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Sextage : augmentation des plaintes impliquant des mineurs à l’ouest du Grand Sudbury

Les mains d'une femme tiennent un téléphone cellulaire.
Les images signalées à la PPO de l'ouest de Sudbury circulent surtout sur Snapchat où les captures d’écran permettent de conserver le contenu diffusé, même éphémère. Photo: iStock/Getty Images
Radio-Canada

La Police provinciale de l'Ontario s'inquiète d'une augmentation notable de cas impliquant des adolescents de la petite communauté d'Espanola, à l'ouest du Grand Sudbury dans le partage de photographies et de vidéos à caractère sexuel sur les réseaux sociaux.

Un texte de Maud Cucchi

Une douzaine de plaintes de sextage concernant des adolescents ont été déposées à la PPO à Espanola et sur l'île Manitoulin depuis la rentrée scolaire.

La police observe une recrudescence de ces plaintes déposées par des adultes en septembre et octobre 2018.

Elles concernent l’envoi et la réception de matériel audiovisuel sexuellement explicite entre adolescents, comme des vidéos dénudées ou des photographies de parties intimes, via Internet et les messageries de cellulaires.

Les images signalées circulent surtout sur Snapchat et sur d’autres applications de messagerie sociale où les captures d’écran permettent de conserver les images diffusées, même de façon éphémère.

Des adolescentes qui textent sur leur cellulaire.Selon la PPO, les victimes sont surtout des adolescentes entre 14 et 17 ans. Elles partagent des photos ou des vidéos d’elles dénudées dans le cadre d’une relation amoureuse, croyant qu’elles ne seront jamais diffusées publiquement. Photo : CBC

Une pratique en hausse

La policière Marie Ford replace cette augmentation régionale dans un phénomène de plus en plus répandu de sextage chez les adolescents.

Elle constate que le dépôt d’une plainte peut encourager d’autres victimes mineures à se confier à un adulte et remarque que ce sont principalement les parents et le personnel scolaire qui entament les démarches administratives auprès de la police.

L’envoi, la possession et la production de photos ou de vidéos de mineurs à caractère sexuel sont illégaux et passibles de poursuites criminelles, explique-t-elle.

Les victimes sont surtout des adolescentes entre 14 et 17 ans. Elles partagent des photos ou des vidéos d’elles dénudées dans le cadre d’une relation amoureuse, en pensant qu’elles resteront dans un cadre intime. Quand la relation prend fin, ces photos peuvent devenir un argument de chantage.

Marie Ford, policière dans l'ouest de Sudbury

Aucun cas d’extorsion n’a été recensé à Espanola, ni sur l'île Manitoulin.

Des enquêtes sont en cours.

Des outils de prévention

Une campagne de prévention sur les risques liés au sextage se poursuit dans les écoles.

Elle aide les mineurs à assurer leur sécurité sur Internet.

Initiée par la PPO, elle vise surtout à désamorcer l’embarras que pourraient éprouver les adolescents en dévoilant aux adultes leurs pratiques en ligne.

Les parents aussi sont concernés par la prévention; nombre d’entre eux ne savent pas ce que peuvent faire leurs enfants sur les réseaux sociaux.

Marie Ford, policière

Stephen Sauer, directeur du site d’aide en ligne Cyberaide.ca, confirme que les jeunes victimes qui demandent de l’aide sont majoritairement des filles (75%), âgées de 15 à 17 ans.

Cyberaide.ca offre des ressources en ligne pour outiller les jeunes à faire face à des situations de sextage.

Il reçoit en moyenne sept demandes d’assistance hebdomadaires venant directement de jeunes en crise à la suite du partage d’une photo intime.

Une jeune fille devant un écran. Selon les policiers, les jeunes internautes ne sont pas forcément conscients qu’ils peuvent être enregistrés lorsqu’ils utilisent la vidéo par messagerie instantanée et être l’objet de chantage ou d’intimidation par la suite. Photo : CBC

Nous voyons de plus en plus de situations impliquant des plus jeunes, souvent à partir de 12 ans, dès qu’ils ont accès à un cellulaire.

Stephen Sauer, directeur du site Cybertip.ca

La demande principale des usagers mineurs acteurs et victimes de ces pratiques concerne le retrait de leurs images d’Internet.

« Dans le cas des grands fournisseurs, comme Facebook, le retrait est assez rapide, quelques heures au plus », précise M. Sauer.

Ce dernier insiste sur le fait que les jeunes internautes ne sont pas forcément conscients qu’ils sont enregistrés lorsqu’ils utilisent la vidéo par messagerie instantanée.

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