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Soins à domicile : Québec ouvre les vannes pour éviter de limiter les services

Mesure de la tension artérielle d'un patient
Un maximum de services à domicile doit être offert pour éviter d'engorger le réseau, selon la ministre McCann. Photo: iStock
Radio-Canada

« Allez-y! Répondez aux besoins! » C'est le mot d'ordre lancé par la ministre de la Santé Danielle McCann au sujet des services à domicile. Les établissements n'auront pas à plafonner l'offre pour équilibrer leur budget.

Un texte de Davide Gentile

« On va payer la facture parce que l'on croit vraiment que les soins doivent se donner le plus possible à domicile », a lancé la ministre lors d'une mêlée de presse ce lundi matin à l'Assemblée nationale.

Depuis fin novembre, le CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal demande à ses employés de restreindre le nombre d'heures offertes aux nouveaux clients en services à domicile.

Radio-Canada indiquait ce matin que des employés avaient reçu comme consigne de limiter à cinq heures par semaine les services offerts aux nouveaux patients. L'établissement admettait que, malgré une hausse de ses enveloppes cette année, « combler des besoins croissants à l'intérieur des budgets qui nous sont alloués reste un défi important ».

La ministre de la Santé du Québec estime que limiter l'offre de services à domicile équivaut à se tirer dans le pied. « C'est une façon de gérer de l'ancien gouvernement. Nous sommes le gouvernement de l'accès, spécialement en soins à domicile. »

Selon Danielle McCann, le réseau doit donner un maximum de services à domicile pour éviter d'engorger le réseau.

Les personnes sont beaucoup mieux de rester à domicile et d'avoir des soins que de rester à l'hôpital ou dans des institutions.

Danielle McCann, ministre de la Santé

Le gouvernement Legault semble même sur le point de réviser le financement.

« On va donner un budget important et stable. Nous répondons aux besoins de la population. » Cette orientation s'applique à tous les établissements de la province, indique la ministre de la Santé.

Les pressions financières qui découlent de l'augmentation de la demande en services à domicile ont plombé certains établissements. C'est le cas du CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal, aux prises avec un déficit, qui se réjouit de la décision de la ministre.

Le CIUSSS voisin de l'Est-de-l'Île-de-Montréal prend acte de la décision de la ministre. « On est toujours en représentation pour obtenir un financement à la hauteur des besoins de la population », souligne le porte-parole de l'établissement, Christian Merciari.

L'an dernier, le CIUSSS de l'Est-de-l'Île-de-Montréal a obtenu 13 millions de dollars non récurrents de Québec, mais l'établissement estime être aux prises avec un sous-financement de 32 millions de dollars par année.

Cette situation illustre bien le poids que représente le vieillissement de la population pour le réseau de la santé.

Le CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal offre 60 000 heures de plus de soutien à domicile cette année, par rapport à l'an passé. Or la hausse des fonds est moins rapide que celle de la demande.

L'autre élément qui complique le portrait est la pénurie de main-d'œuvre, particulièrement pour les préposés aux bénéficiaires qui sont la base de l'offre de services à domicile.

Tout blocage dans ce domaine aurait immédiatement une incidence dans le reste du réseau de la santé. Plusieurs personnes maintenues à domicile pourraient se diriger vers les urgences des hôpitaux et accentuer l'engorgement.

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