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Les ordinateurs quantiques menacent la sécurité informatique

Une photo d'un ordinateur quantique, composé de câbles cuivrés et de petits fils d'aluminium tendus entre deux plaques métalliques.
Le fonctionnement des ordinateurs quantiques est difficile à expliquer, puisque ces machines traitent l'information à l'échelle des particules élémentaires, comme les protons et les électrons, où les lois de la physique sont différentes des nôtres. Photo: La Presse canadienne / Seth Wenig
Radio-Canada

L'arrivée des ordinateurs quantiques menace tous les systèmes de sécurité informatique actuels, dont ceux qui protègent les transactions bancaires et les mots de passe en ligne. Et la solution de rechange pourrait prendre 20 ans à voir le jour.

C’est la conclusion à laquelle arrivent des chercheurs des Académies nationales des sciences, de l’ingénierie et de la médecine (NASEM), aux États-Unis, dans un rapport (Nouvelle fenêtre) publié en ligne.

Ces experts tirent la sonnette d’alarme et préviennent la communauté scientifique qu’il est urgent de réfléchir à des moyens de protéger les systèmes informatiques actuels des futurs ordinateurs quantiques.

Une course contre la montre

Le chiffrement sert à protéger nos données pendant qu’elles voyagent sur des réseaux. Sans chiffrement, une personne mal intentionnée pourrait facilement intercepter des communications et s’emparer d’informations confidentielles. Nos ordinateurs actuels ne sont pas assez puissants pour décoder une information chiffrée sans autorisation.

Or, au rythme où vont les choses, les ordinateurs quantiques qui seront produits au cours des 10 prochaines années seront si puissants qu’ils pourront facilement déchiffrer les communications codées d’aujourd’hui.

Les chercheurs se montrent pessimistes quant à nos chances d’échapper au déchiffrage quantique. Dans leur rapport, ils indiquent que l’adoption par l’ensemble de la société de chiffrement résistant aux ordinateurs quantiques sera un « processus long et difficile [qui] ne pourra probablement pas être complété en moins de 20 ans ».

Les ordinateurs quantiques pourraient donc avoir une longueur d’avance, ce qui n’augure rien de bon pour la cybersécurité si des pirates ou des groupes mal intentionnés venaient à s’en servir.

Gouvernements, banques et voitures connectées

William Oliver, un professeur de physique du MIT qui a contribué au rapport des NASEM, a indiqué à MIT Technology Review que les gouvernements et les banques devraient être les premiers à s’inquiéter. Ces derniers doivent en effet souvent conserver des données à l’abri des yeux indiscrets pendant des décennies.

Les fabricants d’automobiles connectées, dont les véhicules pourraient être encore sur les routes dans 10, voire 20 ans, sont particulièrement préoccupés par cette situation, selon Scott Totzke, PDG d’Isarta. Cette jeune pousse conçoit actuellement des systèmes de chiffrement résistant à l’informatique quantique.

De nombreuses méthodes de chiffrement résistantes aux ordinateurs quantiques sont actuellement à l’étude par des chercheurs. L’Institut national des standards et de la technologie des États-Unis (NIST) veut d’ailleurs se servir de celles-ci pour établir des standards.

Mais comme le soulignent les chercheurs des NASEM, il faudra beaucoup de temps pour créer ces standards, les partager, convaincre les fabricants et les spécialistes de les utiliser, et mettre à jour les appareils et les logiciels partout dans le monde. Les données protégées par le chiffrement classique devront alors être soit rechiffrées, soit détruites.

Avec les informations de MIT Technology Review

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