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Consommation de cannabis à 21 ans : la ligne dure de la CAQ critiquée à Ottawa et à Gatineau

Un homme fume un joint.
La hausse de l'âge légal de consommation du cannabis au Québec est l'une des promesses de campagne de François Legault (archives). Photo: La Presse canadienne / Graham Hughes
Radio-Canada

La Ville de Gatineau déplore la ligne dure du nouveau gouvernement québécois en ce qui a trait à la consommation de cannabis. La Coalition avenir Québec (CAQ) a déposé mercredi un projet de loi visant à hausser à 21 ans l'âge légal de consommation et à interdire le cannabis dans tous les lieux publics.

Selon la Municipalité, l’interdiction de fumer dans les lieux publics n’a jamais donné de résultat en matière de réduction des méfaits. Aucune plainte n'a d'ailleurs été déposée à la Ville de Gatineau en lien avec la consommation ou les odeurs dans les lieux publics depuis la légalisation.

La présidente de la Commission Gatineau, Ville en santé, Renée Amyot, a indiqué que la Municipalité a autant à cœur la santé des jeunes que le gouvernement du Québec, mais que l'approche caquiste fera en sorte que les adultes de 18 à 21 ans continueront de faire affaire avec le marché noir.

D'ailleurs, tout en reconnaissant que Québec est libre d’agir à sa guise sur cet aspect, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a dit douter, comme il l'a déjà évoqué, que ce soit la meilleure façon de protéger les jeunes et de sortir le crime organisé de ce marché.

Un jeune de 18 ans, cette semaine, pourrait aller acheter du cannabis de façon légale, mais dans quelques mois, peut-être il devra aller l’acheter chez les Hells, a déclaré M. Trudeau.

La limitation de la consommation aux lieux privés expose inutilement les personnes plus vulnérables, comme les femmes enceintes, à la fumée secondaire, a ajouté Mme Amyot en entrevue au Téléjournal Ottawa-Gatineau avec Mathieu Nadon.

Les jeunes Québécois traverseront-ils en Ontario?

Par ailleurs, le ministre québécois délégué à la Santé, Lionel Carmant, a défendu mercredi sa position, au grand dam de la Ville d'Ottawa. En Ontario, l'âge légal est fixé à 19 ans. Cette disparité pourrait donner du fil à retordre à Gatineau et Ottawa, étant donné leur situation de villes frontalières.

Donc, on va avoir l'inverse de ce à quoi on est habitués. Normalement, les Ontariens s'en vont au Québec pour boire à 18 ans et, maintenant, ça va être l'inverse. On va venir acheter du produit du cannabis à Ottawa, a fait remarquer le directeur général des Services de protection et d'urgence de la Ville d'Ottawa, Anthony Di Monte.

Pas une solution à la dépendance, dit un expert

Le directeur général du Centre d'intervention et de prévention en toxicomanie de l'Outaouais (CIPTO), Yves Séguin, croit pour sa part que le gouvernement de François Legault fait fausse route.

Je pense qu'il faut plus d'investissements au niveau de la sensibilisation et de la prévention, pas changer la loi pour faire en sorte de réduire les lieux de consommation ou l'âge, parce que ce que l'on sait, c'est que ce sont les 15-25 ans qui sont les plus grands consommateurs de cannabis, a-t-il affirmé.

L'argument de la santé mentale avancé par le gouvernement québécois ne le convainc pas non plus.

Les recherches disent que le cerveau se développe jusqu'à 24-25 ans. Donc, s'il [François Legault] avait vraiment voulu donner un coup de barre, en disant : “Le cerveau de nos jeunes, c'est très important”, il aurait mis ça à 25 ans. 21 ans, ça ne fait pas de sens, celui qui a 21 ans, son cerveau est encore en train de se développer, a-t-il conclu.

Avec les informations de Claudine Richard

Ottawa-Gatineau

Politique fédérale