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  • Confidences de grands disparus de 2018

    Dans un studio de radio, Line Bourgeois discute avec France Gall.
    L'animatrice Line Bourgeois en entrevue avec la chanteuse française France Gall en 1969. Photo: Radio-Canada / Francis J. Menten

    Rendons hommage à quelques personnalités publiques qui nous ont quittés en 2018. Nous vous proposons six entrevues d'exception tirées de nos archives pour réentendre les voix de France Gall, Paul Bocuse, Maurane, Carmen Campagne, Lise Payette et Johanne Fontaine.

    France Gall

    La chanteuse française France Gall est décédée le 7 janvier 2018.

    À l’automne 1977, la chanteuse française était de passage au Québec pour faire la promotion de son album Disco Dancing. À l’émission radio La vie quotidienne du 4 octobre 1977, elle se livrait en toute humilité à l’animatrice Andréanne Lafond.

    Dans cette entrevue, France Gall parle de ses débuts dans le métier, de l’influence de son père et de l’étiquette de jeune fille qu’elle a dû un jour casser. Elle décrit les chansons de Gainsbourg comme un « lourd manteau » à porter.

    J'ai fait une grande partie de ce métier au début complètement dans l'inconscience.

    France Gall

    Durant deux, trois années, la chanteuse s’est retirée de la scène. Elle revient sur cette période, puis s’exprime sur sa rencontre avec le parolier Michel Berger.

    Un jour, je suis tombée sur le disque de quelqu’un. C’était le premier album de Michel Berger. Et cette personne-là m’a donné envie de chanter, de recommencer. J’ai voulu rencontrer cette personne et puis voilà! Je l’ai épousé maintenant et tout est bien qui finit bien!

    France Gall

    Paul Bocuse

    Le maître cuisinier français Paul Bocuse s’est éteint le 20 janvier 2018 à son auberge familiale de Collonges-au-Mont-d'Or, dans la région de Lyon.

    Il y a trente ans, le journaliste Richard Salesses se rendait à Lyon afin de rencontrer le chef cuisinier Paul Bocuse. Le long entretien est diffusé à l’émission radio Trajets et recherches du 6 mai 1988.

    À cette époque, Paul Bocuse a déjà reçu de nombreuses distinctions et décorations. Il a aussi publié quelques ouvrages de recettes. Dans cette entrevue, il partage son bagage et sa vision de la profession.

    On y apprend que Paul Bocuse n’a jamais apprécié l’école, à part peut-être le calcul. Issu d’une famille de restaurateurs de père en fils depuis 1765, il connaissait son destin.

    Paul Bocuse revient sur les premières années de sa carrière et rend hommage à son mentor, Fernand Point.

    Vous savez, à cette époque-là, on mangeait les fraises quand les fraises étaient là et on mangeait les pommes quand elles étaient là. Aujourd’hui, on veut de tout et toute l’année. Je crois que pour moi la cuisine, c’est la cuisine de la saison, la cuisine de la région. C’est ça pour moi la cuisine, la vraie cuisine.

    Paul Bocuse

    Le maître cuisinier partage son attachement pour la région de Lyon « bénie des dieux » et son marché qu’il fréquente tous les jours en matinée.

    Il n’a pas peur de l’étiquette de traditionaliste. « La cuisine de la France sans du beurre et de la crème, ce n’est pas la peine d’habiter la France! » déclare-t-il.

    Paul Bocuse parle longuement de sa profession. Il insiste sur l’importance de la tenue du chef cuisinier, au même titre que l’ordre et l’hospitalité.

    Il décrit sa brigade en cuisine comme l’équipage d’un voilier travaillant ensemble pour éblouir les passagers qui embarquent peut-être pour un premier voyage.

    Son désir de léguer un art se manifeste tout au long de l’entrevue.

    Vous savez, moi je pense que ce qui compte dans la vie d’un homme, c’est de savoir si on aura transmis. Parce que si on a pu transmettre, si moi j’ai [Fernand] Point qui m’a transmis, si mon père m’a transmis, si le compagnon charpentier transmet, on est sûr que notre métier va continuer. Je crois que c’est ça la plus belle chose de notre vie. C’est de pouvoir transmettre à des jeunes et que demain la cuisine française rayonne encore dans le monde.

    Paul Bocuse

    Maurane

    L’auteure-compositrice-interprète belge Maurane a été retrouvée morte à son domicile le 7 mai 2018.

    La chanteuse belge est fréquemment venue nous visiter de ce côté-ci de l’Atlantique. Le 25 juillet 2001, l’animatrice Anne-Marie Dussault la recevait à l’émission radio Beau temps, mauvais temps dans le cadre des Francofolies de Montréal.

    L’entrevue retrace son parcours singulier, du chant dans les rues aux grandes salles. Maurane confie entre autres avoir couru les autographes du temps de Michel Fugain et le Big Bazar!

    Elle évoque la maternité qui ponctue le rythme de sa carrière, la nourrit et soulève de nombreuses préoccupations.

    « Je pense que notre planète bleue a perdu beaucoup de son bleu originel », exprime-t-elle. « Je pense que non seulement il faut qu’on se pose des questions, mais que tout le monde devrait se demander comment utiliser son énergie différemment pour que les choses bougent. »

    Maurane ne croit pas que l’on vive de l’expérience des autres. À ses enfants, elle souhaite néanmoins transmettre le goût de la vie.

