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La nouvelle vie de maestro Jacques Lacombe en France

Jacques Lacombe de côté qui dirige des chanteurs
Jacques Lacombe est originaire du secteur Cap-de-la-Madeleine, à Trois-Rivières Photo: Radio-Canada / Josée Duchame
Radio-Canada

Le maestro de renommée internationale Jacques Lacombe entame une nouvelle page de sa carrière. Douze ans après avoir été le visage de l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières (OSTR), il vient de prendre la direction musicale et artistique de l'Orchestre symphonique de Mulhouse, en France. Il nous ouvre la porte de sa nouvelle réalité.

Un texte de Marilyn Marceau

Jacques Lacombe nous donne rendez-vous au café de l’Opéra national du Rhin, à Strasbourg. Il y entame une série de spectacles avec l’orchestre de Mulhouse, située à une heure de train de là.

Le chef d’orchestre originaire de Trois-Rivières nous rencontre juste avant de continuer les répétitions où il dirige non pas des musiciens, mais des chanteurs d’opéra. Même dans ce rôle, dans lequel on n’est pas habitué de le voir, l’homme est très à l’aise.

Jacques Lacombe qui parle devant 4 personnesJacques Lacombe passe aisément du français à l'anglais pour donner des consignes à la chanteuse d'opéra (au centre) originaire de l'Angleterre. Photo : Radio-Canada / Josée Duchame

Le maestro nous explique avec enthousiasme qu’il prépare l’opéra de Barkouf ou un chien au pouvoir. Le 7 décembre, c’est la première fois que cet opéra de Jacques Offenbach sera joué depuis 1860.

Durant la pratique, le chef d’orchestre chante la partie des choeurs. Donne des conseils aux chanteurs et ajuste les partitions. La pratique a commencé à 9 h 30 et se termine à 20 h. Durant ces longues heures, Jacques Lacombe reste patient, concentré et passionné.

Jacques Lacombe de côté qui bouge les brasJacques Lacombe doit faire des étirements et des exercices pour garder ses bras en forme. Photo : Radio-Canada / Josée Duchame

La réputation de Jacques Lacombe n’est plus à faire. Ces dernières années, il a dirigé les plus prestigieux orchestres et il continue de le faire, comme chef d’orchestre invité.

Cette saison, je serai aussi à Berlin, Nancy et Prague également. C’est beaucoup de voyages, mais de belles rencontres aussi. Des rencontres facilitées par le fait qu’il parle couramment quatre langues.

Jacques Lacombe de dos, la tête tournée et qui sourit.Jacques Lacombe adore son métier. Photo : Radio-Canada / Josée Duchame

À quoi ressemble la vie de Jacques Lacombe dans l’est de la France? Il passe beaucoup de temps à pratiquer son métier, ce qui est loin d’être un fardeau pour lui.

Je n’ai pas beaucoup de temps libre, en fait, parce que mon travail est aussi ma passion.

Amateur de cuisine, il aime aussi aller au restaurant pour déguster les spécialités alsaciennes. Il reste aussi très branché sur les nouvelles du Québec.

J’aime la lecture aussi, je me tiens bien informé. Je suis un abonné des balados essentiellement de Radio-Canada. Je me tiens très très au courant de ce qui se passe chez nous au Québec.

Le reste du temps, c’est aussi l’étude de partitions, c’est quand même de longues journées. Physiquement, il faut se garder en forme, donc j’essaie aussi de faire un peu de gym.

Jacques Lacombe et Léa Moisan-Perrier penchés sur des partitions qui se trouvent sur le pianoLéa Moisan-Perrier, de Montréal, accompagne Jacques Lacombe pour cet opéra. Elle le remplace durant les répétitions où il doit s'abstenter. Photo : Radio-Canada / Josée Duchame

Le chef d’orchestre prend bien soin de garder la forme, nécessaire dans son métier.

Pour parler en termes de hockey, ce sont des blessures au haut du corps! J’ai une sensibilité à mon bras droit, qui est très sollicité, et à l’épaule. Il faut que je fasse des étirements, que je sois assez discipliné.

On ne rajeunit pas, il faut faire attention, mais ça va, dans l’ensemble la machine tient bien le coup encore, ajoute-t-il.

Jacques Lacombe accoté sur un piano, aux côtés de toute l'équipe de l'opéraJacques Lacombe fait de longues journées de travail. Photo : Radio-Canada / Josée Duchame

D’ailleurs, pas question pour le maestro âgé dans la cinquantaine de parler de retraite.

Les chefs d’orchestre, ça meurt sur le podium!, dit-il en riant.

On dit que les chefs d’orchestre, c’est comme le vin, ça s’améliore en vieillissant, donc je dois avoir encore de la place à l’amélioration!

Il affirme qu’il continuera à diriger des orchestres, tant qu’il aura la santé pour le faire. “J’ai quand même la chance de faire un super beau métier, partout dans le monde, donc je n’ai aucun plan de m’arrêter bientôt.”

De Trois-Rivières à Mulhouse

Jacques Lacombe avait d’abord annoncé qu’il prenait une année sabbatique de l’OSTR, en raison de son horaire chargé sur la scène internationale.

Il a finalement choisi de faire le saut outre-mer, après avoir monté la programmation pour 2018-2019 et contacté des chefs invités qui dirigeront l’orchestre. Je suis très attaché à l’orchestre, mais je suis en paix avec la décision d’avoir quitté l’OSTR, dit-il.

Il se réjouit notamment de pouvoir travailler avec un orchestre plus permanent, avec qui il pourra passer plus d’heures de répétitions qu’à l’OSTR.

Au niveau programmation, ça permet une autre approche, beaucoup plus de latitude. Il affirme d’ailleurs qu’il reçoit un bel accueil à Mulhouse. J’apporte une certaine originalité au niveau de la programmation, dit-il. Je sens que c’est très apprécié du public et des musiciens aussi. Je pense que pour tout le monde c’est assez stimulant ce qu’il se passe.

Il explique qu’un des défis des orchestres au Québec, comme ceux de Trois-Rivières, c'est qu'ils ont moins de stabilité financière qu’en France. Pour chaque projet, la direction doit trouver du financement.

C’est une forme d’art qui, qu’on le veuille ou non, qui coûte cher. C’est normal, c’est partout comme ça. Donc c’est le grand défi pour les orchestres, les organismes culturels chez nous d’arriver à trouver le financement, dans une période où la tarte ne grandit pas, donc les pointes de tartes deviennent de plus en plus difficiles.

Mauricie et Centre du Québec

Musique