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Des manifestants arrêtés lors du G7 intentent des poursuites

Arrestation d'un individu lors d'une manifestation anti-G7.
Arrestation d'un individu lors d'une manifestation anti-G7 Photo: Radio-Canada / Maxime Corneau
Radio-Canada

Des manifestants arrêtés pendant le Sommet du G7 s'adressent à la division des petites créances de la Cour du Québec pour obtenir un dédommagement. Ils estiment avoir été arrêtés et détenus injustement.

Un texte de Yannick Bergeron

Deux résidents de Québec réclament chacun 15 000 $ en dommages moraux et punitifs à la Ville de Québec et au ministère de la Sécurité publique.

Dans un communiqué transmis aux médias, le « Comité des arrêté.e.s du G7 » indique que d'autres manifestants vont faire de même.

Six personnes arrêtées lors du sommet doivent subir un procès au mois de mars.

Nous considérons que nos droits fondamentaux, garantis par les chartes canadienne et québécoise, ont été bafoués à plusieurs reprises.

Extrait du communiqué du Comité des arrêté.e.s du G7

Lynda Forgue, 63 ans, fait partie des personnes arrêtées qui s'adressent à la division des petites créances.

La femme est entourée de policiers dans le quartier Saint-Jean-Baptiste.Lynda Forgues, lors de son arrestation Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

La fonctionnaire au ministère de l'Éducation soutient dans sa requête avoir été prise en souricière dans le quartier Saint-Jean-Baptiste le 8 juin avant d'être arrêtée pour attroupement illégal.

Elle participait alors à une troisième manifestation depuis le début du Sommet.

Dans sa requête, elle se plaint de s'être vu refuser de l'eau avant d'être placée, menottée, dans une voiture en plein soleil, portières et fenêtres fermées.

Elle se serait également vu retirer ses lunettes pendant une longue période, lui causant des maux de tête.

Dans sa poursuite, Lynda Forgues affirme aussi avoir dû attendre jusqu'au souper pour manger, ayant été arrêtée à l'heure du dîner.

« Tasse la viande »

Devant le sandwich à la dinde qui leur était proposé, Mme Forgues et une autre personne arrêtées ont dit à un policier qu'elles étaient végétariennes.

L'agent leur aurait répondu : « Tasse la viande », selon le document déposé au greffe de la Cour par Lynda Forgues.

Elle affirme aussi avoir eu froid en prison et que des policières ont délibérément « frott[é] le grillage de la porte de la cellule avec quelque chose de dur, en faisant du bruit » toutes les demi-heures pour l'empêcher de dormir.

Marc-André Chapados a aussi déposé une réclamation à la suite de son arrestation lors de la première manifestation en marge du G7, près du parc des Braves.

Accusé de menaces pour une photo publiée sur le réseau social Twitter, il soutient que son droit à la liberté d'expression a été violé.

« Son arrestation est survenue à cause d'une publication de type troll [...] publication qui ne se voulait pas du tout une menace », prétend Chapados dans sa requête.

Un manifestant est arrêté pendant la manifestation dans le secteur de la Grande Allée. Un manifestant est arrêté pendant la manifestation dans le secteur de la Grande Allée. Photo : Radio-Canada

Menottes trop serrées

Il adresse entre autres des reproches à la suite de son transfert de la centrale de police du parc Victoria vers la prison d'Orsainville.

« Le demandeur remarque que le trajet se fait sans ceinture de sécurité, ce qui lui cause du stress, vu les craintes d'accident », peut-on lire dans sa poursuite.

Il affirme aussi avoir subi des blessures lors de son arrestation, puisque les menottes de type attache autobloquante (tie wrap) avaient été installées « bien trop serrées ».

Les requêtes des manifestants comportent des similitudes. Dans les deux cas, on peut y lire que les arrestations et la judiciarisation « ne semblent servir qu'à justifier une grande dépense de centaines de millions de dollars en sécurité ».

Au moment d'écrire ces lignes, le Comité des arrêté.e.s du G7 n'avait pas répondu à notre demande d'entrevue.

Québec

Procès et poursuites