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  • Exclusif
  • Le gouvernement Ford a discuté de la « pérennité » de l'université francophone de Hearst

    Doug Ford s'adresse aux reporters en mêlée de presse.
    Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford Photo: La Presse canadienne / Chris Young
    Radio-Canada

    La « pérennité » et les coûts d'exploitation de l'Université de Hearst, qui offre des cours en français dans le Nord de l'Ontario, ont fait l'objet de discussions au sein du gouvernement Ford, selon des documents obtenus par Radio-Canada en vertu de la Loi sur l'accès à l'information. L'établissement n'a jamais été invité à se joindre à la discussion.

    Un texte d’Eve Caron

    Le coût par étudiant à l’Université de Hearst est particulièrement élevé et l’établissement du nord-est de la province « fait face à des défis ». C’est ce que des conseillers du bureau du premier ministre de l’Ontario ont noté lors d’une réunion tenue le 31 août 2018, selon une note de breffage obtenue par Radio-Canada.

    La réunion portait spécifiquement sur la « pérennité » et « les coûts d’exploitation » de l’Université de Hearst.

    Un résumé souligne que le coût par étudiant est, « de façon considérable, plus élevé que [celui] d’autres établissements du Grand Toronto ».

    Il est aussi noté que « Hearst dépend, dans une proportion importante, du “financement à d’autres fins” de la province afin de demeurer durable ».

    Une étudiante à l'entrée principale de l'Université de HearstL'Université de Hearst Photo : Radio-Canada

    Un autre document, qui date du mois d’août 2018, mentionne que l’Université de Hearst a été déficitaire chaque année de son histoire, à l’exception de 2016-2017, lorsqu’elle a affiché « un petit surplus ».

    Selon la liste de participants, seuls des hauts fonctionnaires et représentants du bureau du premier ministre, du Conseil des ministres et du ministère de la Formation et des Collèges et Universités étaient invités à la rencontre.

    Un graphique qui indique que l'Université de Hearst compte 3 campus, 149 étudiants et 17 professeurs à temps plein.Agrandir l’image. Photo : Radio-Canada

    En entrevue, le recteur de l’Université de Hearst, Luc Bussières, dit qu’il n’était pas au courant qu’une telle réunion avait eu lieu avant d’être contacté par Radio-Canada. Il dit cependant avoir eu vent de questions en provenance du bureau du premier ministre sur son établissement lors de discussions de routine avec le sous-ministre de la Formation et des Collèges et Universités, sans que celles-ci suscitent d’inquiétudes.

    Je ne remets pas en question le fait que ce soit légitime qu'ils se questionnent sur nous. Mais j'aimerais bien qu'ils nous parlent s'ils ont des questions à notre sujet.

    Luc Bussières, recteur de l'Université de Hearst

    Il se dit plus inquiet du « contexte actuel de coupures très généralisé en Ontario » que des notes de breffage de la réunion du 31 août.

    Lorsqu'on lui a demandé si d’autres établissements postsecondaires avaient fait l’objet de discussions sur leur « pérennité », la ministre de la Formation et des Collèges et Universités, Merrilee Fullerton, n’a pas donné de réponse détaillée.

    Toute inquiétude que nous avons concernant des établissements postsecondaires et leurs programmes […] il s’agit d’un processus en cours. Nous communiquons fréquemment et nous avons hâte de collaborer.

    Merrilee Fullerton, ministre de la Formation et des Collèges et Universités de l'Ontario

    La ministre Fullerton n’était pas en mesure de dire non plus si le gouvernement avait des inquiétudes spécifiques concernant l’Université de Hearst : « J’aurais besoin d’une mise à jour ».

    Le bureau du premier ministre n’a pas répondu à nos questions.

    La suite des choses?

    Quant aux prochaines étapes pour l’Université de Hearst, le document stipule que le bureau du premier ministre se réunira à nouveau et confirmera la suite des choses auprès du ministère.

    M. Bussières ajoute que l’Université de Hearst a doublé ses inscriptions en cinq ans, notamment en recrutant davantage à l’international.

    On est, à ce moment-ci dans l'histoire, mieux positionnés qu'on ne l’a jamais été.

    Luc Bussières, recteur de l'Université de Hearst

    La demande d’accès à l’information qui révèle la tenue de la réunion du 31 août 2018 portait sur une période qui se terminait le 28 septembre 2018, soit plus d’un mois avant le dévoilement de l’énoncé économique d’automne du gouvernement le 15 novembre suivant.

    C’est ce jour-là que le gouvernement a annoncé son intention d’abandonner le projet d’Université de l’Ontario français et d’abolir le Commissariat aux services en français, suscitant de vives réactions chez les francophones.

    Le premier ministre Doug Ford a par la suite répondu aux critiques en affirmant vouloir plutôt miser sur les programmes postsecondaires en français qui sont déjà offerts en Ontario, dont ceux de l’Université de Hearst.

    Un document gouvernemental qui fait le sommaire, en anglais, des principaux points à l'ordre du jour de la rencontre.Agrandir l’imageLe sommaire du document obtenu par Radio-Canada Photo : Radio-Canada

    Politique