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Polytechnique, 29 ans plus tard

Les dignitaires sont debouts, dehors, sous la neige qui tombe.
Le premier ministre Justin Trudeau, au centre, son épouse Sophie Grégoire Trudeau, à sa droite, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, le premier ministre du Québec François Legault et son épouse Isabelle Brais ont participé, jeudi, à la vigile en l'honneur des victimes de l'attaque perpétrée le 6 décembre 1989 à Polytechnique. Photo: La Presse canadienne / Ryan Remiorz
Radio-Canada

Sous une légère neige sur le mont Royal, élus, familles et proches de victimes, militants et étudiants ont observé dans le recueillement, jeudi soir, l'apparition de faisceaux lumineux à la mémoire des jeunes femmes mortes dans la tuerie de l'École polytechnique de Montréal.

Le 6 décembre 1989, treize étudiantes et une employée de Polytechnique ont trouvé la mort sous les balles du tireur Marc Lépine, qui a ensuite retourné l'arme contre lui.

Pour une cinquième année, la cérémonie commémorative a eu lieu au belvédère Kondiaronk. Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, ainsi que son homologue du Québec, François Legault, étaient présents. Des membres des familles des victimes ont également pris la parole.

Le ciel de la métropole s'est ensuite illuminé de 14 faisceaux, allumés un à la fois à quelques secondes d'intervalle, pour chacune des femmes assassinées – une création du studio montréalais Moment Factory.

Quatorze lignes de lumière s'élançant vers le ciel à partir du belvédère Kondiaronk.Des faisceaux lumineux ont fait leur apparition sur le mont Royal jeudi soir, peu après 17 h. Photo : Ville de Montréal

Un peu plus tôt dans la journée, une minute de silence a été observée à la Chambre des communes, tandis qu'à l'Assemblée nationale les drapeaux ont été mis en berne.

Les élus, la tête baissée, au Parlement canadien.Une minute de silence a été respectée par les parlementaires canadiens, jeudi, en hommage aux victimes de la tuerie de Polytechnique. Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Des gerbes de roses blanches ont également été déposées par l'administration et des étudiants de Polytechnique devant la plaque commémorative dédiée aux quatorze femmes. La mémoire des victimes de cette tragédie, de même que celle des femmes autochtones assassinées ou disparues et de toutes les femmes victimes de violence, a aussi été honorée jeudi midi au square Cabot, à Montréal.

Des roses devant un monument en granit Une gerbe de roses blanches est déposée devant la plaque commémorative dédiée aux quatorze victimes de la tuerie de Polytechnique Photo : Radio-Canada

« J’étais là quand c’est arrivé », se souvient la présidente du conseil d’administration de la Corporation de l’École polytechnique de Montréal, Michèle Thibodeau-Deguire. « Alors, tu repenses à ces jeunes et tu te demandes où elles seraient rendues aujourd’hui. »

Elles auraient 50 ans. Elles seraient sûrement parmi les leaders de notre société.

Michèle Thibodeau-Deguire, présidente du conseil d’administration de la Corporation de l’École polytechnique de Montréal

« Elles ont eu le courage de venir étudier à Polytechnique, poursuit Mme Thibodeau-Deguire. À l’époque, il n’y en avait pas tant que ça. Quand je repense à ça, ça me fait de quoi. »

Les PM prennent la parole

Le premier ministre du Québec, François Legault, a lui aussi rappelé l'importance de l'égalité entre les hommes et les femmes en cette Journée nationale de commémoration et d'action contre la violence faite aux femmes.

Lors d'un discours à l'Assemblée nationale, M. Legault a déclaré que depuis cet événement tragique, « on n'a pas le droit de prendre la violence contre les femmes à la légère ».

« On n'a pas le droit de faire de l'égalité entre les hommes et les femmes une question secondaire », a-t-il déclaré.

« Plus jamais on doit revenir en arrière », a-t-il ajouté, avant d'être chaudement applaudi par tous les députés en Chambre.

De son côté, le premier ministre du Canada a indiqué par voie de communiqué qu'il « est plus que temps de mettre fin » à la violence fondée sur le sexe et que le moment est venu « d'agir contre la violence et la discrimination auxquelles les femmes, les filles et les personnes de diverses identités de genre font face au Canada et à travers le monde ».

Nous nous souvenons des victimes de ce geste de violence haineux et nous nous dressons contre la misogynie à l'origine de cette tragédie.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

« Nous méritons tous de vivre dans un monde où chacun, peu importe son identité de genre, se sent en sécurité, valorisé et libre d'être lui-même », a-t-il conclu.

Ailleurs au pays aussi

D'autres cérémonies avaient aussi été organisées ailleurs au pays, notamment à Halifax, Ottawa et Thunder Bay.

Cette journée de commémoration s'est déroulée au moment où, à Ottawa, les sénateurs demeurent sous pression pour adopter le projet de loi sur le contrôle des armes à feu, déposé en mars.

Ce texte, toutefois, ne va pas assez loin, selon le collectif Polysesouvient, qui souhaiterait qu'il interdise les armes de poing et d'assaut.

Depuis l'abolition du registre fédéral des armes à feu par le gouvernement conservateur de Stephen Harper, le Québec a créé le sien. Il est entré en vigueur en janvier 2018. Or, deux mois et demi plus tard, seuls 3 % des propriétaires d'armes s'étaient enregistrés.

Objectif : 30 % de nouvelles ingénieures en 2030

Le génie est le secteur des sciences dans lequel on compte la plus faible proportion de femmes.

C’est pourquoi l’organisme Ingénieurs Canada, soutenu par les ordres professionnels et les universités des différentes provinces canadiennes, se donne pour cible que les femmes constituent 30 % des nouveaux ingénieurs en 2030. Aujourd’hui, le taux est de 17,4 % dans l’ensemble du Canada et de 17,2 % au Québec, selon l’organisme.

À Polytechnique Montréal, la proportion de femmes inscrites dans l’ensemble des programmes a presque doublé depuis le milieu des années 80. Elle était alors de 15 % et elle atteint aujourd’hui 28 %.

À l’École de technologie supérieure, toutefois, le pourcentage d’étudiantes n’est encore que de 14,8 %.

En ce qui concerne la rémunération, l’écart demeure important entre ingénieurs et ingénieures. En 2017, les hommes ont gagné en moyenne 103 934 $ et les femmes 89 340 $, une différence de près de 14 594 $, indique une enquête réalisée par la firme Genium. Chez ceux qui ont obtenu leur diplôme avant 1981, l’écart atteint 31 281 $.

Avec des informations d'Anne-Louise Despatie

Avec les informations de La Presse canadienne

Société