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L’assiette des Québécois n’est pas plus santé qu’il y a 15 ans

Deux fourchettes représentant la malbouffe vs les aliments frais
Seulement 24 % des répondants atteignent la cible recommandée pour les fruits et les légumes. Photo: wildpixel
Radio-Canada

Malgré la popularité des émissions et des livres culinaires et les nombreuses campagnes d'information soulignant l'importance de saines habitudes alimentaires, l'alimentation des Québécois ne s'est pas améliorée au cours des 15 dernières années.

En fait, une étude dirigée par des chercheurs de l’Université Laval révèle que l'indice de qualité de l'alimentation des Québécois, qui reflète la qualité globale des choix alimentaires par rapport aux recommandations du Guide alimentaire canadien, s'établit à 55 %.

Ce score est inférieur à celui de la moyenne canadienne mesurée en 2004, soit 59 %.

Les données de cette recherche ont été recueillies entre août 2015 et avril 2017. Les 1147 participants de cinq régions du Québec ont eu à remplir à trois reprises un questionnaire en ligne mesurant la consommation d’aliments et de boissons au cours des 24 heures précédentes.

Les chercheurs ont ensuite comparé les données recueillies aux recommandations du Guide alimentaire canadien.

Quelques faits :

  • Seulement 24 % des répondants atteignent la cible recommandée pour les fruits et les légumes.
  • À peine 12 % consomment suffisamment de produits céréaliers de grains entiers.
  • Seulement 39 % font une place suffisante aux produits laitiers ou à leurs équivalents.
  • 81 % des répondants consomment plus de sel que la limite prescrite.
  • 74 % des répondants ont un apport en gras saturés qui dépasse la limite quotidienne recommandée.

Les lunettes roses des Québécois

Une enquête menée préalablement par les chercheurs a montré que les Québécois ne sont pas conscients de leurs mauvaises habitudes alimentaires.

  • 75 % des répondants ont estimé que leur alimentation est bonne, très bonne ou excellente.
  • 25 % la jugent passable ou mauvaise.

On observe donc que les gens auraient tendance à surestimer la qualité de leur alimentation.

Benoît Lamarche, responsable de l’étude

La sensibilisation ne fonctionne pas

Le Pr Benoît Lamarche, de l’École de nutrition de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation (FSAA) de l’Université Laval, estime que les campagnes d’information qui visent à changer les comportements alimentaires n'ont pas produit de résultats.

Il faut diversifier les approches, notamment en s'attaquant aux environnements alimentaires. Des changements qui faciliteraient l’accès à des aliments sains dans certaines communautés plus vulnérables pourraient favoriser l'adoption de comportements alimentaires meilleurs pour la santé.

Benoît Lamarche

Cette hypothèse sera mise à l’épreuve avec la création de NutriQuébec dans quelques mois, un projet qui permettra de suivre plusieurs dizaines de milliers de personnes afin de connaître l'évolution de leurs choix alimentaires pendant plusieurs années.

Ce projet a été créé dans le cadre de la Politique gouvernementale de prévention en santé du gouvernement du Québec.

Nous pourrons ainsi mesurer les répercussions de mesures gouvernementales, par exemple la mise en place possible d'une taxe sur le sucre, sur les choix alimentaires des Québécois.

Benoît Lamarche

Des chercheurs de l'Université de Sherbrooke, de l'UQTR et de l'Université de Montréal ont également participé à cette recherche.

Le détail de cette étude est publié dans le Journal canadien de cardiologie (Nouvelle fenêtre) (en anglais)

Santé

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