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Les pêches commerciales menacent la survie des oiseaux marins

Des fous de Bassan

Des fous de Bassan

Photo : iStockphoto

Radio-Canada

La pêche industrielle a fait chuter de façon importante la nourriture disponible pour les oiseaux marins un peu partout dans le monde, ce qui menace la survie de plusieurs espèces.

Un texte de Martin Toulgoat.

C’est la conclusion d'une étude menée par un groupe de chercheurs canadiens, écossais, français, et sud-africains, publiée dans la revue scientifique Current biology.

Ils se sont penchés sur la période entre 1970 et 2010, s’intéressant à 276 espèces, ce qui représente 85 % de la population d’oiseaux marins mondiale.

Pendant cette période, la population mondiale d’oiseaux a décliné, par contre les pêcheries ont continué à prendre des volumes de plus en plus importants de ressources marines. En fait, l’étau des pêcheries se resserre sur les oiseaux marins.

David Grémillet, directeur de recherche au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier
David Grémillet est directeur de recherche au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier

David Grémillet est directeur de recherche au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Les chercheurs ont ainsi analysé qu’annuellement, durant 40 ans, les captures des différentes pêcheries à travers le monde sont passées de 59 à 65 millions de tonnes métriques par an, alors que durant la même période, le garde-manger des oiseaux marins a chuté de 70 à 57 millions de tonnes métriques.

L’étude démontre que les pêcheries créent une pression sur les petits poissons pélagiques, comme les sardines, les anchois ou les calmars.

Quand on pense aux petits poissons pélagiques, qui sont souvent capturés par les pêcheries, non pas pour nourrir des humains, mais pour faire des farines de poissons, donc non seulement c’est un non-sens économique et écologique et en plus, dans plein de zones, ça prend de la nourriture qui serait utile pour des populations d’oiseaux marins vulnérables.

David Grémillet, directeur de recherche au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive de Montpellier
Les fous de Bassan de l'île Bonaventure constituent la plus importante colonie de l'Amérique du Nord.

Les fous de Bassan de l'île Bonaventure constituent la plus importante colonie de l'Amérique du Nord.

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Menace pour les fous de Bassan?

Cette étude a démontré que l’espèce la plus menacée demeure le manchot du Cap, en Afrique du Sud, qui se nourrit de sardines, mais le groupe de chercheurs a aussi constaté la fragilité des fous de Bassan qui s'alimentent dans l’Atlantique Nord au large de la Bretagne.

Des fous de Bassan qui s’alimentent, comme en Gaspésie, de maquereau.

 En Bretagne, on a une situation miroir de ce que vous avez au large des côtes canadiennes, donc on a une pression de pêche très forte sur les poissons pélagiques, dans ce cas-ci les maquereaux, et de manière inquiétante, on a aussi des fous de Bassan, en Bretagne, qui se portent de moins en moins bien et qui ont de plus en plus de difficulté à se trouver de la nourriture, conclue David Grémillet.

Le chercheur nuance toutefois que les pêches ne sont pas les seules responsables du déclin de certaines espèces de poissons pélagiques.

Par contre, combinés avec les effets des changements climatiques et la présence de polluants, ça fait des oiseaux marins le groupe d’oiseaux le plus menacé, à ses yeux.

Cette étude a été réalisée conjointement par l’Université de Montpellier, l’Université d’Aberdeen, en Écosse, l’Université de Cape Town, en Afrique du Sud et par l’Université de la Colombie-Britannique, à Vancouver.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Industrie des pêches