    Ce qu’on a en soi, il faut vraiment s’en servir. Il ne faut pas en avoir peur. Il faut s’en servir à bon escient et profiter de l’énergie qu’on a, du potentiel qu’on a et peut-être du talent et des dons qu’on a pour avancer.

    Maurane

    Carmen Campagne

    L’auteure-compositrice-interprète Carmen Campagne est décédée des suites d’un cancer le 4 juillet 2018.

    Originaire de la Saskatchewan, la chanteuse pour enfants a connu dans les années 90 un grand succès d'un bout à l'autre du pays et à l’international à travers la francophonie.

    Le 13 septembre 1995, à l’émission radio Bonjour l’ambiance, l’animateur Jacques Bertrand s’entretenait avec elle.

    Carmen Campagne vient alors de faire paraître son disque Une vache en Alaska, assorti d’une vidéocassette intitulé Un bon chocolat chaud, une première au Canada.

    Qui n’a pas déjà entendu le refrain « Pas capable de tirer ma vache »? La chanteuse fransaskoise se trouve au sommet de sa carrière.

    Sa tournée de spectacles l’amène dans une trentaine de villes au Québec et en Ontario.

    Son but premier : Que toute la famille écoute et aime les disques de Carmen Campagne.

    Si sa musique rejoint d’abord un public de 0 à 8 ans, la chanteuse confie recevoir fréquemment des témoignages de parents qui apprécient ses compositions.

    Il est aussi question de ses influences musicales durant sa jeunesse à la ferme familiale de Willow Bunch.

    Avec son frère et ses sœurs, Carmen Campagne a d’ailleurs fondé le groupe Folle Avoine, renommé plus tard Hart-Rouge. Une aventure qu’elle a abandonnée à la fin des années 80 pour se consacrer à l’enseignement.

    L’institutrice prenait plaisir à chanter dans la salle de classe. La maternité l’a ensuite orientée vers une carrière de chanteuse pour enfants.

    Je chantais des berceuses pour mon bébé, pour Stéphane, qui était tout petit. Je trouvais qu’il y avait un manque de berceuses, alors j’ai commencé à en composer. Et puis c’est comme ça que tout a commencé.

    Carmen Campagne

    Lise Payette

    Figure du féminisme et de la politique au Québec, Lise Payette s’est éteinte le 5 septembre 2018.

    Le 1er octobre 1992, dans une ambiance mêlant admiration et complicité, l’animatrice Marie-France Bazzo la recevait à son émission radio Et quoi encore!.

    Lise Payette se confie sur sa grande timidité, qu’elle a combattue par la parole publique.

    « Qu’est devenue cette petite souris que j’ai connue à Paris », lui aurait un jour demandé la journaliste Judith Jasmin à l’émission Appelez-moi Lise.

    À travers l’écriture, l’animation, la politique ou son engagement social, Lise Payette voit une constance : la communication.

    « Je fais une seule chose depuis que j’ai vingt ans, c’est essayer de communiquer avec les gens », affirme-t-elle.

    Un métier qu’elle exerce dans le plus grand plaisir, mais aussi avec beaucoup de cran.

    Je passe toujours tout droit. Je n’en demande pas tant. Je n’ai jamais voulu tout ce qui m’a été accordé. Je fonce par timidité et j’atteins beaucoup plus que le but que je m’étais fixé.

    Lise Payette

    Bien que certaines de ses actions lui rebondissent au visage, la communicatrice affirme ne pas pouvoir rester en place. « Et puis après, c’est comme ça qu’on apprend! » déclare-t-elle. Seule l’histoire des Yvette la hante encore.

    À 61 ans, c’est la peur de manquer de temps qui la rattrape pourtant. Lise Payette mentionne la multitude de projets qui l’animent, mais aussi son rôle auprès de sa petite-fille Flavie.

    Avec elle, j’essaie d’accélérer, j’essaie de donner beaucoup. On est très très copines. On se téléphone tous les jours et elle me raconte plein de choses. On s’aime, je crois. Je donnerais n’importe quoi maintenant pour m’acheter dix ans ou quinze ans pour la voir grandir.

    Lise Payette

    En 2013, Flavie Payette-Renouf a coréalisé le documentaire Lise Payette : Un peu plus haut, un peu plus loin sur sa grand-mère.


    Johanne Fontaine

    La comédienne Johanne Fontaine a été emportée par un cancer le 11 octobre 2018. Un combat de près de dix ans qu’elle avait choisi de médiatiser.

    Il y a un an, le 22 janvier 2018, Johanne Fontaine accordait une entrevue à l’émission radio Médium large.

    Décrite comme « l’image de la résilience » par l’animatrice Catherine Perrin, la comédienne traverse une quatrième récidive de cancer. Les médecins lui donnent encore quelques mois à vivre.

    Moi, est-ce que je me sens en train de mourir? Quand vous me regardez, est-ce vous trouvez vraiment que j’ai l’air d’une personne mourante?

    Johanne Fontaine

    Celle qui est devenue coach de vie et conférencière expose sa philosophie de vie et sa façon d'être complètement vivante en aidant les autres.

    Johanne Fontaine souhaite vivre pleinement jusqu’au dernier moment.

    « J’ai tellement pleuré à la fin de la première journée de tournage. De joie. D’être là. », confie-t-elle sur son plus récent rôle dans la série télévisée L’Imposteur.

    C’est ça qui est intéressant du fait de peut-être mourir, c'est que tu te dis : il me reste peut-être un mois et demi ou deux à vivre, quelques mois. Qui j’ai le goût d’être?

    Johanne Fontaine

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