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L'ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt obtient sa libération conditionnelle

Photo: La Presse canadienne / Ryan Remiorz
Radio-Canada

Condamné à près de six ans de prison pour fraude, l'ancien maire de Laval Gilles Vaillancourt a obtenu sa libération conditionnelle, jeudi, après avoir purgé le tiers de sa peine.

Dans sa décision, la Commission des libérations conditionnelles du Canada écrit qu'elle « n'a d'autre choix » que de lui accorder la libération conditionnelle.

« La Commission est convaincue qu'il n'existe pas de motifs raisonnables de croire que, si la libération conditionnelle totale est ordonnée, vous commettrez une infraction accompagnée de violence avant l'expiration de votre peine », peut-on lire dans le document de six pages.

On ne sait pas encore quand exactement cette libération prendra effet, ou si elle s'applique immédiatement.

Entouré des siens, l'homme de 77 ans devra toutefois respecter plusieurs conditions, soit :

  • Fournir toute l'information financière requise pour satisfaire son surveillant de libération conditionnelle;
  • Ne pas s'impliquer dans des activités rémunérées ou bénévoles en lien avec le milieu de la politique;
  • Ne pas être responsable d'investissements ou de questions financières (y compris toutes activités boursières) pour une autre personne, une entreprise, une oeuvre de charité ou une institution, que ce soit contre rémunération ou à titre de bénévole.

« Ces conditions seront en vigueur pour toute la durée de votre libération conditionnelle totale puisqu'elles sont en lien avec vos facteurs de risque », précise la Commission, ajoutant que le non-respect de ces conditions pourrait mener à une révision du dossier.

Gilles Vaillancourt bénéficiait déjà d'une semi-liberté, accordée au sixième de sa peine, en novembre 2017. Il résidait depuis dans un centre résidentiel communautaire et devait effectuer des travaux communautaires.

Selon les informations de la Commission, Gilles Vaillancourt aurait adopté dans la dernière année un « comportement conformiste », se montrant même « poli, ouvert, transparent et volubile dans [ses] interactions avec les intervenants ».

Elle souligne toutefois que l'ancien maire continuait à « banaliser et minimiser » ses gestes, selon le rapport des intervenants. « À ce jour, votre introspection et votre responsabilisation demeurent limitées en ce qui a trait aux conséquences sociétales de vos gestes », écrit-elle.

La chute

Maire de Laval pendant 23 ans, Gilles Vaillancourt avait été arrêté par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) en mai 2013 avec plusieurs grosses pointures de la municipalité dans le cadre du projet « Honorer ».

Cette opération, rappelle la Commission, « a permis de démontrer l'existence d'un système de collusion et de corruption dans l'adjudication des contrats publics à la Ville de Laval ».

Après plus de trois ans de procédures judiciaires, l'ex-maire a été incarcéré le 1er décembre 2016 après avoir plaidé coupable à des chefs réduits de complot, d'abus de confiance et de fraude, évitant ainsi l'accusation de gangstérisme, la plus grave du lot.

Une peine de 5 ans, 11 mois et 15 jours de prison lui a été imposée deux semaines plus tard, à l'issue des recommandations sur la peine.

La cour l'avait également obligé à rembourser 8,5 millions de dollars subtilisés aux contribuables, somme qui a depuis servi à la création du fonds Place-du-Souvenir, présenté l'an dernier par le maire Marc Demers comme un « levier d’intervention auprès des jeunes enfants et adolescents de 0 à 17 ans issus de milieux défavorisés ».

Avec les informations de La Presse canadienne

Justice et faits divers