refuge Metro Turning Point.

Gary Basso dans le couloir de la cour provinciale à Halifax le 5 décembre 2018.Le policier Gary Basso arrive à son procès le 5 décembre à Halifax. Sa présumée victime, Patrice Simard, est en arrière-plan au bout du corridor. Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

La vidéo montre un agent de police sortir d’une auto-patrouille et s’approcher de Patrice Simard, assis à l’extérieur sur une caisse de lait.

Après une conversation avec M. Simard, le policier enfile ses gants et semble agripper l’épaule de l’homme et le sac à dos de celui-ci.

Alors que M. Simard est à genoux, on voit sur la séquence le policier qui fait un mouvement de bras et frappe M. Simard au visage. Ce dernier s’affaisse ensuite lourdement.

L’Équipe d'intervention en cas d'incident grave de la Nouvelle-Écosse, qui a enquêté sur l’affaire, allègue que le policier Gary Basso a frappé Patrice Simard au visage et lui a cassé le nez.

Au cours de son témoignage qui s’est déroulé en français, M. Simard a dit avoir demandé au policier Gary Basso de l’amener au poste de police et de le placer dans une cellule dite « de dégrisement ». Il affirme qu’il avait peur de rester dehors toute la nuit dans le froid. Les responsables du refuge pour sans-abri venaient de lui demander de quitter les lieux, car il avait consommé de l’alcool.

À la procureure Sylvia Domaradzki, M. Simard a affirmé que le policier Basso lui aurait répondu que le poste de police n’était pas un hôtel.

Patrice Simard dans les corridors du palais de justice la journée de son témoignage le 5 décembre 2018 à Halifax.Patrice Simard (à gauche), a témoigné au procès du policier Gary Basso. Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

M. Simard dit se rappeler s’être trouvé au sol, menotté. L’homme de 55 ans a réitéré à plusieurs reprises durant son témoignage n’avoir presque aucun souvenir de ce qui s’est passé entre le moment de l’incident et celui où il s’est réveillé, en détention, le lendemain.

Il dit avoir quitté le poste de police avec un mal de tête puis s’être rendu dans un boisé. Il s’y est construit un abri, affirme-t-il, et y est resté quatre jours avant de retourner au refuge Metro Turning Point pour y récupérer des effets personnels. Souffrant toujours de maux de tête, ce serait après ces quatre jours qu’il se serait rendu à l’hôpital, où on a constaté qu’il avait le nez cassé.

Contre-interrogatoire

Sur la vidéo, on aperçoit M. Simard étirer un bras pendant un bref instant alors qu’il est à genoux. L’avocat de l’accusé, James Giacomantonio, soutient qu’il s’agit d’une preuve que M. Simard a tenté le premier de frapper le policier.

Lors du contre-interrogatoire, l’avocat a demandé pourquoi il aurait dit à l’agent Basso Je suis désolé de cela, et a suggéré qu’il présentait des excuses pour l’avoir frappé à la jambe.

L’avocat Giacomantonio a également présenté une vidéo où la présumée victime a une conversation avec un policier d’Halifax parlant français, et dans laquelle il demande à celui-ci de transmettre ses excuses à l’agent Basso.

M. Simard a dit ne pas se souvenir de cette conversation et croit s’être excusé pour être coopératif avec les policiers.

À genoux, frapper un agent de police, ça n’a aucun sens, a ajouté M. Simard.

Gary Basso est présentement suspendu de la Police régionale d'Halifax, mais il continue de percevoir un salaire.

Nouvelle-Écosse

Justice et faits divers