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Violences sexuelles : les centres d'aide déplorent le retard d’un financement provincial

Une femme fait face à un poing.
En Ontario, les centres d'aide et de lutte contre les agressions sexuelles déplorent le retard d'une aide promise par l'ancien gouvernement. Photo: iStock
Radio-Canada

Les 42 centres d’aide et de lutte contre les agressions sexuelles de l'Ontario attendent depuis plus de six mois un financement qui leur avait été promis par l’ancien gouvernement de Kathleen Wynne. Mais depuis l’arrivée des conservateurs au pouvoir, les contacts avec le ministère du Procureur général se sont réduits et beaucoup de centres craignent que leur financement ne soit annulé.

Un texte de Justine Cohendet

Nous nous attendions à recevoir cet argent, mais il n’est jamais arrivé, déplore Deborah Dika, la directrice générale de Centr'Elles, le centre d’aide et de lutte contre les agressions sexuelles de Thunder Bay.

Elle explique avoir reçu, en mai dernier, une lettre de l’ancien procureur général du gouvernement de Kathleen Wynne leur confirmant un financement additionnel, promis deux mois plus tôt.

Mais comme tous les centres que Radio-Canada a contactés, celui que dirige Deborah Dika n’a jamais reçu la somme qui lui avait été allouée.

Depuis le mouvement #moiaussi, son centre, dit-elle, doit faire face à une augmentation du nombre de consultations.

Avec l’argent du gouvernement, elle avait prévu embaucher une nouvelle employée, mais elle a finalement dû arrêter le processus de sélection.

Portrait de Deborah Dika. La directrice du centre pour femmes de Thunder Bay, Deborah Dika, a dû annuler l'embauche d'une nouvelle employée en l'absence de financement additionnel de la part du gouvernement. Photo : Courtoisie Deborah Dika.

En l’absence d’embauche de personnel, nous allons peut-être devoir mettre en place une liste d’attente à compter du 1er janvier.

Deborah Dika, directrice générale de Centr'Elles, à Thunder Bay

Julie Béchard, la directrice du Centre Passerelle pour femmes du nord de l'Ontario, à Timmins, abonde dans le même sens. Depuis un an, elle a observé une augmentation des demandes d’aide.

Les dénonciations ont eu un impact sur notre centre, notamment sur les demandes de services directs demandés par les femmes, mais aussi sur d’autres secteurs qui nous appellent maintenant pour venir parler de la violence faite aux femmes, explique-t-elle.

Des salaires faibles

Comme la directrice du centre de Thunder Bay, Julie Béchard déplore les retards dans le versement de la somme promise par l’ancien gouvernement. Elle aurait notamment aimé augmenter les salaires de ses employés, qui, affirme-t-elle, sont parmi les plus bas du secteur.

Une entrée en fonction représenterait un peu moins de 37 000 $ par année. Dans le secteur de la santé mentale, une employée de première ligne pourrait facilement s’attendre à gagner un salaire de 50 000 $, avance-t-elle à titre de comparaison.

Selon elle, ces salaires peu élevés engendrent une forte rotation des membres de son personnel, qui partent pour un emploi mieux rémunéré après quelques années.

J’ai vraiment peur de la suite, je ne suis pas sûre de ce que [Doug Ford] va faire, et le fait de n’avoir aucune réponse à nos questions rend les choses vraiment difficiles, s’inquiète Deborah Dika, à Thunder Bay.

Climat d'incertitude

Plusieurs directrices déplorent le climat d’incertitude dans lequel les plonge le gouvernement Ford.

Gaëtane Pharand lors d'une conférence de presse. Gaëtane Pharand s'inquiète du climat d'incertitude dans lequel est plongé le centre Victoria pour femmes qu'elle dirige. Photo : Radio-Canada / Joël Ashak

Je pense qu’on était dans un contexte très ouvert, très intéressé, mais depuis le changement de gouvernement, on est incertaines, on a soif d’information pour savoir si on va pouvoir poursuivre le travail, raconte Gaëtane Pharand, la directrice générale du Centre Victoria pour femmes, à Sudbury.

Interrogé à ce sujet, le ministère du Procureur général a refusé notre demande d’entrevue. Dans un courriel, il nous a dit qu’il était en train de revoir tous les programmes d’aide aux victimes de violence sexuelle pour s’assurer que ceux-ci répondent bien à leurs besoins.

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