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Fin de l’édition du lundi pour plusieurs quotidiens nord-ontariens

Deux éditions du Sudbury Star
De nombreux quotidiens nord-ontariens, dont le Sudbury Star, ne publieront plus d'édition papier les lundis à partir du 17 décembre. Photo: CBC/Casey Stranges
Radio-Canada

La disparition annoncée de l'édition papier du lundi pour plusieurs quotidiens nord-ontariens aura un impact négatif pour une portion de la population, estime un expert.

Un texte de Bienvenu Senga

À compter du 17 décembre, de nombreux journaux appartenant à l’entreprise médiatique Postmedia dont le Sudbury Star, le Timmins Daily Press, le Cochrane Times, le Sault Star et le North Bay Nugget, ne publieront plus d’édition papier les lundis. La publication de nouvelles se fera exclusivement en ligne.

Selon le professeur au département de communication de l’Université d’Ottawa Marcel Chartrand, la mesure s’inscrit dans une tendance générale qu’adopte l’entreprise depuis plusieurs années.

Au début du mois de novembre, l’entreprise avait également annoncé l’arrêt de la publication papier du lundi pour le Kingston Whig-Standard et le Belleville Intelligencer et celle du mercredi pour le Brockville Recorder et le Chatham Daily News.

La disparition de l'édition du lundi ne sera toutefois pas sans inconvénient pour plusieurs personnes, croit le professeur, lui-même originaire du Nord de l'Ontario.

Si les quotidiens continuent de fournir la nouvelle sur leurs sites web, c’est une façon d’aller chercher la nouvelle. Mais pour un segment de la population qui n’a pas accès à Internet, ça va être zéro, ils vont se baser sur la rumeur.

Marcel Chartrand, professeur à l’Université d’Ottawa

L’impact pourrait être d’autant plus grand que l’édition du dimanche a déjà été abandonnée par une grande partie de ces journaux.

Maintenant, c’est deux jours sans nouvelles pour les gens qui sont habitués à lire le papier. Les consommateurs vont devoir se tourner vers d’autres médias, comme la radio et la télévision, mais ce ne sont pas tous les médias qui diffusent la nouvelle locale le dimanche, note Marcel Chartrand.

Un virage numérique inévitable

Postmedia justifie la nouvelle mesure par « les changements observés dans le paysage médiatique nord-américain et la transformation numérique ».

S’il reconnaît qu’il y a une population qui ne suivra pas le mouvement, Marcel Chartrand estime qu'elle diminue de plus en plus. Il dit observer à travers ses recherches un nombre progressivement croissant de personnes âgées de 50 ans et plus qui se tournent vers les plateformes numériques pour consommer la nouvelle.

Les gens s’en vont là de toute façon. Si on ne suit pas notre lectorat, on va tout simplement le perdre. Il faut que les grands médias suivent le parcours du public. La communication est maintenant horizontale, elle n’est plus verticale.

Marcel Chartrand, professeur de communication à l’Université d’Ottawa

Mais toujours est-il, selon le professeur, que les enjeux locaux doivent rester au coeur des préoccupations des quotidiens régionaux pour qu’ils puissent réussir. Il attribue en partie le déclin des journaux nord-ontariens au fait qu’ils aient sacrifié la nouvelle locale.

On a créé des réseaux de nouvelles qui n’étaient pas locales. On remplissait les journaux avec des nouvelles provinciales, nationales, internationales à partir de bases qui étaient soient à Montréal, soit à Québec ou à Toronto. Pour les gens, la nouvelle locale est très importante, conclut-il.

En juin dernier, Postmedia a annoncé la fermeture de nombreux journaux, dont le Kapuskasing Northern Times.

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