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Portrait de quatre « héros » de la communauté noire de Windsor-Essex

Une parade de fierté noire
Les célébrations du jour de l'émancipation ont amené des dizaines de milliers de Canadiens et d'Américains au parc Jackson à Windsor le 31 juillet 1950. Photo: Windsor Star, 1950
Radio-Canada

La disparition supposée cette semaine d’une murale présentant des portraits de leaders historiques noirs de la communauté a sensibilisé la population à l'héritage afro-canadien de la région. Découvrez quatre de ces personnes qui ont vécu à Windsor-Essex, des années 1800 à la fin des années 1900.

Un texte de Floriane Bonneville


Mary Ann Shadd Cary : la première éditrice de journal au Canada

Une photo, très vieille, d'une femme noireMary Ann Shadd Cary, October 9, 1823 – June 5, 1893 Photo : Archives nationales du Canada, C-029977

Elle a été la première femme noire à être propriétaire et éditrice d'un journal en Amérique du Nord, ainsi que la toute première à le faire au Canada.

Irene Davis Moore, présidente de la Société de recherche historique sur les noirs du comté d'Essex

Mary Ann Shadd Cary était une personne si fascinante, souligne la présidente de la Société de recherche historique sur les noirs du comté d’Essex, Irene Moore Davis.

Elle est venue à Windsor afin d’aider les réfugiés de l’esclavage qui arrivaient au Canada et a ensuite fondé le journal The Provincial Freeman, distribué à Windsor.

La première professeure noire de la ville a aussi érigé la première école pour les Noirs de Windsor, là où se tient maintenant l’hôtel de ville, affirme la présidente.

Mme Davis Moore ajoute aussi qu’elle est une descendante de Mary Ann Shadd Cary, comme bien d’autres le sont d’ailleurs à Windsor.


Elijah McCoy : le génie des trains

Un homme sur une ancienne photoElijah McCoy, 2 mai 1844 - 10 octobre 1929 Photo : Encyclopédie canadienne

Elijah McCoy est né à Colchester dans le comté d’Essex de parents noirs qui étaient eux-mêmes des esclaves dans l’état du Kentucky, aux États-Unis. Sa mère, Millie, était toujours recherchée par la police lorsqu’elle s’est réfugiée au Canada.

Il a reçu sa formation en tant qu’ingénieur mécanique, mais il ne pouvait pas trouver de travail dans cette profession à cause du racisme qu’il subissait, dit Mme Davis Moore.

L’homme a alors dû se trouver un petit boulot sur les opérations du chemin de fer, où il a remarqué qu’il était dangereux que les moteurs des trains ne soient pas lubrifiés automatiquement.

Il a donc créé un gobelet de lubrification qui a révolutionné l’industrie ferroviaire, selon Mme Moore Davis.

Au courant de sa vie, l’homme a accumulé 57 brevets à son nom, explique la présidente de la société de recherche.

D’ailleurs, Mme Davis Moore explique que l’expression populaire the real McCoy vient des fidèles acheteurs du gobelet, qui l’utilisaient en voulant s’assurer de recevoir le véritable produit construit par l’inventeur de Windsor.

Pendant toute l’année et tout particulièrement au mois de décembre, la communauté célèbre l’ingénieur : une exposition est présentement tenue à la bibliothèque de Windsor.


Isaac Riley : l'esclave devenu riche

La photo d'un homme, une photo très vieilleIsaac Riley, octobre 1853 - 8 juillet 1926 Photo : Musée Buxton

Isaac Riley est particulier, car il a puisé dans ses talents d'agriculteur acquis sur les champs lorsqu'il était esclave pour en faire une activité prospère, raconte la présidente de la société de recherche.

D'esclave au Missouri, il est devenu le premier homme noir assez aisé pour s'acheter une terre au Canada.

Irene Davis Moore, présidente de la Société de recherche historique sur les noirs du comté d'Essex

Sa famille et lui ont déménagé au Nebraska par la suite, où ils ont continué de prospérer.


Walter Perry : Monsieur Émancipation

Une vieille photoWalter Perry, 1899 - 1967 Photo : Charlotte Bronté Perry, 15 mai 1967

Walter Perry a organisé l’une des parades les plus prisées en Amérique du Nord, le August 1 program, selon le livre The Long Road : A History of the Coloured Canadian in Windsor, Ontario - 1867-1967, écrit par Charlotte Bronté Perry et publié en 1967.

Dans son livre, Mme Perry écrit que l’événement en question était organisé en mémoire de la libération des esclaves de couleur, accordée en 1833 par l’Empire britannique.

On le surnommait Monsieur Émancipation, car tous ont été marqués par son festival de quatre jours, qu’il a tenu tous les ans pendant 10 ans.

Des personnalités aussi connues qu’Eleonore Roosevelt et Martin Luther King Jr. ont été des invités d’honneur à l’événement appelé le plus grand festival du monde.


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