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Montréal ne se définira pas comme ville refuge

La mairesse présente le document aux journalistes.

La mairesse Valérie Plante a présenté un plan d'action en 30 mesures pour améliorer l'accueil et l'intégration des immigrants.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Plutôt que de se décrire comme ville refuge pour les personnes sans statut ou à statut précaire, la Ville de Montréal se définira comme « ville responsable et engagée ».

Un texte d’Isabelle Montpetit, avec la collaboration de Julie Marceau (Nouvelle fenêtre)

C’est ce qu’a annoncé la mairesse Valérie Plante, mercredi, lors de la présentation du Plan d’action en immigration et intégration des nouveaux arrivants 2018-2021, qui décline une trentaine de mesures pour améliorer l’accueil et l’intégration des immigrants dans la métropole québécoise.

Le concept de « ville refuge », utilisé entre autres aux États-Unis, où le contexte juridique est différent, aurait pu donner à tort l’impression à des personnes sans statut qu’elles ne pourraient jamais être expulsées, ce qui ne serait pas conforme au cadre juridique fédéral, a précisé la mairesse.

Elle dit avoir travaillé en collaboration avec le Service de police de la Ville de Montréal pour faire en sorte de préciser les circonstances lors desquelles les policiers peuvent poser des questions sur le statut d’une personne.

« Si un policier interpelle quelqu’un et si c’est indiqué dans son dossier qu’il y a une procédure de renvoi, c’est là que le cadre juridique fédéral fait son entrée. […] S’il y a une procédure de renvoi, on doit la prendre en considération, a-t-elle indiqué. Sinon, quand on interpelle quelqu’un qui traverse la rue ou qui appelle parce qu’il ne se sent pas en sécurité pour x raisons [on veut] que le policier ne ressente pas le besoin d’approfondir les recherches. »

Sous l'administration de Denis Coderre, le conseil municipal avait adopté à l'unanimité une déclaration faisant de Montréal une ville refuge.

La Ville veut aussi mettre sur pied une politique d’accès « sans peur » aux services municipaux qui permettra à une personne d’en bénéficier sans avoir à s’identifier. En vertu d’une telle politique, des organismes communautaires pourraient par exemple attester qu’une personne vit bien à Montréal, a précisé Marie-Christine Ladouceur-Girard, directrice du Bureau d’accueil des nouveaux arrivants de Montréal (BINAM).

Quatre axes, six territoires

Dans l’ensemble, le plan d’action vise à « augmenter la participation des nouveaux immigrants à la vie économique, assurer le respect de leurs droits, réduire l’écart entre leur taux de chômage et celui des natifs et améliorer leur accès à des logements de qualité et abordables », lit-on dans un communiqué publié par la Ville.

Le plan s’articule autour de quatre axes :

  • Les pratiques de l’administration, à titre de fournisseur de service et d’employeur, afin de la rendre ouverte, sécuritaire et inclusive;
  • L’offre de services et le financement d’organismes sur le terrain;
  • Le développement de la capacité d’accueil et d’inclusion, en particulier chez les grands employeurs;
  • La protection des immigrants sans statut ou à statut précaire.

L’administration cible six zones qualifiées de « territoires d’inclusion prioritaire », où des ressources seront rendues disponibles, notamment par l’embauche par le BINAM de six personnes qui y travailleront avec des organismes du milieu.

Ces territoires sont : Montréal-Nord, Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, Anjou et Saint-Léonard, Ahuntsic-Cartierville, Pierrefonds-Roxboro et Saint-Laurent, et Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce.

La Ville souhaite également réunir en un seul lieu les services municipaux, provinciaux et fédéraux à l’intention des nouveaux arrivants.

« Prendre soin » des immigrants

Invitée à commenter la décision du gouvernement de François Legault de réduire d’environ 20 % le nombre d’immigrants qui seront admis au Québec, la mairesse a affirmé que « l’immigration, ça ne se résume pas juste à remplir des postes qu’il faut occuper. […] L’apport des gens qui viennent s’installer au Québec, à Montréal, est fondamental. Ça participe au tissu social, ça construit nos communautés ».

« Dans le message du premier ministre, il était question d’en prendre moins [d’immigrants], mais d’en prendre soin. Alors, j’attends les mesures : ça veut dire quoi, en prendre soin?, a-t-elle poursuivi. Et je pense qu’aujourd’hui, nous, on montre certains éléments de réponse de ce que ça veut dire prendre soin des nouveaux arrivants pour qu’ils participent pleinement à la vie en société. »

Lors d’une mêlée de presse après l’annonce, le chef de l’opposition officielle à l’Hôtel de Ville, Lionel Perez, a pressé la mairesse de faire pression auprès du gouvernement caquiste pour qu’il fournisse les données sur lesquelles il se base pour réduire le seuil d’immigration. « Il y a un besoin criant de main-d’œuvre à Montréal et à travers le Québec, a-t-il fait valoir. En tant que mairesse de la métropole du Québec, elle doit montrer plus de leadership sur cet enjeu-là. »

Le Plan d’action bénéficiera d’un financement de 24 millions de dollars, fourni à parts égales par la Ville de Montréal et le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion.

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