•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Agressions sexuelles et voyeurisme à l'Université d'Ottawa : 8 ans de détention pour le Dr Vincent Nadon

L'accusé porte une veste et a les cheveux courts.
Un dessin de cour de Vincent Nadon (archives). Photo: Laurie Foster-MacLeod
Radio-Canada

L'ancien médecin Vincent Nadon a plaidé coupable, mercredi après-midi, à 14 accusations d'agression sexuelle et de voyeurisme. Il a commis ces gestes alors qu'il travaillait au Service de santé de l'Université d'Ottawa (SSUO).

À la demande des avocats de la défense et de la Couronne, la juge Julie Bourgeois a condamné l'accusé à une peine d'emprisonnement de 8 ans, moins 12 mois en raison du temps déjà passé en détention par M. Nadon.

Ce dernier avait été arrêté en janvier 2018 après qu'une patiente d'une vingtaine d'années l'eut accusé de l'avoir filmée secrètement lors d'un examen médical dans une clinique du SSUO.

Plusieurs autres victimes se sont manifestées par la suite. Au total, plus de 90 chefs d’accusation d’agression sexuelle et de voyeurisme impliquant 51 victimes ont été déposés contre l'homme de 57 ans. Certains des faits qui lui sont reprochés remonteraient au milieu des années 1980.

La salle de cour du palais de justice d’Ottawa était bondée mercredi lors de l'enregistrement du plaidoyer. Vincent Nadon a écouté l’exposé de la Couronne la tête baissée dans le box des accusés.

Durant l'audience, il s'est adressé à la cour, la voix étranglée par l'émotion. J’ai causé beaucoup de douleur à beaucoup de personnes et je suis profondément désolé, a-t-il dit.

Ce que j'ai fait est inexcusable.

Vincent Nadon, ancien médecin du Service de santé de l'Université d'Ottawa

L'ancien médecin du SSUO a dit prendre l’entière responsabilité de ses actes, admettant qu’il a un problème et qu’il a besoin d'aide.

Plusieurs victimes ont pris la parole pour raconter l’impact de cette affaire sur leur vie. L’une d’elles a dit avoir connu le Dr Nadon il y a plus de 20 ans. La dame a dit lui avoir fait confiance, qu'il était un bon médecin et qu’il n’avait pas le profil d’un pervers sexuel.

Quand un enquêteur l'a contactée pour lui dire que la police avait trouvé des photos d’elle nue dans le cellulaire de M. Nadon, elle s'est sentie trahie. À ce jour, elle ne fait plus confiance aux professionnels de la santé, a confié la victime en s'adressant directement à l'accusé.

Vincent Nadon, un résident de Chelsea, est suspendu de l'Ordre des médecins et chirurgiens de l'Ontario depuis le 17 mai dernier. Par courriel, l'institution a fait savoir que, selon la Loi de 1991 sur les professions de la santé réglementée en Ontario, la culpabilité au chef de voyeurisme entraînera la radiation de M. Nadon.

Par ailleurs, un recours collectif de 210 millions de dollars envisagé contre l'ancien médecin et l'Université d'Ottawa pourrait toujours aller de l'avant. Malgré la peine de prison infligée à Vincent Nadon, le cabinet d'avocats Flaherty McCarthy LLP a fait savoir, mercredi, qu'il souhaite toujours obtenir une réparation financière pour les victimes.

Avec les informations de Florence Ngué-No

Avec les informations de CBC

Ottawa-Gatineau

Crime sexuel