•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une pétrolière dénonce un système d'oléoduc « dysfonctionnel »

Un pipeline.
Le vice-président de Canadian Natural Resources Ltée, Steve Laut, considère que « certains joueurs » abusent du système du pipeline au moment où l’industrie fait face à une crise. Photo: Associated Press / Dale G. Young
Radio-Canada

Canadian Natural Resources Ltée (CNRL) dénonce le système « dysfonctionnel » du plus grand réseau de pipeline au Canada. Selon l'entreprise pétrolière, c'est ce qui entraîne, entre autres, la réduction de ses dépenses d'investissement pour 2019 d'environ un milliard de dollars comparativement à l'an dernier.

Le vice-président de Canadian Natural Resources Ltée, Steve Laut, considère que « certains joueurs » abusent du système du pipeline au moment où l’industrie fait face à une crise.

Le pipeline Mainline d’Enbridge relie Edmonton à Sarnia, en Ontario, et au Midwest américain. À l'inverse de la plupart des pipelines, qui attribuent des espaces en fonction de contrats à long terme, le réseau principal d'Enbridge divise les espaces tous les mois.

Certaines pétrolières réservent plus de capacité dans l’oléoduc que ce dont elles ont besoin, selon Canadian Natural Resources Ltée. Le terme « barils d’air » sert ainsi à définir cet espace non utilisé dans les pipelines lorsque des acteurs de l’industrie en réserve plus que nécessaire.

Le manque actuel d’accès au marché et le processus dysfonctionnel de répartition de l’espace dans les pipelines créent des obstacles pour l’industrie

Steve Laut, Canadian Natural Resources Ltée

Comme la compétition est féroce entre les pétrolières ces jours-ci pour acheminer le pétrole par pipeline vers les marchés, l’espace disponible dans les oléoducs est en surréservation. Conséquemment, les compagnies de pipeline doivent restreindre la répartition d’espace entre les producteurs.

C’est pourquoi ces dernières réservent souvent plus de place que nécessaire, car advenant les coupes d’espace, elles seront tout de même capables d’acheminer leur produit.

« Nous pensons que c’est inacceptable si le processus de réservation d'espace de pipeline a pour conséquence que des producteurs voient leur pétrole retourné inutilement », a dit le porte-parole du gouvernement albertain Mike McKinnon.

« Nous menons une discussion avec les compagnies pour trouver une solution à ce problème », dit-il.

L'entreprise Enbridge, propriétaire du plus grand réseau de pipeline au pays, a expliqué par courriel à CBC News qu’elle travaille avec ses clients et le gouvernement provincial pour que l’espace dans ses pipelines soit maximisé. Mais, selon l’entreprise « le réseau est essentiellement plein ».

Il n’y a pas de gain à faire en modifiant les procédures de vérification de la répartition et de l'approvisionnement

Tracie Kenyon, porte-parole d'Enbridge

Selon la porte-parole, le processus d'Enbridge pour répartir l’espace dans ses pipelines se base sur des consultations avec les clients et des procédures réglementaires « justes ».

L'augmentation de la production pétrolière conjuguée au manque de pipelines pour l’acheminer vers les marchés mondiaux a créé un surplus d’or noir dans l'Ouest canadien. Cette surabondance, entre autres, est à l’origine de la chute du prix du brut albertain.

D’autres entreprises ont partagé les mêmes préoccupations que CNRL au sujet de la répartition de la capacité de transport par pipeline.

Avec des informations de Kyle Bakx et Tony Seskus de CBC News

Alberta

Industrie pétrolière