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Un organisme non autorisé sollicite des dons pendant La grande guignolée des médias

Une boîte de récolte de dons de La guignolée des médias.
Il y a 11 points de collecte à Sherbrooke. Photo: Radio-Canada / Jonathan Ebacher
Radio-Canada

Les policiers sont intervenus jeudi matin à l'angle de la rue Notre-Dame et de l'avenue De Lorimier pour déloger les représentants d'un organisme qui profitaient de La grande guignolée des médias pour amasser de l'argent, mais sans y être affiliés et sans autorisation. L'organisation en question a été au centre d'une polémique dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve à cause de ses affiliations passées avec un groupe d'évangélisation.

Un texte de Anne-Marie Provost

La Maison nouvel horizon avait fait parler d’elle, il y a deux ans, en raison de ses liens avec Missionnaire au Québec, qui organisait des missions et qui a publié sur son site Internet des propos homophobes et anti-avortement. À l’époque, la Société de développement commerciale d’Hochelaga-Maisonneuve avait coupé ses liens avec la Maison nouvel horizon, qui vient en aide aux plus démunis.

Depuis, l’organisme dit s’être dissocié de Missionnaire au Québec, dont le site Internet n’est plus en ligne. Dans le registre des entreprises du Québec, la Maison nouvel horizon a été enregistrée sous ce nom et sous celui de Missionnaire au Québec. En 2016, à la suite des événements, le nom de Missionnaire au Québec a été retiré.

« On continue notre petit bonhomme de chemin, ça fait 35 ans qu’on aide les familles. Nous sommes strictement communautaires, socials [sic]. II n’y a aucune question de religion, on ne parle pas de ça et ce n’est pas le but », a assuré la présidente, Manon Sévigny, en entrevue avec Radio-Canada.

Mais leur présence a soulevé des questions chez certains citoyens. C’est le cas de Catherine Bureau, qui faisait du covoiturage et qui connaît bien la guignolée. Alors qu’elle donnait son argent à une représentante de la Maison nouvel horizon sans le savoir, l’apparence de la boîte pour récolter les dons lui a mis la puce à l’oreille.

« Ce n’était pas une boîte de la grande guignolée, c’était plus une boîte de carton avec du papier d’emballage », raconte-t-elle. Elle rapporte que la femme lui a assuré faire partie de la grande guignolée. Mme Bureau a tenté d’en savoir plus, sans succès, à cause du feu de circulation qui est passé au vert.

« Je ne sais pas du tout c’était qui, je ne sais pas où va l’argent et je ne sais pas s'ils ont le droit d’être là. Ça crée un peu un sentiment d’être dupés », lance-t-elle.

Les représentants officiels de La grande guignolée des médias portent plutôt un dossard beige avec des bandes réfléchissantes plus foncées. Le logo de la guignolée est bien visible et ils utilisent un contenant en bois vert et rouge pour récolter les dons.

Près de 3000 $ de dons amassés

Les représentants de la Maison nouvel horizon ont amassé entre 2500 et 3000 $ avant de se faire demander de quitter les lieux par les policiers. La présidente assure que l’argent servira à de bonnes causes.

« On va le partager avec le Cap Saint-Barnabé, qui sont en grosse difficulté financière cette année. Ils ont 400 familles et ils n’ont rien. L’autre partie sera donnée au Chic Resto Pop, qui ont besoin de fonds pour finaliser les paniers de nourriture », explique Manon Sévigny.

Elle s’est d’ailleurs dite surprise de l’intervention des policiers jeudi matin. Depuis huit ans, l’organisme profite de la notoriété de La grande guignolée des médias pour se faire connaître et recueillir de l’argent pour venir en aide aux personnes en difficulté. Les policiers n'avaient jamais dérangé les représentants de cet organisme auparavant.

Mais pour solliciter des dons, il faut une autorisation, et c’est pour cette raison que les policiers du poste de quartier 22 du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) sont intervenus.

« Des intersections étaient ciblées pour que les bénévoles puissent faire de la sollicitation. Dans leur patrouille, les policiers ont remarqué qu’à l’intersection Notre-Dame et De Lorimier, des gens étaient présents, alors qu’il n’était pas supposé y avoir de la sollicitation. Ils ont été très coopératifs avec les policiers, ils ne semblaient pas au courant », raconte le relationniste du SPVM, Manuel Couture.

La Maison nouvel horizon compte réviser ses façons de faire l’année prochaine.

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