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Adulte recherche amitié : trucs et astuces pour les trentenaires

Yannick Drolet et Maël Costantini se sont rencontrés grâce à Meet Up. C'est leur passion pour l'informatique qui les réunit. On les voit ici lors d'une rencontre au café Kappeh.
Yannick Drolet et Maël Costantini se sont rencontrés grâce à Meet Up. C'est leur passion pour l'informatique qui les réunit. Photo: Radio-Canada / Christine Bureau
Radio-Canada

Se déraciner de son milieu par amour ou pour le travail... Bien des gens tentent l'aventure en laissant derrière eux des amis qui ne sont plus présents au quotidien. Mais pour se créer un nouveau réseau rendu à l'âge adulte, il faut davantage de volonté.

Sherbrookois d'adoption, Maël Costantini peut en témoigner. De Montréal, il est déménagé en Estrie il y a un an et demi quand sa copine a trouvé du travail. Il a, de son côté, découvert le télétravail.

Maintenant, je travaille de la maison toujours pour mon entreprise à Montréal, souligne-t-il. Si sa nouvelle vie à Sherbrooke se déroule généralement bien, il se retrouve également plus souvent seul. Ses amis, eux, n’ont pas suivi.

Des fois, c'est un peu plus difficile. C'est sûr que le contact avec les collègues pour aller boire un café ou les discussions hors du travail, ce n'est plus la même chose, raconte-t-il.

Aller vers les autres

Si se faire des amis durant l’enfance se fait naturellement, le vent tourne à l’âge adulte. C’est du moins le constat de la professeure en psychologie de l’Université de Sherbrooke Chantale Proulx. Une fois adulte, plutôt que de laisser le naturel faire son travail, il faut y mettre du temps.

Après la jeunesse et au début de la trentaine surtout, probablement parce qu'on [forme un] cocon avec les jeunes enfants, c'est plus difficile de se faire de nouveaux amis et même d'entretenir nos amitiés parce qu'on est très, très occupés, résume-t-elle.

Lorsque l'on ajoute le déracinement d'une région à une autre, la tâche est encore plus ardue.

Moi, je suis venue à Sherbrooke d'une autre région justement, mais c'était facile parce que je suis venue aux études, dans une université comme Sherbrooke, qui est grande et qui a des gens de partout, c'est facile, raconte-t-elle.

Maël Costantini est maintenant installé à Sherbrooke, mais il continue de travailler en télétravail pour son entreprise de Montréal. On le voit ici devant son portable. Maël Costantini est maintenant installé à Sherbrooke, mais il continue de travailler en télétravail pour son entreprise de Montréal. Photo : Radio-Canada / Christine Bureau

Dans un cas comme celui de Maël, il faut être prêt à s'investir. Il y va d'ailleurs d'un simple conseil : se montrer curieux.

Première chose à faire, c'est d'abord de découvrir la ville, de s'intéresser à ce que propose la ville, les différents centres communautaires, voir les sports qui sont proposés, énumère-t-il. Il prêche d'ailleurs par l'exemple. Depuis leur arrivée à Sherbrooke, sa copine et lui se sont inscrits à des cours de cuisine et de danse.

On est dans un monde actuellement qui ne favorise pas l'amitié. On est souvent dans des communications strictement fonctionnelles, ajoute Mme Proulx. Selon elle, plus on vieillit, plus il faut faire l'effort d'aller vers les autres.

Plus facile à dire qu'à faire? Peut-être. La première étape, c'est de reconnaître qu'on a besoin des autres, résume-t-elle. Un besoin qui est d'ailleurs variable d'un individu à un autre autre. Certains vont se satisfaire de camaraderie, d'autres ont besoin de partager et d'avoir des amitiés directes, illustre-t-elle.

Après, je dirais : se connaître et aller vers nos intérêts. Nos amis, on les rencontre selon notre milieu socioéconomique, nos activités et les intérêts que l'on a, poursuit-elle.

Maël, de son côté, s'est inscrit à la plateforme web Meet Up, qui lui a permis d'organiser des rencontres à thématique informatique. C'est toujours ouvert à la discussion. J'essaie d'envoyer des messages de temps en temps pour essayer de proposer aux gens de venir pour justement rencontrer de nouvelles personnes, explique-t-il.

Yannick Drolet est l'un des habitués des rencontres Meet Up organisées par Maël Costantini. On le voit ici tout sourire au café Kappeh. Yannick Drolet est l'un des habitués des rencontres Meet Up organisées par Maël Costantini. Photo : Radio-Canada / Christine Bureau

Yannick Drolet est l'un de ceux qui aiment se joindre à ces rencontres.

Je suis venu au premier ou au deuxième et j'ai vraiment aimé les gens qui étaient là. J'ai accroché, je viens à toutes les semaines depuis. On a des bons échanges, on parle de tout. C'est sûr qu'on parle d'informatique, mais ça tourne aussi autour de la vie, de la politique, n'importe quoi, raconte l'habitué.

Nommer sans hésiter

Selon l'enseignante en psychologie Chantale Proulx, il ne faut pas hésiter à nommer notre besoin d'amitié, comme on le ferait pour une relation amoureuse.

Si tu arrives seule dans une nouvelle ville et que tu veux rencontrer un homme... Tu as 30 ans et tu veux une famille, qu'est-ce que tu vas faire? Tu vas le dire autour de toi : "J'aimerais ça rencontrer un homme", donne-t-elle en exemple avant d'ajouter : Peut-être qu'on ne reconnaît pas assez notre besoin de soutien, d'amitié. Or, le nommer va peut-être se transformer en une invitation lors d'un prochain party, avance-t-elle.

Surtout qu'il ne faut pas sous-estimer l'amitié. C'est un antistress à coup sûr, mais une source de soutien quand on vit quelque chose de difficile. Quand on a une mauvaise nouvelle, on va aller vers nos amitiés, dit-elle.

Heureusement pour Maël, le réseau de sa copine se développe rapidement grâce à son travail et aux cours qu'elle suit à l'université. C'est aussi une des sources d'amis entre guillemets que j'ai, les amis qu'elle s'est faits, confie-t-il. Et une visite à Montréal pour voir ses vieux amis est toujours possible.

D'après un reportage d'Emilie Richard

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