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Détecter la drogue au volant une étape à la fois

Un policier a intercepté un automobiliste. Il discute avec le conducteur.
Éric Fortin est agent évaluateur en reconnaissance des drogues pour la Sûreté du Québec. Photo: Radio-Canada / Mélissa Savoie-Soulières
Radio-Canada

Au Québec, 703 tests de dépistage de drogue ont été effectués en 2017, tous corps de police confondus, selon Statistique Canada. Dans chaque poste, des agents sont formés expressément pour évaluer votre capacité de conduire.

Un texte de Mélissa Savoie-Soulières

Le sergent Éric Fortin est l'agent évaluateur en reconnaissance des drogues pour la Sûreté du Québec (SQ) à Dolbeau-Mistassini.

La personne qui est sous l'emprise d’une drogue est affectée au niveau de sa concentration, au niveau de sa capacité à garder la route, de sa capacité à réagir aussi à l'environnement externe. C'est ça qui est dangereux. Elle peut être sur la route, conduire en ligne droite, mais pas être consciente des obstacles et de l'environnement autour, explique-t-il d’emblée.

Son mandat est grand, mais il ne l'accomplit pas seul : près de 95 % des policiers de la SQ sont formés pour détecter la drogue au volant avec l’épreuve de coordination de mouvements.

Arrestations de la Sûreté du Québec pour facultés affaiblies au Saguenay-Lac-Saint-Jean :

  • 2014-2015 : 355
  • 2015-2016 : 354
  • 2016-2017 : 278
  • 2017-2018 : 218
  • 2018 (jusqu’à la mi-novembre) : 133

Source : Sûreté du Québec

Arrestations pour facultés affaiblies sur le territoire de Saguenay uniquement :

  • 2013 : 308
  • 2014 : 284
  • 2015 : 311
  • 2016 : 309
  • 2017 : 304

Source : Service de police de la Ville de Saguenay

Cette épreuve est faite sur le terrain dès l’interception d’un suspect. Dès que les patrouilleurs ont des motifs raisonnables de croire que l’automobiliste arrêté a conduit avec les capacités affaiblies, ils l’amènent au poste, là où intervient Éric Fortin.

Fait important : les citoyens doivent s'y plier, sans quoi une accusation de refus peut s'ajouter à leur dossier.

Un policier demande à une jeune femme de marcher sur une ligne droite.L'évaluation se fait en 12 étapes, dont la coordination de mouvements. Photo : Radio-Canada

La journaliste se prête au jeu

Je m’y suis aussi pliée, le temps de ce reportage. Pour être bien honnête, ce n’était pas si évident, même si je n’avais rien consommé.

Éric Fortin a testé mon attention, mon équilibre et les réactions de mon corps. J’ai marché sur une ligne droite et regardé le bout de son stylo. Le hic, c'est que je manque d'équilibre. J’ai dû me retenir sur le mur à deux reprises.

Vous voyez que je suis soupçonnable, je n'ai pas d'équilibre, ai-je indiqué au policier pendant mes tests.

Pas nécessairement, m’a-t-il répondu [...] Si la personne échoue à un ou quelques indices, ça ne veut pas dire qu’il est en capacités affaiblies. Nous, ce qu'on regarde, c'est l'ensemble de l’épreuve en coordination de mouvement, l'ensemble de l'évaluation.

Un jeune femme regarde le policier. L'agent évalue ses yeux.La journaliste Mélissa Savoie-Soulières a passé le test de l'agent Fortin. Photo : Radio-Canada

Après l’épreuve en coordination de mouvement, Éric Fortin vérifiera si vous avez bel et bien conduit sous l'effet de la drogue en suivant 12 étapes. Il doit aussi déterminer quel type de drogue vous avez consommée.

D'ailleurs, le sergent n’a pas noté d'augmentation considérable du nombre de conducteurs arrêtés sous l'effet du cannabis depuis la légalisation en novembre.

« N’essayez pas d’être normal », dit le sergent Fortin

Se tenir droit et essayer d’être sérieux, ce n'est pas la peine, explique le policier. Il note absolument tout ce qui passe : notre débit de parole, les réactions de nos yeux, bref, chaque fait et geste. On peut essayer d’être normal, mais notre corps ne ment pas.

On a beau essayer de paraître normal, essayer de paraître droit, le corps va nous trahir dans le fond. On ne peut pas contrôler nos battements cardiaques, notre tension artérielle.

Éric Fortin, agent évaluateur en reconnaissance des drogues, Sûreté du Québec

La dernière étape du test, c'est l'échantillon d'urine. Toutes ces preuves sont ensuite déposées au Directeur des poursuites criminelles et pénales.

Les conséquences vont de l’amende à la suspension du permis jusqu’à la prison pour les récidivistes.

Saguenay–Lac-St-Jean

Drogues et stupéfiants