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Aide médicale à mourir : des demandes éclairées, dit un médecin en soins palliatifs

Un homme malade couché dans un lit d'hôpital tient la main de quelqu'un.
L'aide médicale à mourir n'est pas banalisée par les médecins québécois, affirme le Dr Alain Naud. Photo: iStock / iStock
Radio-Canada

L'aide médicale à mourir (AMM) n'est pas banalisée par le milieu médical et les malades qui en font la demande le font de façon tout à fait éclairée, soutient fermement le médecin en soins palliatifs du CHU de Québec, Alain Naud.

Invité à l’émission radio Midi info pour commenter une étude obtenue par La Presse, le Dr Naud a contredit certaines conclusions de cette étude, réalisée par trois chercheuses en éthique ayant étudié 80 dossiers de malades qui ont demandé l'AMM depuis 2015 au Québec.

Alors que l’étude affirme que, pour certains malades, la question des soins palliatifs a été abordée seulement après leur demande d’AMM, le médecin déclare que cette assertion ne représente pas la réalité.

Cela « laisse sous-entendre que certains malades font le choix de l’AMM sans le faire de façon éclairée, qu’il y a des patients qui font ce choix-là sans qu’on leur ait parlé des soins palliatifs, ce qui est tout à fait faux », dit-il.

Le Dr Naud explique plutôt que la majorité des personnes qui demandent la possibilité de recourir à l’AMM sont déjà aux soins palliatifs.

Et il insiste sur le fait que la minorité de malades ayant un problème de santé grave et irrémédiable et qui ne sont pas aux soins palliatifs se voient expliquer « systématiquement » ce que sont ces soins.

Ça fait partie des obligations qu’on a comme médecin quand on les rencontre, de leur offrir la possibilité d’aller en soins palliatifs.

Le Dr Alain Naud

Le médecin souligne que l’offre des soins de fin de vie est faite de façon « très rigoureuse » par les médecins québécois et que l’AMM est loin d’être banalisée par ceux-ci.

Il note que seulement 2 % des personnes qui décèdent au Québec ont eu recours à l’AMM, une proportion équivalente à tous les pays où l’euthanasie est permise, note-t-il.

Moi je qualifie ça de procédure exceptionnelle.

Le Dr Alain Naud

Par ailleurs, le Dr Naud admet que certains endroits au Québec bénéficient de soins palliatifs « insuffisants », mais il réfute catégoriquement l’idée que des malades puissent demander l’AMM parce qu’il n’y a pas assez de soins palliatifs et qu’ils ne reçoivent donc pas les soins dont ils ont besoin.

« Ça, c’est une information complètement gratuite et j’attends qu’on en fasse la démonstration », lance-t-il.

Écoutez l'entrevue intégrale du Dr Alain Naud avec Michel C. Auger à l'émission Midi info

En mai 2018, dans une lettre envoyée au ministre de la Santé de l’époque, Gaétan Barrette, le Collège des médecins du Québec avait dit s’inquiéter de la pénurie de médecins en soins palliatifs.

« Des patients, à défaut de bénéficier de ces soins, pourraient n'avoir eu d'autre choix que de demander une aide médicale à mourir pour finir leurs jours dans la dignité », écrivait-il.

« Il a été signalé au Collège que les patients qui demandaient l'aide médicale à mourir devenaient prioritaires quant aux ressources disponibles... au détriment des autres patients en fin de vie », poursuivait-il.

Santé